Saison 2017-2018 de l'OCNA: les symphonies héroïques

Étoile montante de la direction d'orchestre, la cheffe... (Courtoisie, Todd Rosenberg Photography)

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Étoile montante de la direction d'orchestre, la cheffe newyorkaise Karina Canellakis apprivoisera l'OCNA, le temps d'un concert consacré à Bartók, Dvorák et Smetana.

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Le Centre national des arts (CNA) accueillera - encore une fois - quelques-uns des meilleurs solistes du monde set plusieurs chefs célèbres, au cours d'une saison 2017-2018 qui s'annonce particulièrement « héroïque ». Sur le point technique, d'une part, mais également de par la nature des thèmes et figures héroïques qui hanteront les partitions sélectionnées par le directeur artistique de l'orchestre du CNA (OCNA), Alexander Shelley.

Ce sont sans doute les noms du violoniste Itzhak Perlman, du pianiste Lang Lang ou du saxophoniste Branford Marsalis qui attirent l'oeil en premier. Voire ceux d'Emanuel Ax, Stephen Hough, Pinchas Zukerman et John Storgårds (à titre de chef invité récurrent).

Mais, d'emblée, on notera aussi que cette programmation dévoilée samedi 4 mars fait la part belle aux femmes.

La pianiste, Béatrice Rana... (Courtoisie) - image 2.0

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La pianiste, Béatrice Rana

Courtoisie

Aux nombreuses musiciennes solistes invitées - les violonistes Alina Ibragimova, Karen Gomyo et Jessica Linnebach ; les pianistes Alice Sara Ott, Beatrice Rana et Angela Hewitt, la violoncelliste Harriett Krijgh, - se grefferont en cours de saison deux femmes chef d'orchestre.

 La jeune (35 ans !) cheffe new-yorkaise Karina Canellakis, dont les critiques ne cessent de saluer le talent renversant, dirigera Jessica Linnebach dans un programme réunissant Bartók, Dvorák et Smetana. La réputée cheffe chinoise Xian Zhang mettra sa baguette au service de Mozart, Rossini et Beethoven en compagnie du pianiste Louis Lortie

« Il y a de nombreuses cheffes d'orchestre, à présent. Il y a trente ans, on leur proposait peu d'opportunité, mais les choses ont lentement changé », estime le chef Shelley, ravi d'ajouter sa pierre à l'édifice vers la parité. 

Il fera aussi découvrir de nouvelles oeuvres de trois compositrices canadiennes contemporaines : Vivian Fung, Zosha Di Castri et Alexina Louie.

Anniversaire nordique

La saison qui s'annonce célébrera logiquement les 150 ans du Canada - notamment à travers Visions boréales (en anglais : The Idea of North, en référence à l'émission radiophonique de Glenn Gould). Tout au long du mois d'octobre, ce festival déclinera une série de concerts - qu'ils soient symphoniques, dansés ou vocaux) et d'activités dédiés à la culture nordique. 

Visions boréales est pour le CNA l'occasion de s'associer avec la Finlande, qui célèbre quant à elle son centenaire. Leur collaboration permettra de faire rayonner tant son compositeur-phare, Sibelius (à qui l'OCNA consacrera plusieurs concerts, et dont la Première symphonie donnera le coup d'envoi du festival), que ses musiciens, chanteurs lyriques, chefs, compositeurs, danseurs (la Tero Saarinen Company) et artisans (le sextette a cappella Rajaton). L'orchestre ressuscitera par la bande une des figures mythologiques finlandaises : le héros chantant Lemminkäinen. 

Les femmes brilleront sur cette « nordicité musicale » : le récit de Lemminkäinen sera « raconté » par la soprano scandinave Anu Komsi, à travers quatre morceaux de Sibelius ; la pianiste ottavienne Angela Hewitt posera ses doigts sur le poème symphonique Les Océanides, lui aussi signé Sibelius ; Sarah MacDougall, chanteuse qui a quitté la Suède pour s'établir au Yukon, participera à ces Visions boréales (son concert s'inscrit dans le cadre de la série CNA Présente). Alexander Shelley se plongera lui aussi dans Sibelius, épaulé par John Storgårds au violon.

Ces festivités comprennent une toute nouvelle version pour orchestre du Quatuor à cordes de Glenn Gould. Elles se décomposent en cinq volets : musique, architecture, danse, vidéo et... gastronomie. On n'y manquera pas de célébrer les traditions de la Laponie, qui feront écho à la culture inuite, défendue par le duo Twin Flame. 

Héros, petits et grands

« La musique, c'est comme la peinture abstraite : en cherchant trop à analyser son imagerie, il y a toujours un risque de lui faire perdre de sa puissance évocative. Mais en même temps, j'adore travailler autour de thèmes, ça m'aide à aspirer le public à l'intérieur de ce "langage musical", qui peut être assez abstrait », expose Alexander Shelley. Cette année, c'est « la figure du héros et de l'héroïne » qui, en filigrane, embrasse l'étendue de sa programmation et lui sert de « fil conducteur ».

Dans cette perspective, l'OCNA s'attaquera cette saison aux poèmes musicaux Ein Heldenleben (Une Vie de Héros) de Richard Strauss et au Shéhérazade de Nikolaï Rimski-Korsakov, sans oublier l'épique Robin des bois de Korgold. « On abordera aussi des héros aux facettes plus humaines, avec la 9e symphonie de Beethoven et la Fanfare for the Common Man de [Aaron] Copland, où l'on se penche davantage sur les idéaux découlant de la France des Lumières : cette notion de fraternité (égalitaire et universelle portée par la 9e) et cette idée que c'est l'homme qui fait la grandeur intrinsèque de l'homme », expose le chef d'orchestre. 

Cette saison offre donc « un dialogue entre différentes façons de représenter le héros, en musique ». 

« Parfois, c'est très concret : dans Shéhérazade, par exemple, on entend littéralement les voix des personnages à travers les instruments, c'est presque un film venu du XVIIe siècle. Alors qu'avec Beethoven et Copland, on aborde l'héroïsme sous un angle philosophique. [...] On revient aux Lumières et aux idéaux révolutionnaires, selon lesquels l'action politique est en soi vertueuse. [...] Le simple fait de prendre la parole, de défendre ses opinions peut constituer, me semble-t-il, un acte courageux, héroïque. »

L'OCNA récidive avec ses séries pop (en explorant cette fois, le répertoire de Disney et quelques héros Broadwayiens) et ses séries jeunesse, tout en poursuivant les Concerts intimes donnés au Musée de beaux-arts du Canada et ceux du WolfGang, donnés au Mercury Lounge.




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