Kevin Parent et Jim Cuddy: mi-figue mi-raisin

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Il n'aura fallu que quelques minutes à Kevin Parent pour s'abandonner à l'OSM et à son chef et arrangeur Simon Leclerc.

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Il y avait dans le concert mettant en vedette Kevin Parent et Jim Cuddy, hier à la Maison symphonique, le meilleur et le moins intéressant de ce genre de flirt entre musique populaire et musique symphonique.

D'une part, un chanteur, Kevin Parent, qui s'abandonne à l'OSM et à son chef et arrangeur Simon Leclerc. De l'autre, un invité, Jim Cuddy, avec qui la complicité de l'orchestre n'a pas paru évidente.

Parent, qui avait pourtant laissé à Leclerc le soin de choisir parmi ses chansons, avait derrière lui un orchestre qui était un acteur à part entière, qui le stimulait et poussait le chanteur en lui à se donner entièrement. Cuddy, qui avait pourtant eu son mot à dire dans la sélection de ses chansons, semblait figé dans un seul et même registre, celui de la ballade, servie le plus souvent par un accompagnement cinématographique qui, plutôt que de transformer ses chansons, les enjolivait, mais de façon quasi détachée.

La célèbre Jasette de Parent, à laquelle l'ami Cuddy a prêté sa voix, nous plongeait dans une musique ultra dramatique digne d'un péplum qui lui convenait parfaitement. Il y avait dans sa Hands to the Sun un dynamisme qu'on cherchait en vain dans les relectures du répertoire de Cuddy.

Dans Blue Rodeo, et avec son propre groupe, Cuddy a une palette plus large que celle qui nous a donné à écouter hier. ‎Même sa chanson 5 Days in May, habituellement magnifique d'intensité, se distinguait surtout des autres parce que Cuddy nous l'a jouée rock, avec sa guitare acoustique et le violon de sa complice Anne Lindsay, le grand orchestre y tenant un rôle secondaire.‎ Elle aura sans doute laissé sur leur appétit les fans de Blue Rodeo habitués à un dernier solo de guitare qu'aurait pu reprendre la violoniste, s'il n'avait été amputé. Cuddy, qui a reconnu qu'il n'était pas dans sa «zone de confort» et que c'était très bien ainsi, aurait fort bien pu se passer de sa guitare, inaudible de toute façon, pendant Watch Yourself Go Down.

Cuddy est un chanteur très doué, très expressif, mais même son morceau de bravoure, Try, n'avait pas sa puissance habituelle, mal servi par un arrangement un tantinet accéléré.

‎Avec Parent, c'était tout le contraire. Sa Tom Welch, vibrante, exploitait bien toutes les couleurs de l'OSM. Le public l'a acclamée.

‎Pourtant, la connivence était belle à voir entre ces deux artistes qui ont tant en commun. Et belle à entendre pendant Bad Timing, même si Parent avait de la difficulté à garder son sérieux tellement Cuddy, lui, multipliait les marques d'affection.

Les deux amis voyaient dans ce concert commun un moyen d'établir des ponts entre les deux solitudes. Mais, hier en tout cas, leurs univers musicaux paraissaient très distincts.

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Le concert est repris ce soir à 20 h à la Maison symphonique.

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