La morsure de l'ange: bye bye mon cowboy

Alain Lavallée dans La morsure de l'ange de... (PHOTO CAROLINE LABERGE, FOURNIE PAR ESPACE GO)

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Alain Lavallée dans La morsure de l'ange de Daniel Danis, présentée au Théâtre Espace Go.

PHOTO CAROLINE LABERGE, FOURNIE PAR ESPACE GO

La PresseDaniel Lemay 4/5

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Daniel Lemay
La Presse

Remarquable histoire d'amour-haine entre un fils et son père. La morsure de l'ange est un court spectacle très dense et émouvant.

Entre enjoliveurs de roue et écran de ciné-parc défraîchi, le décor de La morsure de l'ange dit, dès le départ, une certaine désolation, dévoile un peu de cette détresse cachée sous les dehors bourrus des hommes.

«Oublie jamais qu'en venant au monde, t'as tué ta mère», voilà le message que lance constamment le père à son fils, personnage principal de la pièce de Daniel Danis.

Un père dominant, qui se prend pour un cowboy et qui en impose par sa présence même s'il n'est, sur scène, qu'une marionnette à taille humaine.

Le garçon le vénère malgré tout. Il est fier de ses bottes de cowboy parce que les autres le remarquent enfin. Il aime ce père qui lui dira un jour: «Viens, mon fils, voir l'univers» en lui parlant d'un ciel étoilé.

Ce veuf malheureux aura tout de même mis de la magie dans la tête de son fils, fantastique Denys Lefebvre. Cette histoire en est remplie.

Un personnage muet à la fausse moustache et habillé en cowboy (Alain Lavallée), de nombreuses projections, théâtre d'ombres - merci au maître italien Fabrizio Montecchi -, musique, manipulation vidéo, tout est mis en oeuvre pour recréer la fascination qu'exerce le père sur le fils, la tendresse inconditionnelle de l'enfant envers cet homme mystérieux.

Tombé du ciel, l'ange du titre, lui, viendra plus tard ajouter la touche fantastique à ce récit tout en finesse, porté par la langue alchimique de Daniel Danis qui transforme le givre et l'hiver en cristal lumineux.

Codiffusé par le festival Phénomena, La morsure de l'ange est un spectacle touchant, concis mais brillant, empreint d'Amérique québécoise, entre tôle et tourne-disque, boules de Noël et chaises pliantes.

Nous sommes les fils de nos pères. Manquants ou manqués, mais héritiers d'un imaginaire débridé, aussi fort et formateur qu'aient pu être les douleurs de l'enfance.

* * * *

La morsure de l'ange. De Daniel Danis. Mise en scène par Alain Lavallée et Josée Babin. Collaboration artistique de Fabrizio Montecchi. Avec Denys Lefebvre et Alain Lavallée. À l'Espace Go jusqu'au 24 octobre.

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