Montréal symphonique: la musique qui déplace les montagnes

Montréal symphonique sera présenté au pied du mont... (PHOTO OLIVIER PONTBRIAND, LA PRESSE)

Agrandir

Montréal symphonique sera présenté au pied du mont Royal, au sud du monument à sir George-Étienne Cartier.

PHOTO OLIVIER PONTBRIAND, LA PRESSE

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Le 19 août, à 21 h 07 précises, Montréal va vivre un événement probablement unique au monde : la réunion de trois orchestres symphoniques sur la même scène au pied du mont Royal. Les trois vont mettre leur rivalité professionnelle de côté au nom de la musique et de leur attachement à Montréal. De quoi déplacer la montagne, sinon la faire vibrer.

Le producteur Nicolas Lemieux est l'initiateur de Montréal symphonique,... (PHOTO EDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE, LA PRESSE) - image 1.0

Agrandir

Le producteur Nicolas Lemieux est l'initiateur de Montréal symphonique, événement qui réunira sur la même scène trois orchestres symphoniques. Le chef Simon Leclerc a été choisi pour diriger les musiciens.

PHOTO EDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE, LA PRESSE

Sous la direction du chef Simon Leclerc, ces trois formations - l'Orchestre symphonique de Montréal (OSM), l'Orchestre Métropolitain (OM) et l'Orchestre symphonique de McGill - vont offrir aux Montréalais deux heures de musique symphonique, classique et pop. Deux heures de musique continue, sans prix d'entrée, sans animateur, mais avec une armée de près de 300 musiciens, un choeur d'une centaine de choristes et 20 artistes montréalais, dont Coeur de pirate, Patrick Watson et DJ Champion.

Ce projet aussi colossal que fou a germé il y a trois ans dans l'esprit du producteur Nicolas Lemieux, PDG de GSI Musique. Il a soumis son projet au comité de sélection de la Société des célébrations du 375anniversaire de Montréal sans trop se faire d'illusions. « J'étais convaincu que le projet serait refusé parce que trop gros et trop capoté », raconte le très jovial producteur dont les ambitions sont à la mesure du gabarit.

Contre toute attente, le comité a été séduit par cette proposition parfaitement mégalo nécessitant en tout premier lieu l'adhésion des trois orchestres, l'arrimage de leurs conventions collectives et la bénédiction de leurs chefs respectifs, écartés d'office du projet.

Comme l'explique Simon Leclerc, le chef qui aura l'imposante tâche de diriger les trois orchestres en même temps, « il fallait un chef rassembleur, mais qui n'appartenait pas à un orchestre en particulier. Si Kent Nagano avait été choisi, les musiciens de l'OSM auraient été heureux, mais peut-être pas ceux de l'OM. Et inversement, si on avait choisi Yannick Nézet-Séguin, peut-être qu'il y aurait eu de la grogne avec les musiciens de l'OSM ou de McGill. »

UN PROJET COLOSSAL

Autrement dit, le projet était déjà assez complexe au départ pour qu'on n'y rajoute pas une couche de complications. Chose étonnante : les trois orchestres ont donné leur aval assez rapidement. Il ne restait plus qu'à concrétiser un projet colossal qui, outre les trois orchestres et leurs 300 musiciens, fera travailler une armée de techniciens et d'ouvriers et qui a demandé à Simon Leclerc des heures et des heures d'arrangements, d'orchestrations et de composition.

Parce que plusieurs têtes valent mieux qu'une, Lemieux a réuni autour de lui un comité consultatif artistique, formé de l'animatrice de radio Monique Giroux, de la metteure en scène d'humour Josée Fortier, de Sylvie Rémillard (qui a souvent monté les gros spectacles de la fête nationale), du chef Simon Leclerc et du réalisateur télé Jocelyn Barnabé.

Tout ce beau monde a réfléchi à une thématique. Il a été question pendant un temps de reprendre L'Heptade d'Harmonium. L'idée a été abandonnée et remplacée par le thème des quatre saisons, auxquelles s'ajoutera, en finale, une cinquième saison, celle-là plus astrale que terrestre avec l'apparition d'une muse, voire d'une extraterrestre qui pourrait fort bien être Diane Dufresne, chanteuse qui n'était pas des spectacles de la Saint-Jean sur le mont Royal en 1975 et 1976.

En effet, détail important, Nicolas Lemieux a décidé qu'aucun des artistes québécois - Vigneault, Deschamps, Charlebois ou Forestier - qui ont chanté sur la montagne dans les années 70 ne ferait partie du Montréal symphonique de 2017. « Ces artistes-là ont connu un magic moment que personne ne pourra reproduire », explique-t-il.

« Je me suis dit qu'il fallait offrir l'occasion de vivre un moment aussi magique et historique aux jeunes artistes d'aujourd'hui dans un contexte très différent et dans un show qui ne sera pas politique, mais purement artistique. »

- Nicolas Lemieux, initiateur de Montréal symphonique

Les logos des orchestres tout comme ceux des commanditaires seront bannis du parc Jeanne-Mance de même que les chansons sur Montréal, trop prévisibles ou trop entendues depuis le début de l'été.

Dès le 1er août, une batterie d'ouvriers entamera la construction d'une scène de 124 pi de largeur et de 56 pi de profondeur au sud du monument à sir George-Étienne Cartier. La scène sera entourée d'une forêt de tubes en carton qui serviront d'écran aux projections du studio multimédia Normal.

Moins connu que Moment Factory, le studio Normal a pourtant fait sa renommée ici avec le Cirque du Soleil (la tournée Toruk), le projet Cité Mémoire, les galas de l'ADISQ et le TNM. Cette fois, le dispositif scénique, imaginé par le concepteur multimédia Philippe Belhumeur, pourra passer à la fois pour un orgue géant ou pour la silhouette inversée de Montréal. « C'est une scénographie aérienne qui permettra de regarder les projections tout en apercevant le profil de Montréal à l'arrière », explique Sophie Montmagny, productrice chez Normal. Quant au réalisateur Fred Cordier, responsable du contenu visuel des projections, il a cherché avant tout à créer une ambiance à travers chaque tableau.

« Ce que je voulais éviter à tout prix, c'est la pizza visuelle avec une chanson, un look. Nous passerons plutôt d'une saison à l'autre en jouant sur les couleurs et la lumière et en évitant les clichés comme la neige qui tombe pour décrire l'hiver. Les Montréalais sont des gens créatifs, alors on va y aller à fond dans la créativité. »

21 h 07, HEURE SYMBOLIQUE

Nicolas Lemieux attend entre 60 000 et 70 000 personnes le soir du 19 août au pied de la montagne et sur l'avenue du Parc, fermée pour l'occasion. Mais pour une fois, les absents n'auront pas tort. Le producteur a prévu l'installation d'écrans géants qui retransmettront le concert en direct dans les parcs de 19 arrondissements, de même qu'à ICI Musique et sur les ondes de CBC Radio. Et pour ne rien laisser au hasard, le producteur a consulté la météo des 10 dernières années pour la même date. Pendant la décennie, il n'y a qu'une fois où la pluie s'est invitée un 19 août.

Reste que pluie ou beau temps, Montréal symphonique aura lieu coûte que coûte à la date prévue. Le tout débutera à 21 h 07 précises, une heure symbolique pour le producteur. Il y a cinq ans, son père, atteint du cancer, est mort à la même heure. Ce soir-là, le temps s'est arrêté pour Nicolas Lemieux. Il s'arrêtera de nouveau le 19 août, mais cette fois dans la fièvre d'une fête où la musique symphonique sera souveraine et où la seule pluie permise sera une pluie de perséides.




À découvrir sur LaPresse.ca

publicité

publicité

Les plus populaires : Arts

Tous les plus populaires de la section Arts
sur Lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer