Le miel est plus doux que le sang: perdus dans l'espace

Le miel est plus doux que le sang... (PHOTO GUNTHER GAMPER, FOURNIE PAR LE THÉÂTRE DENISE-PELLETIER)

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Le miel est plus doux que le sang se déroule à Madrid, à l'époque des années folles.

PHOTO GUNTHER GAMPER, FOURNIE PAR LE THÉÂTRE DENISE-PELLETIER

La PresseLuc Boulanger 3/5

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Luc Boulanger
La Presse

Au début des années 20, Madrid vit aussi ses années folles. Avant de sombrer dans la grande noirceur, la guerre civile et la dictature de Franco, un vent d'espoir souffle sur l'Espagne. À cette époque également, dans une résidence d'étudiants, trois jeunes hommes se rencontrent dans la capitale.

Ils se nomment Salvador Dalí, Federico García Lorca et Luis Buñuel.

C'est le début d'une amitié et d'une étape décisive dans leur évolution d'artistes, mais aussi en tant qu'hommes. Ensuite, le trio connaîtra, chacun de son côté, la célébrité. Tous deviendront des icônes de la culture espagnole. Mais c'est une autre histoire. 

Le miel est plus doux que le sang tire son titre d'un tableau de Dalí. Une oeuvre qui représente justement la rencontre du peintre surréaliste avec le poète et le cinéaste de L'âge d'or. Si l'on ne voit pas de reproduction du tableau en question, son pouvoir d'attraction est évoqué dans l'ingénieuse mise en scène de Catherine Vidal.

Basée à la fois sur des faits biographiques et historiques, la pièce créée en 1995 par le Théâtre Sortie de Secours fait bien sûr appel à la fiction. Les trois étudiants se lient d'amitié avec Lolita (Isabelle Blais, séduisante, et tout en voix !), une chanteuse de cabaret anarchiste. Lolita sera leur muse révolutionnaire qui leur permettra d'entrer en contact avec les mouvements de l'avant-garde en Europe.

La distribution est remarquable.

Luis Buñuel, le macho du trio, est joué avec conviction et ressemblance par François Bernier. L'excentrique et amusant Salvador Dalí est défendu par le talentueux Simon Lacroix. Finalement, le frivole Federico García Lorca est interprété par le sublime Renaud Lacelle-Bourdon, qui insuffle sa belle et sensible énergie au poète et dramaturge andalou.

Le travail des concepteurs - Julie Charland aux costumes, Geneviève Lizotte au décor hétéroclite et Alexandre Pilon-Guay aux éclairages - est très réussi.

Malheureusement, la production ne décolle pas vraiment. Cette pièce de jeunesse écrite à quatre mains est une proposition intimiste, charmante, mais par moments naïve lorsqu'elle aborde avec légèreté la dissidence et la marginalité. Elle traite de l'enfance de l'art et de son enchantement sur le réel. Or, dans le vaste Théâtre Denise-Pelletier, les personnages semblent perdus dans l'espace. Malgré l'abondance des idées et les prouesses de Catherine Vidal, ce lieu ne convient tout simplement pas à cette oeuvre. Dommage.

* * * 1/2

Le miel est plus doux que le sang. De Philippe Soldevila et Simone Chartrand. Mise en scène de Catherine Vidal. Avec François Bernier, Isabelle Blais, Renaud Lacelle-Bourdon et Simon Lacroix. Jusqu'au 27 févier au Théâtre Denise-Pelletier.

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