Marina Thibeault: altiste, pas violoniste

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Depuis quelque temps déjà, un nom circule partout dans le milieu de la musique classique : celui de Marina Thibeault. L'altiste de 27 ans, nommée Révélation Radio-Canada 2016-2017, vient de lancer son tout premier album sous étiquette ATMA Classique et donnera un récital en compagnie de Stéphane Tétreault et du pianiste Maxim Bernard, dimanche, à la salle Bourgie.

Toquade, de Marina Thibeault et Janelle Fung... (Image fournie par ATMA) - image 1.0

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Toquade, de Marina Thibeault et Janelle Fung

Image fournie par ATMA

Le jour de sa sortie, l'album Toquade de Marina Thibeault était déjà numéro 4 au Canada des ventes d'iTunes. La fière ambassadrice de son instrument, qui a enregistré cet album grâce à son prix de Radio-Canada, veut démystifier l'alto. En effet, comparé au violon, l'alto est un souvent vu comme le grand frère oublié, l'instrument méconnu faisant l'objet de nombreuses blagues.

« Nous sommes un peu en retard au Canada à cet égard, car en Europe et aux États-Unis, il y a plus d'altistes solistes. Ici, les bons altistes ont surtout fait des carrières orchestrales ou dans l'enseignement. Ce que j'ai voulu faire, pendant l'année où j'étais Révélation Radio-Canada, c'est de faire mieux connaître l'alto. Les gens pensent encore que je joue du violon. On dit encore "violon alto" dans certains médias. En même temps, j'espère qu'on aura bientôt passé à une autre étape et qu'on pourra faire progresser d'autres enjeux. »

Elle espère justement faire avancer d'autres causes, notamment par le truchement du doctorat qu'elle entreprendra à McGill, en septembre.

« Je souhaite être plus engagée socialement dans ma démarche artistique et contribuer à la diversité en musique classique, relativement aux genres, aux groupes ethniques et aux identités sexuelles. Je me pose souvent des questions lorsque je regarde les programmations des orchestres, séries et festivals. Je ne vois pas seulement qui est programmé, mais aussi qui ne l'est pas. J'étudierai davantage ce sujet lors de mon doctorat. Entre-temps, je collabore avec Jeffrey Mumford, compositeur afro-américain, sur un concerto pour alto et orchestre, et avec plusieurs compositrices, qui seront incluses sur mon prochain album. »

PARCOURS

Marina Thibeault a grandi à Québec. Elle a commencé le violon à 9 ans, au Conservatoire, et a changé d'instrument pour l'alto à 15 ans. Deux ans plus tard, à 17 ans, elle était acceptée au prestigieux Curtis Institute of Music, à Philadelphie.

« C'est vraiment grâce à mon professeur, François Paradis, qui m'a donné trois leçons par semaine », dit-elle.

Après ses études aux États-Unis et une année en Suisse, elle est revenue au bercail et a joué avec Les Violons du Roy pendant quelques années avant d'entreprendre sa maîtrise à l'Université de Montréal.

« Ma carrière de rêve a toujours été d'enseigner tout en continuant à donner des récitals en solo ou en musique de chambre. »

- Marina Thibeault

Sur l'album Toquade, elle joue déjà une oeuvre d'une compositrice, la Montréalaise Ana Sokolovic. Quant à la pièce-titre du disque, Toquade, elle a été composée spécialement pour elle par Jean Lesage.

« Il y a beaucoup de répertoire pour alto qui est sombre, méditatif et triste. J'avais dit à Jean que j'aimerais qu'on amène quelque chose de plus enthousiaste, lumineux, virtuose. Il m'a vraiment écoutée. Le titre me va bien aussi, car ma grand-mère dit souvent que je suis toquée ! »

Les autres oeuvres figurant sur l'album sont de Tchaïkovski, Glinka, Hindemith, Martinu et Kymlicka. L'altiste est accompagnée par la pianiste Janelle Fung.

« Pour un premier disque, je voulais que mon programme soit significatif et démontre les possibilités et l'évolution de l'alto à travers le temps où il a été et vers où il s'en va. » 

- Marina Thibeault

« L'alto se rapproche davantage de la voix humaine que le violon, poursuit-elle. C'est cela qui m'a charmée, au départ. Il a certaines sonorités un peu aigres dans l'aigu, mais c'est bien équilibré par des basses chaleureuses et timbrées. C'est un instrument doté d'un spectre très contrastant. »

RÉCITAL DE MUSIQUE DE CHAMBRE

Dimanche, Marina Thibeault se joindra à deux autres jeunes musiciens de talent pour un trio de choc présenté par Pro Musica : Stéphane Tétreault et Maxim Bernard.

« Nous allons jouer une oeuvre de Brahms, le Trio op. 114 composé à l'origine pour piano, clarinette et violoncelle. L'alto remplace la clarinette. Dans le trio, on a deux rôles qui ressemblent à nos personnalités, Stéphane et moi. Le violoncelle est bouillant et passionné, tandis que l'alto est plus tendre et intime. On peut rester nous-mêmes. C'est vraiment génial de jouer avec des musiciens aussi doués qu'eux. »

Elle jouera également la Sonate op. 31 no 4 d'Hindemith, qui figure sur son album. Stéphane Tétreault et Maxim Bernard interpréteront la célèbre Sonate en la majeur de Franck, transcription pour violoncelle et piano.

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À la salle Bourgie, dimanche, 15 h 30

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CLASSIQUE

Toquade

Marina Thibeault et Janelle Fung

ATMA




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