Papiers mâchés: sentimentalement vôtre

David Paquet dans Papiers mâchés.... (PHOTO CATHERINE ABOUMRAD, FOURNIE PAR LE THÉÂTRE D'AUJOURD'HUI)

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David Paquet dans Papiers mâchés.

PHOTO CATHERINE ABOUMRAD, FOURNIE PAR LE THÉÂTRE D'AUJOURD'HUI

La PresseLuc Boulanger 3/5

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Luc Boulanger
La Presse

C'est sans prétention et avec une belle sensibilité que David Paquet nous accueille dans la petite salle du Centre du Théâtre d'Aujourd'hui, transformée en cabaret avec service de bar. Le lauréat du prix Michel-Tremblay et du prix du Gouverneur général pour sa pièce Porc-épic (2010) y présente Papiers mâchés. Pour la première fois à titre professionnel, l'auteur de 37 ans défend l'un de ses textes seul sur scène. Soulignons son audace de sortir de sa zone de confort.

Modeste, Paquet ne parle pas de mise en scène pour cette production, mais plutôt d'une «mise en bouche» de petites histoires qu'il «colle à nos oreilles». Ses textes sont parsemés de réflexions lucides sur la vie, l'art, la société. On pourrait même dire qu'il chuchote ses mots dans le creux de nos oreilles, tant sa proposition est intime, personnelle et sentimentale.

Parallèlement à l'écriture dramatique, David Paquet a aussi touché au slam, au conte, à la poésie et à la prose. Il est donc très habile avec les mots. Hélas, il l'est moins comme acteur. Le soir de l'avant-première, on le sentait coincé dans sa mise en place, et sa gestuelle était trop mécanique.

Mais l'essentiel n'est pas là; il est dans son propos.

Un coeur mis à nu

On voit rarement sur nos scènes une telle pureté d'expression, un coeur qui se met ainsi à nu devant des spectateurs. En 70 minutes, Paquet évoque sa dépression («le sous-sol de l'âme»), sa marginalité, son homosexualité et l'inévitable doute qui est le lot de bien des créateurs. Malgré le talent et la sensibilité.

Papiers mâchés nous offre des phrases bien ciselées, des jeux de mots remplis d'humour, des pensées lucides et jamais cyniques. Parmi ces perles: «Tout vient à point à qui sait entendre.» «La mort, c'est comme un biscuit chinois: ça vient à la fin, pis tu sais pas ce qu'il y a dedans.» «L'écriture, c'est ce qui reste après les mots.»

Au bout du conte (osons, nous aussi!), l'auteur dédie sa production «à tous les artistes-alchimistes capables de prendre l'oppression, la dépression, la répression et d'en faire de l'expression».

Ce spectacle est fragile, mais il a beaucoup d'âme.

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Un solo de David Paquet. Au Centre du Théâtre d'Aujourd'hui jusqu'au 28 novembre.

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