Le cri troublant de la grue

La chanteuse Lousnak... (Photo: Robert Skinner, La Presse)

Agrandir

La chanteuse Lousnak

Photo: Robert Skinner, La Presse

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Daniel Lemay
La Presse

Beyrouth-Londres-Paris-Montréal. Itinéraire de jet-setter? Peut-être, mais parlons plus ici du trajet de paix qu'ont suivi dans les années 80 Hamo Abdalian et sa famille, pour finalement s'établir dans le secteur à Saint-Laurent-Cartierville, comme le gros de la communauté arménienne montréalaise.

Lousnak Abdalian est graphiste de formation, tout comme ses frères et son père, qui a dû aller travailler au Jordan Times après l'invasion israélienne du Liban en 1982. Aucune des factions belligérantes du temps - OLP, Phalanges, etc. - n'était particulièrement friande de ses caricatures politiques... Après avoir réuni des dollars à Amman, il est parti pour l'Angleterre, où l'ont suivi sa femme et ses trois enfants.

Ici, Lousnak a travaillé au Montreal Magazine, a conçu des accessoires pour la télé tout en développant ses vastes talents, qui l'ont menée de la peinture à la sculpture et à la photographie, de la musique au cinéma: elle a joué entre autres dans le film Ararat d'Atom Egoyan.

«Je suis une artiste multidisciplinaire», nous dira-t-elle une fois attablée avec son thé à la menthe «sans thé» dans un café kurde de la Côte-à-Baron (rue Saint-Denis), où elle a ses habitudes. Elle arrivait de Radio-Canada où, avec la soprano colorature Aline Kutan, elle avait participé à l'émission de Patrick Masbourian, d'origine arménienne comme ses invitées de mardi, pour parler du centenaire du génocide arménien et des événements qui, à Montréal, souligneront ce douloureux anniversaire.

Depuis 1999, Lousnak organise chaque printemps un spectacle-événement intitulé Parlons génocides. Pas très vendeur comme nom, mais là n'est pas l'essence... Le génocide des Arméniens par les armées de l'Empire turc ottoman - 1,2 million de morts avant et pendant la Première Guerre mondiale - a été le premier génocide du XXe siècle, mais pas le dernier. L'année 2015 marque aussi le 70e anniversaire de la libération des camps de concentration allemands, où sont morts des centaines de milliers de juifs, ainsi que le 20e anniversaire du massacre de Srebrenica, où l'Armée de la république serbe de Bosnie a éliminé quelque 8000 musulmans bosniaques en 1995.

«Enfant, au Liban, pendant qu'ils jouaient au backgammon, j'entendais les hommes parler des massacres et de l'expulsion des Arméniens. J'en ai gardé un sentiment de profonde injustice. Cela m'affecte encore beaucoup...»

Aujourd'hui, le 22 avril, Lousnak, «militante du souvenir», réunira à la Sala Rossa une vingtaine d'artistes de toutes allégeances. Pour garder vive la mémoire et, on peut supposer, l'espoir que l'homme arrivera un jour à vaincre ces instincts qui le rendent si dangereux pour ses congénères. Sur scène, entre autres: Karen Young, Jessica Vigneault, Paul Kunigis, Yves Desrosiers et Alexandre Éthier, fondateur du groupe Forestare.

L'artiste de Saint-Sauveur y interprétera une ou deux chansons de son nouveau CD, Le cri de la grue. Pourquoi la grue? «La grue, créature au cri si troublant, est l'oiseau sacré de l'Arménie...» Dans sa langue maternelle et en français, Lousnak chante des chansons de douleur et d'exil inspirées du répertoire traditionnel arménien, un corpus restauré au début du XXe siècle par le compositeur et cantor Komitas, auteur lui-même du poème chanté Grunk (La grue).

«Grue, n'as-tu pas une petite nouvelle de notre pays?»

Louise Richer... (PHOTO OLIVIER PONTBRIAND, ARCHIVES LA PRESSE) - image 2.0

Agrandir

Louise Richer

PHOTO OLIVIER PONTBRIAND, ARCHIVES LA PRESSE

Aux Mercuriades

Louise Richer, directrice générale de l'École nationale de l'humour, a remporté jeudi dernier, au prestigieux gala des Mercuriades de la Fédération des chambres de commerce du Québec, le Mercure Leadership Germaine-Gibara dans la catégorie Petites et moyennes entreprises. Mme Richer, qui dirige l'ÉNH depuis sa fondation en 1988, a exprimé son désir de faire accepter l'humour comme vecteur de mieux-être dans les entreprises. Si quelqu'un peut faire entrer les comiques dans la business, aux côtés du grand art, c'est elle! Isabelle Marcoux, présidente du conseil de Transcontinental, est repartie avec le Mercure Leadership de la catégorie Grande entreprise (voir fccq.ca).

Venu présenter la première prestation publique d'un extrait du musical Grease qui sera présenté en juin au St-Denis, Gilbert Rozon, pour sa part, a d'abord montré à l'assistance sa propension au néologisme en parlant de la nécessité de tout regroupement, artistique, d'affaires ou autre, de «piédestaliser» ses plus brillants sujets, c'est-à-dire de les mettre sur un piédestal pour en faire des modèles pour leurs pairs. Le nom doit être piédestalisation...

Puis, le patron de Juste pour rire, plus qu'à l'aise au micro, a déridé les 900 convives avant de laisser la place à la musique. «Ne criez pas «En français!» Ça sert à rien: la chanson est en anglais.» M. Rozon faisait bien sûr allusion à l'un des incidents qui ont marqué jusqu'ici la campagne de Pierre Karl Péladeau à la direction du Parti québécois. Assistant au spectacle de Groenland en février aux Quartiers d'hiver du Festival de musique émergente de Rouyn-Noranda, M. Péladeau avait crié «En français!» durant une pièce de ce groupe montréalais qui chante en anglais. Malaise...

Jeudi, Annie Villeneuve et Jason Roy-Léveillé ont chanté You're the One That I Want (littéralement: «C'est toi que je veux»), un thème que, si la tendance se maintient, les délégués du PQ chanteront souvent à Pierre Karl Péladeau au cours du mois de mai.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires : Arts

Tous les plus populaires de la section Arts
sur Lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer