Andrea Chénier ouvrira la prochaine saison de la Scala

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Alexander Pereira, directeur artistique et surintendant de la Scala, lors d'une conférence de presse mercredi.

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Céline Cornu
Agence France-Presse
Milan

Andrea Chénier d'Umberto Giordano ouvrira en décembre la saison 2017-2018 de la Scala de Milan, qui continue de mettre en valeur la tradition italienne, avec huit opéras sur les 15 présentés.

«Ce théâtre est devenu célèbre avec le répertoire italien. Sans perdre de vue le répertoire international, je dois faire plus attention, mettre de l'énergie dans le grand répertoire italien, avec aussi le bel canto et le vérisme», a expliqué le directeur artistique et surintendant de la Scala, Alexander Pereira, lors d'une conférence de presse mercredi.

La soirée d'ouverture, un des moments-clés de la vie culturelle italienne, se tient chaque année le 7 décembre, jour de la Saint-Ambroise, le saint-patron de Milan.

Après Madame Butterfly l'an passé, la Scala a choisi Andrea Chénier, opéra vériste qui fut créé dans ce même théâtre en 1896 et qui s'inspire de la vie du poète André Chénier, guillotiné en 1794 sous la Terreur.

L'oeuvre, qui n'a plus été présentée à Milan depuis 1985, sera dirigée comme alors par Riccardo Chailly, le directeur musical de la Scala, dans une mise en scène de Mario Martone. Parmi les interprètes: la célèbre diva russe Anna Netrebko et son mari, le ténor Yusif Eyvazov.

Cette oeuvre, «un drame historique», «m'a toujours fasciné par sa beauté et sa complexité musicale», a souligné Riccardo Chailly, qui fêtera en 2018 ses 40 ans de collaboration avec la Scala.

Le 24 janvier 1978, le chef d'orchestre avait été appelé pour remplacer Gianandrea Gavazzeni, malade, pour diriger I masnadieri, le début d'un long parcours. Au total, il maestro Chailly a dirigé 18 opéras à la Scala, dont il est devenu directeur principal en 2015, puis directeur musical en 2016.

Parmi les autres oeuvres italiennes figurent Simon Boccanegra de Verdi, sous la direction de Myung-Whun Chung, Francesca da Rimini, de Riccardo Zandonai, avec la soprano uruguayenne Maria José Siri, qui avait été chaudement applaudie ici-même pour son interprétation de Madame Butterfly.

Création de György Kurtag

À l'occasion des 95 ans de Franco Zeffirelli, la Scala reprendra sa mise en scène d'Aïda de Verdi, datant de 1963, entrée dans l'histoire selon le théâtre par «sa réinterprétation raffinée d'une Égypte imaginée à travers les descriptions pittoresques du Second Empire».

Du côté des oeuvres contemporaines, le théâtre milanais clôturera sa saison avec Fin de partie, un opéra composé ces dernières années par le Hongrois György Kurtag, d'après le drame éponyme de Samuel Becket.

Considéré comme l'un des plus grands compositeurs en vie, György Kurtag, âgé de 91 ans, n'avait jusqu'à présent jamais écrit d'opéra, mais la ténacité d'Alexander Pereira l'a convaincu.

Cet opéra sera présenté en novembre 2018, en première mondiale, sous la direction de Markus Stenz.

La Scala fera aussi la part belle au répertoire international, avec Fierrabras de Schubert, sous la baguette de Daniel Harding, Fidelio de Beethoven, sous la direction de Myung-Whun Chung, Elektra de Richard Strauss ou encore Die Fledermaus (La chauvre-souris) de l'autrichien Johann Strauss.

Cet opéra est présenté pour la première fois à la Scala, s'est réjoui M. Pereira, qui s'est dit surpris d'une telle absence jusqu'alors, lui qui en tant que Viennois a «un peu grandi avec cette oeuvre», un «opéra bouffe, unique par sa complexité musicale et théâtrale» et très «divertissant».

Concernant la santé financière de la Scala, le maire de Milan, Giuseppe Scala, a fait état d'une bonne gestion avec des «comptes en ordre», tout en encourageant M. Pereira à faire encore mieux.

M. Pereira a indiqué qu'un tiers du budget - qui s'élève à quelque 120 millions d'euros - venait de la billetterie, un autre de fonds publics et le dernier tiers de fonds privés, faisant de la Scala le deuxième théâtre au monde en termes de contributions venues de privés, derrière le Metropolitan de New York.

«On peut toujours faire plus. Chaque jour, on doit recommencer de zéro», a dit le surintendant, en soulignant qu'il fallait toujours savoir «se réinventer».




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