Une musicienne se confie sur les allégations contre Charles Dutoit

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Mary Lou Basaraba accuse Charles Dutoit de s'être jeté sur elle en l'embrassant et en lui faisant des attouchements pendant qu'elle l'interviewait à titre de journaliste à la fin de 1977 ou au début de 1978.

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Victoria Ahearn
La Presse Canadienne

Une musicienne canadienne qui est parmi les nombreuses femmes à accuser le chef d'orchestre Charles Dutoit d'agression sexuelle dit être «inquiète et nerveuse» des conséquences juridiques de son témoignage, bien qu'elle soit convaincue que c'était la bonne chose à faire.

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Charles Dutoit en 2011

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Mary Lou Basaraba accuse M. Dutoit, qui était le directeur artistique de l'Orchestre symphonique de Montréal entre 1977 et 2002, de s'être jeté sur elle en l'embrassant et en lui faisant des attouchements pendant qu'elle l'interviewait à titre de journaliste à la fin de 1977 ou au début de 1978.

«J'ai fait face à beaucoup d'anxiété, je n'ai pas été capable de bien dormir», a-t-elle raconté en entrevue téléphonique, vendredi, la voix étreinte par l'émotion.

La Presse canadienne n'identifie généralement pas les femmes qui se disent victimes d'agression sexuelle, mais dans ce cas, Mme Basaraba a accepté d'être nommée.

«Alors que j'en parle à toute personne qui semble s'en soucier et éprouver de l'empathie, après cela, je suis bouleversée. J'ai de l'empathie universelle pour toutes les femmes qui ont dénoncé», a-t-elle soutenu.

L'artiste, qui est maintenant chef de choeur pour la Philharmonique de Californie et pour l'Orchestre Golden State Pops, dit avoir senti la nécessité de parler après avoir lu l'histoire de la mezzo-soprano Paula Rasmussen, qui accuse aussi M. Dutoit d'agression sexuelle.

«J'avais vraiment à coeur d'appuyer son histoire, parce qu'elle avait le même âge que moi, 14 ans auparavant», a-t-elle souligné.

«À ce moment, je songeais à l'histoire de Paula, et je me disais: »Être dans sa situation à ce moment devait être insoutenable, comme ce devait l'être pour tous les musiciennes et chanteuses qui ont dénoncé»», a-t-elle déclaré, mentionnant le fait que le chef d'orchestre «avait une influence directe sur leur carrière».

Mme Basaraba n'a pas sollicité les services d'un avocat et ne prévoit pas poursuivre Charles Dutoit, mais elle était bien décidée à le dénoncer.

L'histoire de Mme Basaraba a été exposée dans les médias jeudi par l'Associated Press, qui faisait état de nouvelles allégations contre M. Dutoit. Dans ce reportage, six autres femmes accusaient le chef d'orchestre de les avoir agressées sexuellement aux États-Unis, en France et au Canada. On retrouvait parmi ces femmes une autre Canadienne: la soprano Pauline Vaillancourt.

Ces six femmes disaient avoir été influencées par le témoignage de trois autres personnes, qui alléguaient avoir été touchées et embrassées de force par M. Dutoit.

Le chef d'orchestre de 81 ans a nié en bloc ces allégations, mais huit orchestres importants ont pris leurs distances et deux d'entre eux ont ouvert leurs propres enquêtes.

«Maestro, maestro, non»

Mme Basaraba dit avoir rencontré M. Dutoit en 1977, à l'âge de 24 ans, lorsqu'il s'est joint à l'Orchestre symphonique de Montréal. Elle l'avait alors interviewé dans un studio de radio montréalais.

Quelques mois plus tard, l'Orchestre symphonique de Montréal (OSM) lui a demandé de réaliser une entrevue avec M. Dutoit pour son magazine maison, à l'hiver 1977-1978, selon son récit. On lui a dit alors que M. Dutoit avait expressément demandé que ce soit cette jeune journaliste qui mène l'entrevue, chez lui.

Lorsqu'il lui a répondu à la porte, il était échevelé et son pantalon était défait, a-t-elle relaté.

«Je me suis dit: »Ça ne me semble pas prometteur«. Mais je suis entrée, il a pris mon manteau, m'a conduit au sofa, et s'est immédiatement jeté sur moi et a commencé à me faire des attouchements. Il m'a touché les seins, l'entrejambe et a enfoncé sa langue dans ma gorge», a-t-elle affirmé en entrevue.

«J'étais totalement sous le choc. J'avais mon équipement sur la table à café, et j'ai dit: »Maestro, maestro, non. Je suis ici pour une entrevue. Lâchez-moi.« Il a continué, mais il m'a éventuellement lâchée», s'est-elle souvenue.

«Croyant qu'il avait compris le message», Mme Basaraba a suggéré de faire tout de même l'entrevue. Selon son récit, ils seraient allés à un restaurant, mais à leur retour à l'appartement il lui aurait «fait la même chose».

Le chef l'aurait ensuite escortée jusqu'à un taxi et lui aurait dit: «Je vous trouve très charmante. J'aimerais bien que vous deveniez la femme de ma vie pendant mes séjours à Montréal».

Selon l'Associated Press, l'ex-mari de Mme Basaraba, le chef d'orchestre Clyde Mitchell et son amie Nancy Newman, ont confirmé sa version.




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