Justin Bieber au Centre Bell: le voyou au coeur tendre

Justin Bieber lors de son spectacle au Centre... (Photo Erick Labbé, Le Soleil)

Agrandir

Justin Bieber lors de son spectacle au Centre Vidéotron de Québec, samedi.

Photo Erick Labbé, Le Soleil

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Avant le spectacle présenté hier soir devant 17 850 spectateurs, la dernière visite de Justin Bieber remontait à novembre 2012. Depuis, le chanteur pop a multiplié les frasques, il est devenu un homme et il a renouvelé une partie de son public avec son album de qualité Purpose.

Les jeunes filles étaient très nombreuses hier devant... (PHOTO OLIVIER JEAN, LA PRESSE) - image 1.0

Agrandir

Les jeunes filles étaient très nombreuses hier devant le Centre Bell, où leur idole Justin Bieber présentait son spectacle. 

PHOTO OLIVIER JEAN, LA PRESSE

Selon le test de cris stridents que Bieber a fait hier soir, il y avait une majorité de femmes de 21 ans parmi la foule et beaucoup moins d'enfants que dans les spectacles de ses débuts. Des trentenaires, des parents et même quelques garçons remplissaient aussi le Centre Bell à guichets fermés.

Devant eux, un beau jeune homme un peu bum et un peu mou, mais talentueux et attachant. N'est-ce pas le sort qui attend tant d'enfants stars, et la meilleure façon de changer d'image pour passer à l'âge adulte?

Justin Bieber a fait une entrée en scène spectaculaire, où il était plus grand que nature devant des projections de statues grecques. Il a interprété Mark My Words dans un cube translucide suspendu dans les airs. Titre de la chanson oblige, Bieber écrivait des mots sur les vitres.

Au Centre Bell comme au Centre Vidéotron (notre... (Photo Erick Labbé, Le Soleil) - image 2.0

Agrandir

Au Centre Bell comme au Centre Vidéotron (notre photo), Justin Bieber a interprété Mark My Words dans un cube translucide suspendu dans les airs.

Photo Erick Labbé, Le Soleil

La vedette pop ontarienne de 22 ans bénéficiait d'une scénographie de très haut calibre. Bieber se baladait en haut et en bas d'une structure de laquelle trois passerelles formaient un triangle vers le parterre. Avec les projections, lasers et feux d'artifice, Bieber le prince se mouvait au centre d'un spectaculaire château scénique.

Dès Where Are Ü Now, Bieber dansait plus qu'il ne chantait. À ce stade, il y en avait tellement pour les yeux que nos oreilles ne s'en formalisaient pas trop. Bieber l'assumait pleinement (trop) sans même faire de lipsync sur les bandes pré-enregistrées (trop nombreuses). Il s'est repris au micro avec la ballade I'll Show You, interprétée au milieu d'une cage et d'explosions de feu.

Portant un semblant de kilt écossais grunge, Bieber avait l'attitude relâchée des rappeurs sur scène. 

Cela ajoutait de la «coolitude» à ses chorégraphies techniques maîtrisées haut la main, mais permettait de douter de son plaisir d'être sur scène.

Après un interlude au cours duquel il s'est changé, Bieber est réapparu au son de The Feeling avec un t-shirt... de Pink Floyd. En haut de lui, il y avait des danseuses-acrobates dans les airs et une vidéo de Halsey, qui figure sur un autre extrait de Purpose entendu hier, The Feeling. La star a enchaîné avec Boyfriend, un tube de son album Believe sorti en 2012.

Il a fallu 40 minutes avant que Bieber ne s'adresse à la foule qui s'époumonait d'admiration sans relâche. Le grand blond a ensuite empoigné une guitare pour un segment acoustique où il a interprété sa collaboration avec Cody Simpson, Home To Mama, puis Love Yourself.

Ce passage du spectacle - et son solo de batterie plus tard - permettait à Bieber de rappeler à la foule ses débuts comme enfant-musicien de rue devant l'Avon Theater à Stratford, en Ontario. 

Rappelons que ce sont des vidéos mises en ligne sur YouTube par sa mère qui lui ont permis d'avoir Usher comme mentor et Scott Scooter Braun comme imprésario.

Bieber, vu au Centre Bell en 2010, est loin de l'époque où il disait des paroles sirupeuses à la foule, du genre «Croyez en vos rêves». Il arbore même une certaine nonchalance sur scène. Or, cela fait partie du personnage et de la machine qui présentent néanmoins près de deux heures de spectacle avec des tubes plus anciens (même Baby!), et qui donnent la chance à quatre jeunes de chaque ville de la tournée de danser sur scène. Bieber y est aussi allé d'un «merci beaucoup» en français.

Vendeur de rêve

Dans les faits, Justin Bieber est toujours un vendeur de rêve. Mais au lieu d'incarner le conte de fées d'un enfant doué du web, il cultive plutôt son mystère avec sex-appeal.

Sur scène comme sur les réseaux sociaux, Bieber joue le jeune homme aux zones d'ombre. Le voyou au coeur tendre qui sait danser et chanter des ballades amoureuses malgré ses mauvais coups. Et cela fonctionne. «I love you, Justin», a-t-on entendu parmi la foule pendant une heure et quarante-cinq minutes.

Pour les jeunes femmes qui ont grandi avec lui, Justin Bieber est un artiste incompris - et elles, elles le comprennent.

Où sera Justin Bieber dans cinq ou dix ans? On l'ignore. Si sa musique reste dans une bonne direction artistique et que Bieber sait écouter les bons conseils, son public le suivra et il pourrait continuer d'en convertir un nouveau.

Il faudra aussi resserrer un peu ses manières sur scène. Les beaux bums ne finissent pas éternellement par s'en tirer.

__________________________________________

La liste des chansons

  • Mark My Words
  • Where Are Ü Now
  • Get Used to It
  • I'll Show You
  • The Feeling
  • Boyfriend
  • Love Yourself (version acoustique)
  • Home to Mama (version acoustique)
  • Been You
  • Company
  • No Sense
  • Hold Tight
  • No Pressure
  • As Long As You Love Me
  • Solo de batterie
  • Children
  • Life Is Worth Living
  • What Do You Mean?
  • Baby
  • Purpose
  • Rappel: Sorry

Partager

À découvrir sur LaPresse.ca

publicité

publicité

Les plus populaires : Arts

Tous les plus populaires de la section Arts
sur Lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer