Michel Laprise: réinventer (un peu) la roue

Michel Laprise, qui dit réaliser un rêve en... (Photo Bernard Brault, La Presse)

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Michel Laprise, qui dit réaliser un rêve en montant son premier spectacle de tournée pour le Cirque, admet avoir travaillé fort pour que Kurios se démarque des spectacles précédents.

Photo Bernard Brault, La Presse

À quelques jours de la première de Kurios, cabinet des curiosités, le metteur en scène Michel Laprise paraît serein. Il avoue manquer de sommeil, mais il est fier du travail de création accompli au cours des derniers mois.

La pression est pourtant grande sur le Cirque, qui a mis fin à cinq spectacles au cours des quatre dernières années (Banana Shpeel, Zed, Zaia, Viva Elvis et Iris) et qui a dû réduire ses effectifs de près de 1000 employés permanents...

Le metteur en scène, qui est devenu célèbre en travaillant au spectacle de tournée de Madonna (MDNA) a-t-il ressenti une petite pression pendant la création de cette 35e production du Cirque du Soleil?

«J'ai toujours eu cette pression, répond Michel Laprise, qui a travaillé au Cirque pendant 10 ans comme dépisteur, puis comme concepteur d'événements spéciaux. Il faut toujours être hyper créatif. Chaque projet doit être unique.»

Michel Laprise, qui dit réaliser un rêve en montant son premier spectacle de tournée pour le Cirque, admet avoir travaillé fort pour que Kurios se démarque des spectacles précédents.

«Je suis content d'entendre certaines personnes dire qu'il y a un souffle de créativité et de fraîcheur dans ce spectacle. Une fébrilité aussi. On travaille pour une compagnie qui a 30 ans, mais je veux qu'on ait la même folie et la même excitation qu'au début.»

Pour commencer, le metteur en scène s'est lancé le défi d'accueillir les spectateurs «différemment». D'abord sur le site, puis à l'intérieur du chapiteau.

«En arrivant, les gens vont traverser les coulisses, puis la scène en marchant sur un petit pont amovible qui les mènera de l'entrée du chapiteau jusqu'à leurs sièges. Avant même que le show ne commence, je veux retrouver la folie du cirque», lance Michel Laprise.

Cabinet des curiosités

Kurios évoque la période industrielle du XIXe siècle ainsi que toutes les inventions de l'homme dans les domaines de la communication et des transports. Gramophones, télégraphes, soufflets, mais aussi aéronefs, montgolfières, trains à vapeur.

Les personnages de Kurios incarneront ces objets de curiosité récupérés, puis transformés par le Chercheur.

Les extraits présentés aux médias la semaine dernière laissent entrevoir un spectacle très finement chorégraphié, où l'on assistera bien sûr à des prouesses acrobatiques (cadre russe, rola bola, filet rebond), mais avec un dispositif scénique relativement léger, peu d'appareils et quelques numéros de groupe.

Michel Laprise confirme. «C'était important pour moi d'avoir un langage visuel à la fois acrobatique et chorégraphique. C'est très low tech comme spectacle. En revanche, il y a beaucoup d'accessoires et d'objets quotidiens. De la vaisselle, des chaises. Je voulais que ce soit un show humain.»

Approche collective

Une des approches de Michel Laprise a été de faire participer les 46 artistes du spectacle au processus créatif.

«Mon expérience de travail en casting m'a fait prendre conscience de l'importance d'écouter les artistes. Surtout la nouvelle génération, qui a beaucoup de choses à dire. À l'origine du cirque, on était près des artistes. Je m'inscris là-dedans.»

Par exemple, pour concevoir le numéro de banquine qui conclut le spectacle, Michel Laprise a réuni les 14 artistes (dont la plupart ont joué dans le défunt spectacle Elvis) pour les inclure dans la conception du numéro.

«Pour réinventer ce numéro, il fallait les inclure, explique Michel Laprise. On a décidé de faire une portion du numéro dans le public et d'amener un cube, qui servirait d'obstacle, ce qui nous a permis de créer de nouvelles figures.»

Laliberté présent

Guy Laliberté, qui était le «guide créatif» de ce spectacle, était très présent, nous dit Michel Laprise.

«J'étais content, parce que c'était mon premier spectacle et qu'il donne de bons conseils. Il nous a guidés dans nos choix musicaux. J'aime le world beat, mais le Cirque en a beaucoup fait. On s'est donc orientés vers des sonorités acoustiques, le swing et l'électro-swing.»

Guy Laliberté a également encouragé Michel Laprise à insérer deux numéros acrobatiques additionnels. «Il est très bon pour trouver l'équilibre acrobatique, notamment pour jouer avec l'ordre des numéros», nous dit le metteur en scène.

Grâce à ce spectacle de tous les possibles, Michel Laprise a voulu envoyer un message optimiste. «Je veux que les spectateurs se rendent compte qu'ils vivent eux aussi dans un cabinet des curiosités! Je veux qu'ils puissent redécouvrir le sens du ludisme et de la simplicité.»




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