Empire: cabaret sexy

Le duo de main à main Lime Green... (Photo: Édouard Plante-Fréchette, La Presse)

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Le duo de main à main Lime Green Lady et Carrot Man.

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Créé à New York en 2012, Empire est le premier spectacle sous chapiteau à avoir été monté à Times Square. Un tour de force pour la compagnie australienne Spiegelworld, qui a depuis présenté son cabaret de cirque dans plusieurs villes d'Australie, du Japon et de la Nouvelle-Zélande.

À Montréal, Spiegelworld a érigé son chapiteau au coin de la rue de Bleury et du boulevard René-Lévesque, sur le terrain de SNC-Lavalin. La série québécoise a été repoussée d'une semaine, mais la troupe formée d'une vingtaine d'artistes est plus motivée que jamais à rencontrer le public montréalais.

Ce cabaret acrobatique burlesque a quelque chose du spectacle de variétés, avec une petite touche sexy, précise Ross Mollison. Le rythme est très rapide. Contrairement aux spectacles du Cirque du Soleil, Empire ne vise pas un public familial, mais adulte. «Ce n'est pas qu'il y a tant de nudité, mais c'est osé, et puis plus on boit, plus c'est amusant!»

La Soirée, source d'inspiration

Le producteur, qui a également créé en 2011 le cabaret érotico-acrobatique Absinthe à Las Vegas (au Caesars Palace), avoue s'être inspiré du collectif La Soirée (cofondé par l'Australien David Bates) pour créer Empire. La troupe, anciennement connue sous le nom de La Clique, a notamment été invitée à Montréal complètement cirque en 2012.

«La Soirée a été une source d'inspiration majeure, affirme Ross Mollison. Comme eux, nous avons monté un spectacle de variétés, avec beaucoup d'humour, mais notre spectacle est quand même plus acrobatique que le leur. La spiegeltent est également un lieu vraiment intimiste qui rend ce spectacle unique.»

La forme du cabaret est relativement classique, dans la mesure où les numéros de cirque se succéderont. Mais, selon les créateurs d'Empire, l'ambiance y est beaucoup plus festive que dans les traditionnels cabarets allemands. La trame narrative pourrait se résumer ainsi: l'hôte de la soirée, un dénommé Oscar, cherchera à restaurer son empire. D'où le titre du spectacle...

Hommage à Ziegfeld

«C'est un peu basé sur l'histoire de Florenz Ziegfeld, qui a produit les premiers spectacles musicaux à New York [Ziegfeld Follies], mais qui a été ruiné pendant la Grande Dépression et qui est mort sans le sou, détaille Ross Mollison. On s'est dit: et s'il devait recréer un projet pour Broadway, ça donnerait quoi?»

Oscar fera ainsi équipe avec une certaine Fanny pour animer la soirée. Les deux artistes clowns (Jonathan Taylor et Anne Goldmann) étaient de passage à Montréal il y a quelques jours pour nous donner une idée du ton et de l'ambiance d'Empire. Ils se sont mis à jongler avec des bouchées de bananes qu'ils se recrachaient dans la bouche. De toute beauté!

Les noms des autres artistes font sourire. The Gorilla Girls, formé d'un groupe d'Ukrainiennes qui feront des pyramides humaines, The Half Naked Asian Dude Wearing Pigtails, spécialiste de roue Cyr, la contorsionniste Miss A in A Bubble, le duo de main à main Lime Green Lady et Carrot Man, pour ne nommer que ceux-ci. Sans oublier la chanteuse Miss Purple et le guitariste Moondog.

Ces joyeux drilles qui proviennent de nombreux pays (ironiquement, aucun d'entre eux n'est australien) ont été dirigés par le metteur en scène Terence O'Connell, qui a travaillé pour The Last Laugh et Circus Oz, mais aussi par le chorégraphe John Cha Cha O'Connell, dont le nom est associé aux pièces Strictly Ballroom, Moulin Rouge et The Great Gatsby.

À Montréal tous les deux ans?

