Monsieur Ibrahim et les fleurs du Coran: Éric-Emmanuel Schmitt raconte

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Éric-Emmanuel Schmitt dans Monsieur Ibrahim et les fleurs du Coran

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Ce n'est pas tous les jours qu'un romancier défend l'un de ses textes dans l'arène théâtrale. Un acte courageux, mais un pari pour le moins risqué.

C'est pourtant ce que fait depuis trois ans Éric-Emmanuel Schmitt avec sa pièce Monsieur Ibrahim et les fleurs du Coran, popularisée en 2003 par le film de François Dupeyron, qui mettait en vedette l'acteur égyptien Omar Sharif.

Au mois de novembre dernier, l'auteur français nous expliquait que son aventure scénique était accidentelle. Un jour, il a tout simplement décidé de remplacer le comédien et chanteur Pierre Lalanne, qui devait donner une série de concerts.

Manifestement, Schmitt y a pris goût. « C'est comme une guérison de la solitude de l'écrivain » nous avait-il dit. Le plaisir qu'il a sur scène est évident. Et comme le texte coule de source, il n'y a pour ainsi dire aucune fausse note.

Éric-Emmanuel Schmitt, qui a écrit cette pièce il y a une quinzaine d'années pour le comédien Bruno Abraham-Kremer, raconte l'histoire de Moïse (surnommé Momo), enfant juif de 12 ans, abandonné par sa mère, vivant seul avec un père distant et froid, dans un quartier défavorisé de Paris.

L'auteur y incarne Momo devenu adulte. Mais également tous les autres personnages qui gravitent autour de lui, dont ce père qui l'ignore superbement, et bien sûr, Monsieur Ibrahim, l'épicier du coin avec qui il se liera d'amitié, qui lui transmettra des valeurs d'amour et de tolérance.

Éric-Emmanuel Schmitt s'en sort passablement bien, mais la vie étant ce qu'elle est, on ne devient pas acteur du jour au lendemain.

Malgré sa prestance et sa parfaite maîtrise du texte, sa voix trop souvent se perd, rendant par moments ses paroles inaudibles. Ses déplacements sont parfois maladroits, ses gestes rigides. L'émotion est jouée, mais non ressentie. Ce qui n'enlève rien à ce conte d'une profonde humanité, qui n'est pas sans rappeler La vie devant soi, de Romain Gary.

Parlons plutôt d'une rencontre intime avec un auteur généreux, qui partage son amour des mots et des histoires bien contées. Celle de Monsieur Ibrahim et les fleurs du Coran, magnifiquement bien écrite, est un hymne à l'amour que Schmitt incarne sur scène avec beaucoup de tendresse.

De le voir sur scène, dire haut et fort ce texte qui invite à plus de tolérance entre les religions, n'est tout de même pas banale. En ces temps troubles, ça ressemble même à du courage.

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Jusqu'au 20 février à la Salle Pierre-Mercure. Puis en tournée partout au Québec à partir du 16 novembre prochain.

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