Metallica s'implique auprès des banques alimentaires

James Hetfield, chanteur du groupe Metallica.... (PHOTO LA PRESSE CANADIENNE)

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James Hetfield, chanteur du groupe Metallica.

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David Friend
La Presse Canadienne
Toronto

L'erreur est humaine, personne n'en est à l'abri. Pas même James Hetfield de Metallica. Il en a d'ailleurs fait une, plus tôt cette semaine, alors qu'il a joué l'introduction de Fade to Black pendant un spectacle intime à l'Opera House de Toronto.

Le problème, c'est qu'il devait en fait jouer une autre chanson - One - dont l'introduction est semblable. Lorsqu'il a réalisé son erreur, il s'est esclaffé et a réessayé.

«Le fait que tous nos frères soient là avec nous, si quelque chose ne va pas comme prévu, on peut dire »OK, apprécions ce moment ensemble«», a-t-il dit en riant, par la suite, lors d'une entrevue dans une chambre d'hôtel.

«Pouvoir rire de soi-même, accepter sa maladresse sur scène et en parler est très libérateur.»

James Hetfield et ses camarades étaient à Toronto plus tôt cette semaine pour donner un concert-bénéfice au profit de la banque alimentaire Daily Bread. Le spectacle a fait salle comble, et les 950 spectateurs présents étaient prêts à «rocker» dès que Metallica est arrivé sur scène.

En buvant une tasse de thé, James Hetfield a discuté avec La Presse canadienne du plus récent album du groupe, Hardwired... to Self-Destruct, qui trône au sommet des palmarès de ventes canadiens et américains, et sur la raison qui l'a poussé à abandonner les médias sociaux.

La Presse canadienne: Metallica ne joue pas souvent dans de petites salles. C'était comment de pouvoir voir la salle tout entière?

James Hetfield: Il y a des gens étranges... incluant nous-mêmes! Il y avait un gars qui voulait absolument venir vers moi et (montrer le doigt d'honneur). Je me souviens que ça a déjà voulu dire «Tu marches!» ou quelque chose, il y a longtemps. Mais aujourd'hui, c'est peut-être un peu différent. J'ai pensé: «Tu n'aimes pas cette chanson?» Je me suis penché vers lui et son geste s'est transformé en (cornes de diable). Et j'ai fait: «Ok, on s'entend!»

PC: Pourquoi avez-vous décidé de donner un spectacle pour une banque alimentaire?

JH: Nous l'avions fait pendant la tournée Death Magnetic (qui a eu lieu entre 2008 et 2010). Toute la nourriture du traiteur qui restait après le spectacle, (nous avons décidé) qu'elle devait aller quelque part. C'est donc devenu une habitude. Appuyer les organismes locaux est une bonne façon de voir son environnement s'améliorer. Nous aimons donc faire des choses locales.

PC: Discutez-vous entre vous pour déterminer quel organisme sera appuyé?

JH: Nous avons tous les quatre une vision différente du monde et les choses que nous voulons appuyer sont différentes. Nous y allons donc à tour de rôle. Nous avons ainsi tous l'impression de contribuer et nous nous sentons bien. (Pour ce qui est de la banque alimentaire), c'était une évidence. Il n'y a rien de politique à ça. C'est tout simplement: Gens. Nourriture. Bien.

PC: Votre concert bénéfice a tout de même suscité la controverse en raison des prix des billets qui ont grimpé en flèche sur le marché de la revente. Ressentez-vous de la frustration lorsque cela se produit?

JH: C'est leur karma. Il y aura toujours des gens qui auront des motifs personnels (et) ils tenteront d'en obtenir le plus possible. C'est impossible à arrêter. Je dirais seulement aux admirateurs d'être prudents, d'agir de manière intelligente.

PC: Croyez-vous que Ticketmaster et les autres vendeurs de billets ont la responsabilité de mettre en place des technologies pour empêcher la revente de masse?

JH: La technologie peut aider, c'est certain. (...) Il est difficile de croire qu'on ne peut en faire plus. Il y a la revente légale aussi, ce qui est frustrant - les Stubhubs et autres trucs du genre. Soudainement, on se dit: «Hé, wow, on vient de vendre 10 000 billets. Et où sont-ils allés? À un seul endroit? Intéressant.» Nous en sommes conscients et nous faisons ce que nous pouvons. Au bout du compte, les fans se font avoir et nous nous faisons avoir. Ça ne devrait pas arriver.

PC: Nickelback a connu une semaine difficile au Canada, alors qu'un service de police de l'Île-du-Prince-Édouard a dit à la blague, sur Facebook, qu'il ferait jouer la musique du groupe pour punir ceux qui se feraient prendre à conduire en état d'ébriété. Metallica reçoit aussi des critiques de gens qui n'aiment pas la direction prise par le groupe. Ressentez-vous la pression d'essayer d'éviter de déplaire?

JH: C'est certainement un piège qu'il est possible d'éviter. Tout ce que vous devez dire est: «Nous sommes des artistes. Point final.» Peu importe ce que nous faisons, nous essayons de faire les meilleures chansons possible. Si vous n'aimez pas les chansons, je comprends. N'achetez pas l'album, ne venez pas nous voir en spectacle. Ça me rappelle les forums et les sites de discussions. C'est un faux monde complètement fou où les gens ne disent pas qui ils sont, et ils ne vous diraient jamais tout ça s'ils étaient devant vous. Vous prenez deux pitbulls, vous les mettez dans une pièce, vous fermez la porte et ils s'en donnent à coeur joie. J'ai des gens qui s'occupent de tout ça.

PC: À quel moment avez-vous décidé de vous déconnecter? N'étiez-vous pas sur Instagram pendant un moment?

JH: J'ai été aspiré par les médias sociaux. Mes enfants sont sur Instagram, donc je voulais l'essayer et avoir l'air d'un père cool. Mais à un moment donné, c'était tout ce à quoi j'étais capable de penser: «Oh, je suis ici, je peux prendre une photo, la mettre sur Instagram et essayer d'obtenir de nouveaux abonnés.» Ça me prenait beaucoup de temps et j'ai commencé à négliger ma vraie vie. Je vivais pour un monde virtuel plutôt que pour moi-même. J'ai déjà assez de difficulté à être présent dans la vraie vie.

PC: Huit années se sont écoulées entre votre album précédent et celui-ci, ce qui est énorme dans l'industrie de la musique d'aujourd'hui. Espérez-vous accélérer le processus de création la prochaine fois, et peut-être faire une tournée moins longue?

JH: Nous apprécions certainement cet album, et nous devons encore en apprendre quelques-unes pour les jouer sur scène, mais j'aimerais ne pas attendre huit ans. Ça ne m'a pas semblé si long, mais pour les fans à la maison, je comprends qu'ils se soient dit: «Cessez de jouer en Antarctique!»

PC: Comment savez-vous qu'il est temps de commencer à travailler sur un nouvel album?

JH: La plupart du temps, Lars (Ulrich, le batteur du groupe) et moi nous assoyons et commençons à parler. (Nous nous disons): «Nous avons tel événement qui s'en vient, mais nous devons être libres par la suite. Cessons d'en ajouter pour que nous puissions aller (en studio) et ouvrir la boîte à mélodies.» Parce qu'une fois que c'est ouvert, on ne peut l'arrêter.

PC: Vous faites partie de Metallica depuis 35 ans maintenant. Comment gardez-vous votre motivation?

JH: La musique m'a sauvé la vie et elle continue de le faire tous les jours. Elle me permet de me garder sur la bonne voie. Le perfectionnisme, possiblement, nous aide à continuer. J'attends de composer l'ultime mélodie et d'écrire les paroles ultimes un jour. Je cherche toujours quelque chose, c'est une dépendance, j'en suis certain.

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