50 Shades! la parodie musicale: ni blanc ni noir, gris

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La distribution de 50 Shades! est excellente. Tous et toutes s'en donnent à coeur joie en chantant et en dansant, mais sans direction d'ensemble.

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Mario Cloutier

La parodie musicale 50 Shades! n'est ni une grande réussite ni un échec cuisant. On rit gras, évidemment, mais pas tant que ça. L'histoire de Christian Grey et d'Anastasia Steele valse entre le pire et le meilleur. C'est justement... gris.

La phrase clef de cette parodie musicale des romans à succès de la Britannique E.L. James survient à la toute fin : « Mon Dieu, si c'était un roman, ce serait mauvais. »

Si cet esprit caustique avait guidé l'ensemble de la production, ç'aurait pu être franchement bon. Mais ce n'est pas le cas. Les artisans de ce spectacle inégal ont voulu ménager la chèvre et le chou, c'est-à-dire le public qui a lu 50 Shades of Grey et celui qui se moque de cette version édulcorée du Marquis de Sade apparue il y a cinq ans.

Le spectacle tarde d'abord à prendre son élan. Un club de lecture composé de trois femmes (Sarah Dagenais Hakim, Vanessa Duchel et Johanne Lapierre) s'intéresse au célèbre roman racontant la relation tordue entre le millionnaire sadique Christian Grey et l'étudiante Anastasia Steele (Albane Chateau), qui « découvrira » au contact de ce manipulateur-né ses propres penchants masochistes.

Ce n'est qu'avec l'apparition de la délurée Katherine (Léane Labrèche-Dor), du prétendant mexicain (Jean-François Poulin) et de Grey lui-même (Martin Larocque) que les choses s'animeront un peu. Le reste naviguera entre numéros hilarants et certaines chansons carrément ennuyantes qui viennent briser le rythme.

Les meilleurs moments comprennent l'apparition de Martin Larocque en habit d'haltérophile qui fera - oui, mesdames! - le grand écart. Le comédien souffle d'ailleurs habilement le chaud et le froid tout au long de sa prestation. La chanson enfantine où Christian Grey décline ses perversions est cabotine à souhait et le chant gospel de la fin, très réussi.

En fait, la distribution est excellente. Tous et toutes s'en donnent à coeur joie en chantant (excellente Vanessa Duchel) et en dansant, mais sans direction d'ensemble.

Selon le moment, certains adoptent un style réaliste, tandis que d'autres font dans la caricature. On ne peut donc pas véritablement parler de mise en scène, encore moins de scénographie. Et les costumes sont à l'avenant.

Comme c'est une parodie, on pardonnera les fausses notes et les faux pas. On y va pour rire et, de ce côté, on en trouve pour tous les goûts : de l'humour pipi-caca-lolo - "je fais pas l'amour, je fourre" - à quelques pointes d'absurde et de méchant - comme perversion, il a du Marie-Mai dans son iPod - en passant par le scatologique et le facile - "sa graine dans mon pré, sa perle dans mon huître".

Certaines blagues sont malheureusement répétées ad nauseam, surtout quand il est question d'orifices et d'objets qu'on y fait entrer... Bref, quelques coupes et une direction assumée auraient grandement aidé.

On se permettra de rêver à ce qu'une humoriste vraiment décapante comme Katherine Levac ferait avec un tel sujet. Oh la la... Malaise assuré dans la salle!

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D'Al Samuels, Emily Dorezas, Amanda Blake Davis, Jody Shelton, Ashley Ward  et Dan Wessels. Mise en scène de Didier Morissonneau. 

Avec Martin Larocque, Albane Chateau, Léane Labrèche-Dor, etc. Au Théâtre St-Denis 2 samedi soir et en tournée de huit villes québécoises à partir de janvier 2016.

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