École nationale de cirque: la relève casse la baraque !

Colibri, mis en scène par Edgar Zendejas, est... (Photo Roland Lorente, fournie par l'École nationale de cirque)

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Colibri, mis en scène par Edgar Zendejas, est un spectacle véritablement organique.

Photo Roland Lorente, fournie par l'École nationale de cirque

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Les années se suivent mais ne se ressemblent pas. Oui, d'une cuvée à l'autre, les spécialités de cirque sont sensiblement les mêmes : jonglerie, trapèze, main à main, équilibre, fil de fer, diabolo, les plaques du gaufrier s'impriment tout doucement dans la pâte. Mais les jeunes interprètes, eux, changent. Et ils travaillent fort pour réinventer (un peu) leur discipline.

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Dans Demain, la mise en scène de Marie-Josée Gauthier met davantage l'accent sur la performance des interprètes.

Photo Roland Lorente, fournie par l'École nationale de cirque

Au terme des deux spectacles des finissants présentés la semaine dernière, on peut vous dire que la relève en cirque est à la fois inventive et vibrante. On l'oublie, mais contrairement aux finissants de théâtre ou de musique, qui peaufinent leur jeu au fil du temps, les artistes de cirque sont au sommet de leur art dès leur sortie de l'École. On en a encore une fois la preuve.

Vous ne serez donc pas surpris d'apprendre qu'au moins six d'entre eux font déjà partie de la distribution du nouveau spectacle des 7 doigts, Réversible, qui ouvrira la saison de la TOHU ; que d'autres joueront dans la nouvelle création d'Éloize à Saint-Tite ou dans le prochain spectacle sous chapiteau du Cirque du Soleil, à l'été 2017. Deux finissants ont également été recrutés par la compagnie australienne Circa.

On ne le dira jamais assez, mais les metteurs en piste de ces spectacles fort courus aiment vivre dangereusement. Pensez-y, ils ont à peine quelques semaines pour construire un spectacle cohérent à partir de chacun des numéros des finissants. C'est ce qu'on appelle la création par la contrainte. Disons pour être diplomate que ce n'est pas tout le monde qui est prêt à relever le défi...

Cette année, la palme revient au chorégraphe d'origine mexicaine Edgar Zendejas qui, dans la pièce Colibri, réussit un véritable tour de force. Rarement aura-t-on vu un spectacle de fin d'année aussi organique. 

Avec une ligne rouge qui traverse tous les tableaux et des numéros qui n'ont pas l'air d'en être, savamment mis en scène grâce à l'apport de tous les interprètes.

Pour être franc, les moments les plus marquants de Colibri se passent au cours des transitions qui, d'ordinaire, permettent au metteur en piste de passer d'un numéro à l'autre en douceur.

Edgar Zendejas a mis la barre haute en créant de véritables bijoux de chorégraphies qui lient chacune des performances individuelles et des duos. L'ambiance y est un peu ténébreuse, la musique hypnotique est aussi par moments oppressante, mais il y a une esthétique très forte et une cohérence extraordinaire dans ce spectacle, où tous les gestes acrobatiques sont brillamment déconstruits.

Quelques noms à retenir : le Japonais Arata Urawa, qui fait un numéro de diabolo époustouflant ; le Cambodgien Dina Sok, inventif au fil de fer ; la Vancouvéroise Antonia Dolhaine, géniale dans ses poses aériennes au tissu ; et l'Américain Kyle Cragle, qui nous offre l'un des moments forts de Colibri avec son numéro d'équilibre sur cannes, qui relève de la pure fantaisie.

Demain festif

La veille, c'est la metteure en scène Marie-Josée Gauthier qui signait le spectacle Demain, avec pour thèmes la migration et l'exil. Un spectacle certainement moins organique que Colibri, qui mise beaucoup plus sur la performance des interprètes - en solo ou en duo. Plus léger, plus festif aussi, quoique par moments mélancolique. C'est le spectacle le plus « classique » des deux.

Là encore, c'est l'occasion de découvrir les nouveaux talents du cirque contemporain. Mentions spéciales à l'Espagnole Maria del Mar Reyes Saez pour son très sensuel numéro d'équilibre ; au magnétique Jérémi Lévesque, qui s'illustre aux anneaux chinois et à la planche coréenne (en duo avec Vincent Jutras) ; au jongleur Louis-Philippe Jodoin, prometteur ; et aux deux duos de main à main, solides.

Il est vrai que les artistes de cirque sont souvent anonymes. Seriez-vous capables d'en nommer un seul ? Pourtant, c'est grâce à leur personnalité et à leur charisme qu'ils se font remarquer en spectacle. Demain et Colibri comptent 28 finissants qui ont une présence étonnante. Une occasion en or de faire leur connaissance et sans doute de retenir quelques noms que vous verrez assurément dans les prochaines années.

Demain et Colibri sont présentés à la TOHU en alternance jusqu'au 12 juin.

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