Ravages: l'appel de la forêt ****

Ravages d'Alan Lake est présenté jusqu'au 18 avril... (Photo: Louis-Robert Bouchard, fournie par Danse Danse)

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Ravages d'Alan Lake est présenté jusqu'au 18 avril à la Cinquième Salle de la Place des Arts.

Photo: Louis-Robert Bouchard, fournie par Danse Danse

La PresseIris Gagnon-Paradis 4/5

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Danse Danse a donné carte blanche à Alan Lake, créateur de Québec qui s'est fait remarquer par son esthétique mariant film d'art, installation et danse. Le résultat: Ravages, un objet scénique mouvant qui nous happe par son univers onirique sur lequel plane une catastrophe imminente.

C'est sur le plateau de la Cinquième salle de la Place des Arts que Lake a installé ses quartiers en compagnie de quatre interprètes (Dominic Caron, David Rancourt, Esther Rousseau-Morin, Arielle Warnke St-Pierre, tous chargés d'énergie brute). S'y côtoient un plancher-mur sur roulettes, deux larges poutres en bois, ainsi que plusieurs rideaux de tulle qui viennent créer perspective et profondeur tout en servant d'écrans de projection d'un film.

Filmé dans la région de Portneuf l'été dernier, ce film est le point d'ancrage de la création, alors que la nature, généralement belle et paisible, est balayée lors du tournage par une forte tempête. Calme et sérénité des grands espaces y côtoient ainsi ravages et catastrophes naturelles, donnant à Lake un terrain fertile pour sa création.

Dominé par un onirisme vaguement inquiétant, peuplé de créatures aux visages et corps enduits de matière scintillante et de lichen, le film sert de porte d'entrée au monde scénique, se faisant caisse de résonance pour le grondement intérieur des interprètes.

Car Lake a eu la bonne idée de ne pas tenter de reproduire cette nature à la fois magnifique et destructrice sur scène. 

Cette tension sourde, elle se transpose plutôt dans les corps des interprètes, dans la charge émotive, viscérale, presque bestiale qui les anime.

Travaillant le plus souvent en duos et quatuors, manipulant énergiquement la matière brute du bois dont sont faites les installations mouvantes (créées en collaboration avec l'artiste visuelle Isabelle Lapierre), les danseurs nous entraînent au coeur du torrent intérieur qui déferle en eux.

Les corps s'y projettent les uns contre les autres, tourbillonnant et s'abandonnant aux mains d'autrui, en parfait accord avec la musique organique et enveloppante signée Antoine Berthiaume. La catastrophe imminente, la mort, n'est pas loin, la tempête gronde, et c'est à une danse sans retenue, instinctive, primale et mue par l'urgence de vivre, de se réinventer dans le chaos que nous convie Ravages.

Rencontre fort réussie de la danse, la vidéo et l'installation, Ravages réussit à faire tomber les barrières entre ces trois mondes. Les éléments s'y rencontrent et s'y répondent, donnant au final une oeuvre touffue, mystérieuse, chargée de symboles et qui reste en tête bien après le tomber du rideau.

* * * *

Ravages. Alan Lake. Présenté jusqu'au 18 avril à la Cinquième Salle de la Place des Arts.

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