Chantons sous la pluie : les parapluies de Denise

René Simard et Renaud Paradis dans Chantons sous... (Photo: Robert Skinner, La Presse)

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René Simard et Renaud Paradis dans Chantons sous la pluie.

Photo: Robert Skinner, La Presse

En 1952, Arthur Freed - auteur, producteur et patron du département des musicals du studio MGM - décide de reprendre ses anciennes chansons à succès (You Were Meant for Me, Singin' in the Rain, Good Morning) dans une nouvelle histoire avec des nouvelles stars: Gene Kelly, Debbie Reynolds, Donald O'Connor. Un «best of Broadway» revisité par Hollywood qui donnera LA comédie musicale la plus populaire de tous les temps.

Un demi-siècle plus tard, Gilbert Rozon confie la mise en scène de Chantons sous la pluie à la passionnée du genre au Québec: Denise Filiatrault, à qui l'on doit, entre autres, My Fair Lady, Un violon sur le toit et La mélodie du bonheur. Dans une traduction et adaptation signées Yves Morin. Un match parfait qui s'annonce, encore une fois, comme LE spectacle de divertissement populaire de l'été.

Doit-on résumer l'histoire de ce classique dans lequel un acteur du cinéma muet (Don Lockwood) transite péniblement vers les films parlants, et y parviendra en trouvant l'amour avec une actrice ingénue (Kathy Selden)? C'est la quintessence de la comédie musicale avec de la danse, de la claquette, des chansons, des plumes et de la romance. Avec en prime, de l'eau et des parapluies.

Dans sa mise en scène, Denise Filiatrault ne réinvente pas la roue: elle reprend presque image par image les scènes du film réalisé par Kelly et Stanley Donen. Mais c'est réussi, sauf pour quelques numéros moins forts, à l'esthétique plus pauvre (celui de l'idylle entre Don et Kathy dans le décor un peu fade d'un studio hollywoodien). Par contre, plusieurs autres sont très forts, dont les incontournables Chantons sous la pluie et Bien l'bonjour. Mais aussi les numéros d'ensemble dirigés par les chorégraphes Olivier Loubry et Maud Saint-Germain, sous l'excellente direction musicale de Guillaume St-Laurent et ses sept musiciens en coulisses.

Outre le rythme et la livraison, Denise Filiatrault a aussi l'instinct d'aller chercher de bons acteurs. Ici, le rôle de Lina Lamont, la partenaire muette de Don à l'écran qui parle comme une vache espagnole, revient à Pascale Desrochers. Et elle triomphe! On a même ajouté un numéro chanté qui semble écrit spécialement pour elle. La comédienne qui a été de la création des Muses orphelines fait un retour en force au théâtre avec une performance comique qui passera à l'histoire! Renaud Paradis à la voix belle et juste est un Lockwood charismatique et convaincant. Sa dulcinée, interprétée par la jeune Marilou Morin, est aussi très bonne. René Simard en fait un peu trop dans la peau de Cosmo Brown, le pianiste et ami d'enfance de Lockwood. Tout comme d'autres interprètes dans des rôles secondaires. Mais là encore, on reconnaît la griffe grand public de Filiatrault qui ne s'embarrasse pas de nuances.

On aura droit à deux numéros chantés sous la pluie. En s'inspirant du générique du film, la metteure en scène a conçu une grande finale avec toute la distribution sur scène. Le public est debout et en redemande! Denise a gagné son pari. Chapeau pour vos parapluies, madame Filiatrault.

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Chantons sous la pluie, salle Pierre Mercure (complet). En supplémentaires du 7 au 18 août au Théâtre St-Denis 1.




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