Ross Mollison, qui a également produit à Montréal les spectacles Puppetry of The Penis (à Just for Laughs) et le spectacle de clown Slava's Snowshow, aimerait bien présenter un cabaret en alternance avec le Cirque du Soleil, qui crée ses spectacles sous chapiteau dans le Vieux-Port tous les deux ans.

«Ce serait fabuleux, dit-il. Nous en avons parlé avec la direction du Cirque, qui sont des amis qu'on admire, et oui, ce serait notre ambition. Mais nous allons commencer par présenter Empire et nous verrons comment le public réagit. À date, le bouche à oreille est le meilleur vendeur de ce spectacle», estime-t-il.

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À Montréal, sous chapiteau, du 21 avril au 24 mai, à Québec du 24 juin au 12 juillet et à Gatineau du 28 juillet au 9 août.

Memet Bilgin, alias 3D Graffiti Guy.... (Photo: Édouard Plante-Fréchette, La Presse) - image 2.0

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Memet Bilgin, alias 3D Graffiti Guy.

Photo: Édouard Plante-Fréchette, La Presse

Memet Bilgin, le Montréalais d'Empire

Il s'appelle Memet Bilgin, il est d'origine turque, mais il a grandi à Montréal. Artiste de cirque autodidacte doté d'une formation d'informaticien (!), il a travaillé pour de nombreux cirques en Europe avant de se joindre à la troupe de Spiegelworld il y a deux ans et demi.

Son nom d'artiste dans Empire est 3D Graffiti Guy. «Mon personnage est mystérieux et voyeur, explique l'artiste montréalais. Il n'est pas vraiment en interaction avec le public. Il est comme une ombre qui passe. Mes numéros sont d'ailleurs beaucoup plus contemplatifs qu'acrobatiques.»

Les deux numéros en question, il les a appris au Cirque Rigolo, en Suisse, où il a passé deux ans. Il s'agit du fameux numéro de manipulation de branches de palmier inventé par Mädir Eugster, qui l'avait d'ailleurs enseigné à sa fille Lara Jacobs pour le spectacle Amaluna, du Cirque du Soleil, créé à Montréal en 2012.

Dans ce numéro d'adresse, l'artiste place les 13 branches de palmier les unes en dessous des autres en trouvant pour chacune le point d'équilibre. À la fin, il forme un énorme mobile de 20 kg qu'il tient d'une seule main.

«Ça fait partie de ce qu'on appelle le nouveau cirque, précise Memet Bilgin, qui s'est aussi beaucoup inspiré des figures de manipulation du Français Johann Le Guillerm et des sculptures dynamiques de l'artiste visuel Alexander Calder. Dans mon deuxième numéro, je guide une énorme toupie sur l'une des branches...»

L'artiste de cirque âgé de 36 ans estime que le grand attrait d'Empire est la proximité du public avec les artistes. «Nous sommes tellement proches des spectateurs que ça crée un lien immédiat, dit-il. La spiegeltent est vraiment un lieu unique; c'est ce qui distingue le spectacle.»

L'intérieur du chapiteau de Spiegelworld.... (Photo: Édouard Plante-Fréchette, La Presse) - image 3.0

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L'intérieur du chapiteau de Spiegelworld.

Photo: Édouard Plante-Fréchette, La Presse

Dans l'antre de la spiegeltent

C'est l'un des joyaux de l'art déco, construit en Belgique en 1920. La spiegeltent (combinaison des mots «miroir» et «tente») est un chapiteau antique en bois de chêne décoré de miroirs et de vitraux, avec des banquettes de velours disposées tout autour de la tente. Certainement l'une des premières salles de spectacles mobiles, qui compte environ 3000 pièces à assembler, y compris celles du bar de style speakeasy. Une petite scène d'à peine 3 mètres carrés a été placée au centre pour les fins de ce spectacle.

«C'est une merveille architecturale, nous dit Ross Mollison. On a l'impression de monter dans un carrousel qui nous fait voyager dans le temps, à l'époque du Moulin rouge.»

Bon nombre d'artistes s'y sont produits dans les années 20, comme la chanteuse allemande Marlene Dietrich. Aujourd'hui, il ne reste qu'une douzaine de spiegeltent dans le monde, incluant celle érigée à Montréal.

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