Luzia: le Mexique de nouveau à l'honneur

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Le nouveau spectacle sous chapiteau Luzia montre le côté monumental du Mexique, avec entre autres un grand disque solaire qui domine la scène.

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Un an et demi après avoir créé un premier spectacle permanent au Mexique (Joya), le Cirque de Soleil s'inspire de nouveau de la culture mexicaine dans son spectacle sous chapiteau: Luzia. Une pièce onirique mise en scène par Daniele Finzi Pasca et Brigitte Poupart, qui sera présentée à Montréal à partir du 21 avril, avant d'entamer sa vie de tournée.

Le metteur en scène suisse-italien Daniele Finzi Pasca, qui a entre autres créé le spectacle Corteo du Cirque du Soleil, mais aussi la très belle trilogie du ciel (Nomade, Rain, Nebbia) du Cirque Éloize, a vécu 10 ans au Mexique. Quand le Cirque lui a demandé de créer un spectacle en s'inspirant de la culture mexicaine, il n'a pas hésité longtemps.

«On a mis tout notre imaginaire dans ce projet, nous a confié Daniele Finzi Pasca, qui a écrit ce spectacle avec sa partenaire Julie Hamelin. C'est une terre que je connais très bien et dans laquelle on retourne très souvent. J'y ai joué ma pièce Icaro plus de 350 fois! On a une relation très forte avec le peuple mexicain», a-t-il indiqué à La Presse en entrevue téléphonique de sa ville natale de Lugano.

Finzi Pasca voulait entre autres explorer le thème de la rapidité. «On a parfois l'impression que les Mexicains fonctionnent sur un mode plutôt lent. Mais dans les faits, si on regarde les écrits d'Antonin Artaud lorsqu'il rencontre les Tarahumaras, qui peuvent courir jusqu'à 220 km sans s'arrêter, il y a un dynamisme et une prouesse incroyables chez eux.»

Un cadre délirant

Avec le scénographe mexicain Eugenio Caballero, gagnant d'un Oscar pour sa direction artistique du film Le labyrinthe de Pan de Guillermo del Toro, Finzi Pasca voulait créer un cadre délirant et surréaliste.

«Il y a des personnages mi-hommes, mi-animaux, des danseurs engloutis par des têtes de poisson, un costume qui fleurit tout seul, des images décalées qui témoignent d'un monde onirique et de l'esprit du Mexique.»

Le défi du scénographe était aussi de changer d'espace et de temps. Eugenio Caballero explique avoir changé de décors comme il le fait pour le cinéma.

«On est parfois dans une ruelle de Mexico, sur le plateau de tournage d'un film, dans un cenote [puits naturel], dans le désert ou dans la jungle», indique Eugenio Caballero en entrevue. Le scénographe voulait aussi montrer le côté monumental du Mexique, avec entre autres le grand disque solaire qui domine la scène, mais aussi la faune et la flore.

La présence de l'eau, centrale, a une signification importante pour le metteur en scène.

«Il pleut très souvent dans mes spectacles, nous dit Finzi Pasca. Pour raconter le Mexique, l'eau est l'élément intéressant parce qu'il y pleut de différentes façons. La pluie du Yucatán, si humide et brumeuse, n'est pas la même que la pluie torrentielle de Mexico City ou la pluie du Nord, qui est très rare et où les gens courent derrière parce qu'il ne pleut pas partout en même temps. Au fond, la pluie montre toute la diversité du pays.»

Les défis de Brigitte Poupart

Brigitte Poupart, qui a déjà travaillé à la fois avec des acteurs, des danseurs et des groupes de musique, a pris le relais du metteur en scène en janvier, Daniele Finzi Pasca étant forcé de se retirer à Lugano pour des raisons personnelles. L'actrice et metteure en scène a hérité d'un canevas avec des numéros, des atmosphères et la musique de Simon Carpentier, mais il a fallu qu'elle lie tous les éléments entre eux.

«J'ai imaginé l'histoire d'un clown qui a besoin de partir très loin pour se retrouver. Il atterrit dans ce monde magique qui va le transformer. C'est un voyage initiatique.»

«Le clown va repartir du Mexique avec le sentiment d'avoir créé un lien très fort avec cette terre. Avec tout le symbolisme propre à cette culture. Au fond, je me suis beaucoup inspirée de la relation de Daniele avec le Mexique», poursuit Brigitte Poupart.

L'actrice et metteure en scène québécoise, qui en est à sa première collaboration avec le Cirque, avoue prendre plaisir à travailler avec des artistes de cirque. «J'aime l'éclat, le spectaculaire du cirque. Mais je veux aussi que le spectaculaire côtoie l'intime. C'est là qu'il y a tout un travail de dramaturgie et de mise en scène à faire. Si j'arrive à faire ça, je serai heureuse.»

Plus d'une quarantaine d'artistes fouleront la petite scène du chapiteau, dont un orchestre formé de six musiciens.

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Sous chapiteau dans le Vieux-Port de Montréal, du 21 avril au 17 juillet.

Un an et demi après avoir créé un premier... (PHOTO FRANÇOIS ROY, LA PRESSE) - image 2.0

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PHOTO FRANÇOIS ROY, LA PRESSE

Accélérer le rythme des spectacles sous chapiteau

Le Cirque du Soleil, qui crée un nouveau spectacle de tournée tous les deux ans, voudrait accélérer ce rythme, a confié à La Presse le PDG du Cirque, Daniel Lamarre. «On a ouvert beaucoup de nouveaux marchés depuis trois ans, alors on regarde la possibilité d'en amener un autre plus rapidement. Aujourd'hui, on tourne dans 350 villes, donc on a un peu de difficulté à maintenir le rythme d'être dans toutes ces villes tous les deux ans. On tourne en ce moment avec quatre ou cinq spectacles sous chapiteau; on pense pouvoir tourner avec six ou sept chapiteaux.» Concrètement, il se pourrait donc que le Cirque crée un nouveau spectacle l'été prochain. «Ce ne sera peut-être pas toujours un spectacle par année, mais ça pourrait être deux spectacles consécutifs.» Historiquement, le Cirque a toujours créé ses nouveaux spectacles de tournée à Montréal. Les spectacles tournent ensuite pendant environ 10 ans (si tout va bien), avant d'être adaptés pour les arénas où ils entament une nouvelle tournée d'environ cinq ans.

Survol de trois numéros de Luzia

Anneaux chinois

Le premier extrait présenté aux médias par l'équipe de création de Luzia le 7 avril donne le ton et la couleur de ce spectacle très onirique. Sept acrobates vêtus de costumes ailés représentant des colibris s'élancent dans des anneaux. Le défi? Ils font leur numéro sur deux énormes tapis roulants en mouvement.

Trapèze fixe

Les éclairages sont particulièrement bien rendus dans cet extrait qui met en vedette une jeune trapéziste dans un décor évoquant le désert mexicain. Pendant ce numéro aérien, deux autres artistes de cirque - dont la spécialiste Angelica Bongiovonni, vue dans Cirkopolis d'Éloize - font une chorégraphie au sol avec leurs roues Cyr. Le numéro se termine sous un rideau de pluie.

Sangles aériennes

De l'eau, vous en verrez dans Luzia. Dans le troisième extrait, on a pu voir un numéro de sangles aériennes, exécuté juste au-dessus d'un petit bassin d'eau. Une marionnette représentant un jaguar était présente. Ce segment nous est apparu après le lever d'un rideau monté en cylindre, sur lequel on pouvait voir une foule d'images représentatives du Mexique.

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