Paul Buissonneau: mettre en scène ses funérailles

«Je suis sourd et c'est pour ça que... (Photo François Roy, La Presse)

Agrandir

«Je suis sourd et c'est pour ça que je parle fort, dit Paul Buissonneau. J'ai déjà un coeur artificiel et 20 pilules par jour à me taper. C'est une corvée!»

Photo François Roy, La Presse

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Alors qu'on inaugurait, lundi, une murale en céramique à son effigie, à l'angle des rues Ontario Est et Beaudry, à Montréal, le comédien, auteur et metteur en scène Paul Buissonneau a révélé qu'il est en train d'organiser ses propres funérailles.

Le cocréateur de la Roulotte, en septembre 1952, n'est pas malade au point qu'il lui soit urgent de régler ses arrangements funéraires. Non. Mais alors qu'il aura 84 ans la veille du prochain Noël, il ne veut pas que sa dernière mise en scène, celle du grand départ, soit laissée au hasard.

«Je suis en train de préparer mes funérailles parce que j'ai un mauvais souvenir d'un enterrement où je suis allé. Le son était mauvais. C'était minable, plate. J'étais furieux contre Jésus et contre le curé!» explique le cofondateur du Théâtre de Quat'Sous, assis sur une chaise au pied de l'oeuvre de Laurent Gascon où on le voit avec son chapeau et son p'tit air joyeux.

Paul Buissonneau dit avoir préparé «un paquet de collages» qui permettra aux gens qui lui rendront un dernier hommage de voir des documents et des photos sur sa vie. «Je ferai une sorte d'exposition, dit-il. J'ai fait des agrandissements. Comme musique, j'aimerais qu'il y ait la Missa Creola (Messe créole) que j'adore. Et puis, il y aura ma boîte à lunch avec mes vieux os dedans posée sur un escabeau.»

Sans préciser où il souhaite qu'aient lieu ses funérailles, il dit qu'il n'est pas question pour lui d'avoir un prêtre ce jour-là. «Ce n'est pas nécessaire, dit-il. J'ai tellement entendu de conneries en chaire.»

Il ajoute qu'une liste de noms sera inscrite sur un paravent parce que ce Français d'origine devenu Montréalais veut remercier les personnes qui ont compté dans sa vie depuis qu'il est arrivé au bord du Saint-Laurent en 1947 avec nulle autre qu'Édith Piaf. C'est en effet la Môme de Paris qui lui avait fait découvrir le Québec.

«J'ai quand même serré la main de Chaplin et j'ai boxé avec Marcel Cerdan», se rappelle l'ancien Compagnon de la chanson, qui fréquentait le boxeur alors amant de Piaf.

Comment va sa santé actuellement? «Je suis sourd et c'est pour ça que je parle fort, dit-il. J'ai déjà un coeur artificiel et 20 pilules par jour à me taper. C'est une corvée!» Ces derniers temps, il passe ses journées à coucher ses souvenirs sur papier, à regarder «les bonnes émissions» qui passent à la télévision et à recevoir ses amis.

Il se retourne et regarde cette murale créée en l'honneur de cet homme de théâtre qui a tant compté pour trois générations de comédiens québécois. «De voir sa gueule en céramique, ça fait un peu bizarre», dit-il.




publicité

publicité

Les plus populaires : Arts

Tous les plus populaires de la section Arts
sur Lapresse.ca
»

publicité

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer