Attentats: les artistes tous du même sang

Le Bataclan - qui tire son nom d'une... (PHOTO AFP)

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Le Bataclan - qui tire son nom d'une «chinoiserie musicale» écrite par Jacques Offenbach en 1855, lisait-on hier sur le site du Monde - est l'une des salles «mythiques» de Paris.

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Attaques à Paris
Attaques à Paris

Notre dossier spécial sur les attentats qui ont fait au moins 129 morts à Paris, le 13 novembre 2015. »

Daniel Lemay
La Presse

Des célèbres coquilles de l'Opéra de Sydney à la glace du Centre Bell, en passant par l'Empire State Building, le drapeau français s'affichait partout samedi soir, au lendemain des attaques islamistes de Paris. Même le Christ rédempteur de Rio de Janeiro arborait la tunique tricolore, en appui au peuple français autant qu'à la mémoire des victimes de cette opération planifiée et menée de sang-froid jusqu'à ses funestes conclusions.

À Stockholm, l'interprétation de Madonna - petite guitare à la main - de La vie en rose a pris une nouvelle signification. Placido Domingo a fait jouer La Marseillaise au New York Opera et on a aussi chanté l'hymne national français au Centre national des arts, à Ottawa.

Au festival Coup de coeur francophone qui se terminait hier, il n'y a pas eu de minute de silence ni rien du genre, mais les artistes ont été nombreux à évoquer la tragédie. Selon Steve Marcoux, programmateur de CCF, une des interventions les plus senties est venue de Serge Brideau, le chanteur du groupe acadien Les Hôtesses d'Hilaire qui se produisait au Lion d'or vendredi soir alors que le monde commençait à découvrir l'ampleur du drame parisien. Le message de Brideau? Résistons à la tentation de nous isoler et laissons parler la musique. Et celle des Hôtesses parle fort...

Comme la musique des Eagles of Death Metal qui, quelques heures avant, étaient sur la scène du Bataclan «où étaient rassemblés des centaines d'idolâtres dans une fête de perversité», peut-on lire dans le communiqué du groupe État islamique réclamant la paternité des attentats.

Le Bataclan - qui tire son nom d'une «chinoiserie musicale» écrite par Jacques Offenbach en 1855, lisait-on hier sur le site du Monde  - est l'une des salles «mythiques» de Paris, non seulement en raison de sa longue histoire mais de la multitude d'artistes de tous genres qui s'y sont produits. Parmi les Québécois qui ont tenu l'affiche au Bataclan: Robert Charlebois et Beau Dommage, ces derniers le soir même du deuxième référendum sur la souveraineté du Québec, le 30 octobre 1995.

Dans l'échelle des «mythes», l'équivalent montréalais du Bataclan serait le Metropolis où se présentent les plus grands noms du rock et de la pop internationale.

Ainsi, St Germain a lancé son album Real Blues le mois dernier au Bataclan et la star française de l'électro jazz sera au Metropolis en avril prochain dans le cadre de Jazz à l'année. Faut-il rappeler par ailleurs que la grande salle de la rue Sainte-Catherine a connu son heure sombre quand, le soir de l'élection de Pauline Marois comme première ministre du Québec, le 4 septembre 2012, Richard Henry Bain a ouvert le feu dans les coulisses, tuant le technicien de scène Denis Blanchette.

Des cibles pro-israéliennes?

À Paris, comprend-on à la lecture des reportages, c'est le Bataclan lui-même qui aurait pu être ciblé parce que la salle a longtemps appartenu à des propriétaires juifs, perçus comme «sionistes» parce qu'on y présentait des galas au bénéfice de la police des frontières israélienne. Ce qui avait provoqué de fortes réactions dans les rangs des militants pro-palestiniens.

Dans le même ordre d'idées, Eagles of Death Metal - le death metal est un sous-genre extrême du rock heavy metal - a résisté aux pressions des groupes prônant le boycottage d'Israël et a donné un spectacle au Barby Club de Tel-Aviv, en juillet dernier. Vendredi, aucun des musiciens du groupe californien n'a été blessé mais son préposé aux ventes de produits dérivés compte parmi les 80 morts du Bataclan.

Depuis samedi, un site britannique encourage les gens à voter pour que les Eagles of Death Metal se retrouvent en première place de l'un des principaux palmarès du pays, vendredi prochain. Avec une reprise d'un hit de 1982 du groupe Duran Duran: Save a prayer... «Cette prière pour moi, garde-la pour demain».

Au cours des prochains jours, les artistes de partout, de retour sur scène, appelleront à la solidarité, au partage et à la fraternité. À la résistance aussi. Certains le feront pour la posture - que de «photo op»! -, d'autres parce qu'ils y croient profondément.

Entre-temps, Madonna résume le sentiment de millions d'habitants de la Terre: «Nous saignons tous de la même couleur».

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