Varekai: la revanche de Dominic Champagne

Dominic Champagne avait déjà flirté avec le milieu... (Photo: André Pichette, La Presse)

Agrandir

Dominic Champagne avait déjà flirté avec le milieu du cirque avant de mettre en scène Varekai.

Photo: André Pichette, La Presse

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Après une tournée de 11 ans, les 50 artistes de Varekai s'apprêtent à vivre leur deuxième vie «en aréna». La Presse s'est entretenue avec le metteur en scène Dominic Champagne, qui revient sur cette création du Cirque du Soleil.

Peu de gens le savent, mais avant de suivre une formation en écriture dramatique à l'École nationale de théâtre, et de devenir l'auteur et metteur en scène que l'on connaît, Dominic Champagne a flirté avec le milieu du cirque. L'été de ses 20 ans, il a travaillé comme garçon de piste à Athènes. Pour une compagnie de cirque italienne.

«J'ai toujours été attiré par les clowns, commence par dire Dominic Champagne. Sol, Paillasson, Chaplin, ce sont mes héros d'enfance. Moi-même, j'avais un numéro de clown que j'ai présenté sur un bateau, entre l'Italie et la Grèce. C'est là que j'ai rencontré un Égyptien qui avait un numéro avec un chimpanzé. Je l'ai suivi à Athènes...»

«Arrivé à Athènes, j'ai travaillé comme garçon de piste, poursuit le metteur en scène. Un de mes cues était de ramasser la marde des éléphants. Ce sont des animaux très sensibles, qui ont le trac avant les shows. Lorsque je les amenais sur scène, ils chiaient. Je devais ramasser. Ce qui m'a valu le titre de «pelleteux de marde d'éléphant»...»

À sa sortie de l'École nationale, Dominic Champagne a voulu témoigner de cette expérience (disons unique) dans son premier spectacle professionnel baptisé Import-Export, qu'il a présenté sous chapiteau en 1988. «Les critiques ont été dévastatrices, ç'a été un flop total. J'ai perdu de l'argent...»

Un jour qu'il faisait des réparations sur le toit du chapiteau où avaient lieu les représentations d'Import-Export, il a fait une chute.

«Je me suis cassé les deux pieds, raconte-t-il. Quelques jours après, à l'hôpital Saint-Luc, on m'a dit que je ne marcherais plus. J'avais 25 ans, je commençais ma carrière, et je me retrouvais comme Godot avec «rien à faire».» Heureusement, malgré ce pronostic, le jeune auteur a recouvré l'usage de ses pieds.

Douze ans plus tard, après avoir vu son spectacle L'odyssée, d'Homère, Guy Laliberté lui a proposé de monter un spectacle sous chapiteau.

«C'était pour moi un signe du destin. La possibilité de remonter un show de cirque exactement là où je m'étais cassé les deux pieds, dans le Vieux-Port. Dans ce même emplacement où j'avais présenté ce spectacle, qui avait été un échec. Bref, c'était pour moi l'occasion de prendre ma revanche.»

Pour la création de Varekai, Dominic Champagne s'est inspiré de son histoire.

«Je me suis dit que j'allais travailler sur cette chute. Parce que ce qui m'attire avec les artistes de cirque, c'est leur capacité à prendre des risques. Avec eux, tout est possible. J'ai donc imaginé un ange qui fait une chute et perd ses ailes. Et qui est pris en charge par la fraternité des saltimbanques.»

Créatures fantastiques

Dans le résumé de Varekai, qui signifie «peu importe le lieu» dans la langue des Roms, on peut lire la description suivante: «Dans une forêt, au sommet d'un volcan, existe un monde extraordinaire peuplé de créatures fantastiques où tout est possible...» Un phrasé typique du Cirque du Soleil. Mais de Dominic Champagne?

«Oui, c'est moi, répond-il. Dans L'odyssée, il y avait des créatures fantastiques. Mon Don Quichotte avait ses moulins à vent... Ce n'est pas totalement étranger à mon univers. Il y a bien sûr une forme «Cirque du Soleil» qui en impose. Guy et Franco ont créé une identité forte. On s'inscrit dans une forme, mais c'est une forme ouverte.»

On le sait, Dominic Champagne a ensuite créé deux spectacles permanents pour le Cirque du Soleil à Las Vegas: Zumanity, qu'il a monté en 2003 avec René Richard Cyr, et LOVE, hommage aux Beatles créé en 2006. A-t-il eu envie de retoucher Varekai? «Non. C'est un spectacle qui me touche et que j'aime, malgré ses maladresses.»

A-t-il d'autres projets avec le Cirque? «Non, répond-il. Rien de concret pour l'instant. Mais je reste très proche du milieu du cirque. Je travaille en ce moment avec le scénographe Michel Crête (O) et les cofondateurs des 7 doigts de la main Isabelle Chassé et Patrick Léonard sur un projet pour l'an prochain.»

______________________________________________________________________________

Du 20 au 30 décembre au Centre Bell.

Varekai en chiffres

Année de création: 2002

Nombre d'acrobates: 50

Nombre de représentations: 4000

Nombre de billets vendus: 8 millions

Nombre de pays visités: 18




publicité

publicité

Les plus populaires : Arts

Tous les plus populaires de la section Arts
sur Lapresse.ca
»

publicité

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer