Bill Cosby pourrait subir un procès

Mis en cause depuis des mois par des... (PHOTO AP)

Agrandir

Mis en cause depuis des mois par des dizaines de femmes, Bill Cosby a été inculpé le 30 décembre d'agression sexuelle aggravée sur la personne d'Andrea Constand, en 2004.

PHOTO AP

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Agence France-Presse
Norristown

Un juge de Pennsylvanie a validé mercredi les poursuites pénales engagées contre Bill Cosby pour agression sexuelle, malgré les contestations de ses avocats, ouvrant la voie à un probable premier procès du fameux comédien au pénal.

Bill Cosby est accusé d'agression sexuelle par des dizaines de femmes, mais toutes les autres procédures dont il fait l'objet se déroulent devant des juridictions civiles, ce qui signifie notamment qu'il n'encourt pas de peine d'emprisonnement.

Une audience préliminaire à un procès a été fixée au 8 mars.

Le juge Steven O'Neill n'a pas suivi la ligne des avocats de Bill Cosby, qui faisaient valoir que pour entamer des poursuites, le procureur du comté de Montgomery, en Pennsylvanie, Kevin Steele, avait violé un engagement pris par l'un de ses prédécesseurs, Bruce Castor.

Interrogé mardi, Bruce Castor avait indiqué avoir renoncé à poursuivre le créateur du Cosby Show au moment de la révélation des faits présumés, en 2005, pour permettre à la victime présumée, Andrea Constand, d'obtenir réparation au civil.

Mis en cause depuis des mois par des dizaines de femmes, l'acteur a été inculpé le 30 décembre d'agression sexuelle aggravée sur la personne d'Andrea Constand, en 2004.

Se pensant à l'abri de poursuites, Bill Cosby avait accepté à l'époque d'être interrogé dans le cadre de la procédure civile.

Dans ce témoignage, il reconnaissait avoir donné une pilule à Andrea Constand, puis avoir caressé sa poitrine et s'être livré à des attouchements sexuels.

Bruce Castor... (PHOTO AP) - image 2.0

Agrandir

Bruce Castor

PHOTO AP

Il affirmait néanmoins que la relation était consentie et que la jeune femme n'avait jamais manifesté son opposition.

Ce sont ces éléments que Kevin Steele entend utiliser pour mener Bill Cosby au procès.

Une promesse contestée 

Durant deux jours, les avocats du comédien se sont appuyés sur les propos de Bruce Castor pour démontrer que le ministère public avait bien pris l'engagement irrévocable de ne pas inculper celui qui fut longtemps une figure morale de l'Amérique noire.

Kevin Steele leur a opposé de nombreux témoignages, qui ont affaibli la portée de cet engagement.

Certaines déclarations ou écrits de Bruce Castor laissaient entrevoir une certaine ambiguïté sur la nature exacte de ses intentions, selon son successeur.

Kevin Steele a également fait citer les deux avocates d'Andrea Constand, qui ont dit n'avoir pas été au courant de l'existence d'une promesse du procureur de l'époque et n'avoir jamais été formellement informées de la décision de Bruce Castor.

Elles ont raconté que l'audition de Bill Cosby dans le cadre de la procédure civile avait été «extrêmement contentieuse» et que celui qui incarna le fameux docteur Cliff Huxtable à la télévision s'était montré fort peu coopératif.

L'affaire se déroule sur fond de rivalité entre Bruce Castor et Kevin Steele. Les deux hommes étaient candidats au poste de procureur à l'automne dernier.

Kevin Steele... (PHOTO AP) - image 3.0

Agrandir

Kevin Steele

PHOTO AP

Kevin Steele l'a emporté après avoir notamment assuré publiquement qu'il engagerait des poursuites contre Bill Cosby, reprochant à Bruce Castor de ne pas l'avoir fait lorsqu'il était lui-même procureur (2000-2008).

Mercredi, le juge Steven O'Neill a également rejeté une autre demande de la défense de Bill Cosby, qui souhaitait écarter le procureur Kevin Steele d'un éventuel procès.

Les avocats de l'acteur lui reprochaient d'avoir instrumentalisé le dossier à des fins électoralistes.

Sollicitée par l'AFP, la défense de Bill Cosby s'est refusé à tout commentaire.

Costume couleur terre, cravate rayée, Bill Cosby est de nouveau apparu détendu mercredi, se laissant même parfois aller à son fameux sourire qui a longtemps bercé l'Amérique.

À 78 ans, il est néanmoins amoindri par une quasi-cécité. Avant l'audience, il lui est ainsi arrivé de parler dans le vide, croyant que ses conseils étaient à ses côtés.

Lors de son audition mercredi, l'une des avocates d'Andrea Constand, Dolores Troiani, l'a décrit comme un personnage manipulateur et agressif.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires : Arts

Tous les plus populaires de la section Arts
sur Lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer