Marina Rosenfeld: le jeu de la liberté

La compositrice américaine Marina Rosenfeld réunit des musiciens... (Photo André Pichette, La Presse)

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La compositrice américaine Marina Rosenfeld réunit des musiciens de différents univers, provenant du jazz comme du rock, du classique et des orchestres militaires, pour jouer la pièce Free Exercise.

Photo André Pichette, La Presse

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Mario Cloutier

Une quarantaine de musiciens s'apprêtent à jouer la pièce Free Exercise de Marina Rosenfeld à la Biennale de Montréal. Un concert et un orchestre comme les autres? Pas vraiment, puisqu'il est composé à moitié de militaires, les Fusiliers Mont-Royal.

Le sourire timide de cette jeune femme frêle cache une compositrice d'expérience qui a écrit pour de grands et petits orchestres. 

Libre comme la musique, libre comme sa musique, elle a eu l'idée, pour interpréter sa pièce Free Exercise, de réunir des musiciens militaires, classiques, de rock et de jazz. Pourquoi? La réponse semble aller totalement de soi, selon elle.

«La plupart ont reçu la même formation, mais ils n'ont tout simplement pas abouti au même endroit. Ce sont tous d'excellents musiciens. Il y a beaucoup de références à la musique militaire dans ma composition.»

On ne sera donc ni en free jazz ni en improvisation libre lors de ce concert unique d'un peu plus d'une heure, présenté dans un manège militaire.

«C'est vraiment un exercice libre. Cela peut aussi signifier exercer un droit comme la liberté de parole. J'aime les jeux de mots: on peut aussi penser aux répétitions comme des exercices, aux exercices militaires, etc.»

«La chose la plus belle dans ce projet, c'est que des musiciens veuillent jouer ensemble cette composition.»

Voilà. Marina Rosenfeld aime provoquer des situations singulières et voir comment les gens, le public comme les musiciens d'ailleurs, vont réagir. 

«L'idée, c'est de voir comment le fait de présenter de la musique dans un site particulier affecte la musique, de même que les relations entre les musiciens. La musique émerge de ces relations spatiopersonnelles. C'est une chose merveilleuse d'avoir un si grand groupe dans un grand espace. L'acoustique est très intéressante. L'espace est fait pour amplifier et dramatiser la musique.»

La chose pourrait paraître ésotérique, mais, souligne l'Américaine, le but est de faire tout de même ce qu'on aime le plus quand on est musicien: jouer! 

«Même avec les musiciens qui proviennent des scènes rock, jazz ou de la musique improvisée, nous partageons tous un lien qui est le plaisir de jouer. Il y a aussi le plaisir de se perdre dans un tout et de se découvrir à nouveau comme musicien.»

Comme celui de se retrouver dans une biennale d'arts visuels. 

«Très souvent, mon travail le plus complexe a trouvé sa place dans un musée. Quand je pense à ce que je fais, je ne vois pas la musique comme une entité fermée, mais comme quelque chose qui peut personnifier toutes sortes de relations d'ouverture.»

Son orchestre fort singulier sera composé de percussions, de vents et de quelques éléments électroniques. Au service d'une partition qu'on jouera fort, voire très fort, souligne-t-elle. 

«Je suis très enthousiaste à l'idée de travailler ici avec des musiciens de grande qualité. En tant que personne de l'extérieur, chaque espace est étrange et intéressant pour moi. Ça ouvre les portes et les oreilles. Le public pourra entendre quelque chose qui sera une juxtaposition musicale insoupçonnée.»

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Free Exercise de Marina Rosenfeld, au manège de Cathcart (691, rue Cathcart), mercredi à 19 h.

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