Phillip Chbeeb et les 7 doigts de la main: humaniser le cirque

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Grâce à ses vidéos virales, le jeune danseur et chorégraphe américain Phillip Chbeeb s'est fait remarquer l'an dernier par Les 7 doigts de la main. Réversible, présenté à la TOHU depuis mercredi, est le résultat de sa collaboration avec le collectif de cirque montréalais.

Les 7 doigts de la main en répétition... (Photo François Roy, La Presse) - image 1.0

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Les 7 doigts de la main en répétition du spectacle Réversible

Photo François Roy, La Presse

Les 7 doigts de la main en répétition... (Photo François Roy, La Presse) - image 1.1

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Les 7 doigts de la main en répétition du spectacle Réversible

Photo François Roy, La Presse

Vous avez peut-être vu sa vidéo Slip sur les réseaux sociaux. Sur une pièce composée par Elliot Moss, Phillip Chbeeb et Renee Kester font un duo de danse sur le quai désert d'une station de métro de Los Angeles. Une chorégraphie vive et émouvante sur le thème des amours déçues. La vidéo mise en ligne il y a un an a été vue plus de 8,9 millions de fois à ce jour.

Tout le travail de Phillip Chbeeb est là. « Cette vidéo, comme toutes les autres qui ont suivi, est la combinaison d'une série d'essais et d'erreurs, avoue humblement le créateur de 27 ans qui a cofondé la compagnie Axyzm. Dans Slip, il y avait une connexion émotive entre la danse et l'histoire qu'on voulait raconter, mais aussi avec la musique. C'est peut-être pour ça que ça a marché. »

« Ces vidéos m'ont donné beaucoup de visibilité, mais elles m'ont aussi aidé à définir mon style, reconnaît l'artiste américain. J'ai toujours aimé créer des formes géométriques en danse, mais le résultat est beaucoup plus puissant quand on y associe une trame narrative. En fait, il s'agit de trouver un équilibre entre les mouvements novateurs et ceux, plus familiers, qui vont toucher le public. »

Un air de famille

Quand la metteure en scène des 7 doigts de la main, Gypsy Snider, a vu Slip, elle a tout de suite eu envie de travailler avec Chbeeb.

« Ce qui m'a tout de suite frappée, c'est son interprétation émotionnelle, raconte-t-elle. Sa façon de chorégraphier est très similaire à la nôtre, même s'il n'est pas acrobate. »

« Il met toute son âme dans un numéro de danse, même quand il sort de sa zone de confort. Il fonce droit devant, malgré les imperfections. C'est très beau. »

Lorsque Gypsy Snider a commencé à travailler à Réversible avec lui, elle a senti une grande familiarité. « C'est comme si on avait toujours travaillé ensemble alors qu'on ne se connaissait pas du tout. Comme nous, il crée des formes avec des interprètes, mais aussi avec des objets que les interprètes vont manipuler et avec les structures, comme les murs, qui bougent. Sa signature est partout dans le show. »

Du génie à la danse

Phillip Chbeeb est né à Houston, au Texas, d'une mère croate et d'un père libanais. Au cours de sa dernière année dans une école de génie de Los Angeles, ce passionné de danse urbaine a décidé de participer à la cinquième saison de So You Think You Can Dance ?. Même s'il n'a pas remporté la finale du concours, son nom a commencé à circuler. Il a plongé dans le milieu de la danse et tout remis en question.

« Ç'a été une période mouvementée, parce que mes parents avaient de la difficulté à payer mes droits de scolarité et que j'avais très envie de me consacrer à la danse. D'une certaine façon, je n'avais d'autre choix que de réussir mon passage dans le monde de la danse. Heureusement, ça a bien fonctionné. »

Chbeeb, qui a déjà collaboré avec le Cirque du Soleil (pour le spectacle de tournée sur Michael Jackson), adore travailler avec des compagnies de cirque. « L'idée de travailler avec des artistes de cirque m'a beaucoup emballé. On travaille avec des artistes de l'extrême, alors les possibilités sont immenses. »

Réversible

Avec Réversible, la metteure en scène des 7 doigts a voulu créer un monde architectural délimité par des murs, des portes et des fenêtres.

« Les murs nous protègent en même temps qu'ils nous enferment, nous dit Gypsy Snider. Ce sont des frontières qui nous permettent de nous définir, de nous dépasser. Tous ces murs et ces façades sont réversibles. Ils ont un extérieur et un intérieur, qui représentent notre carapace d'un côté, notre âme de l'autre. »

À l'intérieur de ce cadre, huit interprètes jouent leur propre personnage (comme c'est souvent le cas avec Les 7 doigts).

« Je leur ai demandé de penser à un moment charnière dans la vie de l'un de leurs ancêtres, détaille Gypsy Snider. À un moment donné, il faut prendre le temps de regarder derrière nous pour comprendre d'où on vient et pourquoi les choses sont comme elles sont. »

« Il faut se le dire : l'essence de l'humanité est derrière nous. Si on ne l'amène pas avec nous, on va se perdre derrière nos écrans. »

« Travailler les muscles émotionnels » des spectateurs : c'est ce que s'affairent à faire Phillip Chbeeb et Les 7 doigts. « Le cirque n'a pas à être simplement joyeux ou épatant, rappelle Gypsy Snider. Il faut que le public se reconnaisse dans ce qu'on fait. Il faut traduire nos tristesses, nos inquiétudes, nos espoirs, notre humanité. C'est notre plus grand défi. »

À la TOHU jusqu'au 30 décembre

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