Billy Elliot: sauvé par la danse

Le réalisme social prime dans le choix des... (PHOTO André Pichette, La Presse)

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Le réalisme social prime dans le choix des décors et fonde la crédibilité, tout comme l'authenticité des personnages, leurs dégaines singulières, leur habillement, leur langage fleuri, volontiers sarcastique et sans fioriture.

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Aline Apostolska, collaboration spéciale
La Presse

Toujours jouée à Londres et à Broadway, la comédie musicale Billy Elliot, dont la première avait lieu mardi soir à la Place des Arts, est un grand spectacle rassembleur parce qu'il s'inscrit dans plusieurs traditions, avec en plus un côté humoristique et déjanté, et surtout, un interprète principal époustouflant.

Dans ce registre, la concurrence est rude. Alors, on ne gagne pas dix Tony Awards juste comme ça. Il faut un truc en plus.

Or, dès que le rideau se lève sur une grève de mineurs au plus sombre des années Thatcher, dans le nord-est de l'Angleterre, on se souvient immédiatement que le sujet a déjà beaucoup et bien nourri le cinéma britannique des années 80 et 90. Mais pas seulement.

Au cinéma, les critiques sociales où les héros sont sauvés de la rue par la découverte de leur passion pour la danse, de Flashdance à Center Stage ou Street Dance, on en a vu et on sait que ça fonctionne.

Billy Elliot, le film de Stephen Daldry, sorti en 2000, réunissait déjà ces dimensions en en ajoutant une autre, essentielle: la longue tradition littéraire britannique du héros orphelin qui prend sa revanche sur la vie, d'Oliver Twist à Jane Eyre en passant par Harry Potter et même The Wall de Pink Floyd.

Mais ce qui rend la comédie musicale unique (adaptée par Stephen Daldry à partir de son film), c'est que le jeune Billy Elliot - fils et petit-fils de mineur - délaisse la boxe pour la danse classique, essuyant au passage toutes les railleries homophobes liées au danseur de ballet. C'est comme si Oliver Twist rencontrait The Full Monty, tout en aspirant au Lac des cygnes et que le tout s'incarnait avantageusement sous vos yeux. Avec en prime la musique d'Elton John reconnaissable à sa mélodicité pop.

Le réalisme social, sans paillettes ni sophistication décalée, prime dans le choix des décors et fonde la crédibilité, tout comme l'authenticité des personnages, leurs dégaines singulières, leur habillement, leur langage fleuri, volontiers sarcastique et sans fioriture, même si le Jordi, dialecte des ouvriers du nord de l'Angleterre, en rend la compréhension parfois hasardeuse.

Peter Darling a conçu la chorégraphie. Celle de tous les personnages, adultes comme enfants, Billy mis à part, reste assez banale. L'intérêt dans ce cas n'est pas dans la danse, mais plutôt, encore une fois, dans le réalisme décomplexé qui mélange des physionomies, des âges et des corpulences pour le moins variées et inattendues.

La danse, c'est pour tous, même quand on est fils de mineur et que l'on n'a aucune culture en la matière. Ce trash populaire est un peu appuyé, mais évite la caricature par l'humour et la justesse des nombreux interprètes.

Et puis, il y a Billy. Appuyé par le fantôme (incarné sur scène) de sa mère, sur tous les plans il n'est pas juste le héros de l'histoire, il en est la poutre maîtresse. Ce rôle-titre couvre des registres très étendus, du jeu théâtral au chant, de la danse classique à haute dose aux claquettes et aux sauts de gymnaste, et sur tous ces plans, le jeune interprète est parfaitement bluffant. À lui seul, il vaut le déplacement.

Billy Elliot, de Stephen Daldry, à la salle Wilfrid-Pelletier de la Place des Arts jusqu'au 13 janvier.

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