Case(s): mère au bord de la crise de nerfs

Pénélope Deraîche Dallaire dans la pièce Case(s).... (PHOTO JULES BÉDARD)

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Pénélope Deraîche Dallaire dans la pièce Case(s).

PHOTO JULES BÉDARD

La PresseMario Cloutier 3/5

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Mario Cloutier

Case(s) est un spectacle intense et drôle qui montre que la relève théâtrale montréalaise en a dans le ventre.

Vue dans l'excellente pièce fleuve Les Électres d'Amérique, dirigée par Hanna Abd El Nour l'automne dernier, Pénélope Deraîche Dallaire nous revient avec un spectacle solo rafraîchissant.

Le sujet n'est pourtant pas des plus joyeux. Une phrase inquiétante, «J'ai tué ma fille», hante une mère au bord de la crise de nerfs. C'est son portrait en blanc et noir et en gris, tout en même temps, que trace Case(s). Cette mère, tout à la fois névrosée et lucide, douce et violente, n'entre tout simplement dans aucune case où les préjugés pourraient ou voudraient l'enfermer.

Jouant habilement sur les codes de l'autofiction, Pénélope Deraîche Dallaire nous entraîne dans les méandres de l'esprit d'une femme multiple, malheureuse dans sa vie de femme au foyer et d'artiste inaccomplie. Mais cette mère avoue aussi son bonheur fou d'épouse et de mère d'une fillette formidable. Peut-on être les deux en même temps ?

La réponse est oui. Inspirée par les théories la physique quantique, quant aux états paradoxaux, voire contraires, de tout être ou objet placé dans un même espace-temps, l'actrice démontre que tout coexiste, que la main qui pourrait poser un geste fatal est la même qui caresse et qui aime.

Pénélope Deraîche Dallaire passe d'un état à l'autre. Elle est cette mère aimante et morose, drôle et tragique qui joue la femme naïve et complexée et qui se prend pour Ophélie, pas celle du Hamlet de Shakespeare, mais bien d'Heiner Muller, cette « Électre qui parle ». 

Malgré des moyens très modestes, la mise en scène et la scénographie déborde d'idées évoquant le principe du double : scène carrée au centre de la salle, miroir, dessins au sol se démultipliant...

Il y a bien quelques redites dans le texte et quelques éclats mal assumés, mais cette production surprend agréablement en ce début d'année. Pénélope Deraîche Dallaire démontre un talent certain et un souffle qui la portera loin.

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* * * 1/2

Case(s). De Pénélope Deraîche Dallaire. Mise en scène: Sofia Brault et Pénélope Deraîche Dallaire. À l'Espace La risée jusqu'au 13 février.

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