Anderson & Roe: un duo pas comme les autres

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Caroline Rodgers

Collaboration spéciale

La Presse

Ils sont classiques avec un côté givré. Greg Anderson et Elizabeth Joy Roe forment l'un des duos de pianistes les plus électrisants de l'heure. Ils seront en récital au Festival Orford Musique le 19 août prochain, une première au Québec. Portraits de deux pianistes habités d'une vision moderne et d'une belle folie.

L'amitié

Greg Anderson et Elizabeth Joy Roe se sont rencontrés alors qu'ils étudiaient à la Juilliard School of Music, à New York. Ils ont commencé à jouer ensemble pour le plaisir. Si les deux pianistes ont aussi une carrière solo, le duo Anderson & Roe a tellement de succès qu'ils jouent ensemble la plupart du temps et sont pratiquement toujours en tournée.

«La première fois que nous avons donné un récital, c'était une expérience magique, dit Roe. Nous avons découvert que notre amitié nous procurait une complicité merveilleuse au piano et que tous les deux, nous avions le même but : faire de la musique classique une force pertinente et puissante dans le monde d'aujourd'hui. Cette amitié et cette mission partagée nous tiennent ensemble depuis 14 ans.»

Les transcriptions

Pour s'acquitter de sa mission, le duo n'hésite pas à sortir des sentiers battus. Son répertoire va de Bach à Michael Jackson en passant par Stravinski. Les deux musiciens écrivent eux-mêmes une foule de transcriptions d'oeuvres classiques et populaires pour les adapter au piano en duo, que ce soit pour quatre mains ou deux pianos.

«Nous avons commencé à faire nos arrangements et à composer des pièces basées sur des chansons populaires afin que nos concerts restent pertinents, frais et surprenants pour le public, car le répertoire de duo est plutôt limité, explique Anderson. C'est un répertoire un peu désuet, ou encore destiné aux débutants. Nous voulions de la musique appropriée aux grands concerts.»

«Nous discutons énormément des nouvelles pièces à intégrer à notre répertoire. Si nous créons un arrangement d'une chanson, il ne faut pas que ce soit une pâle copie de l'original. Ça doit être quelque chose de complètement nouveau et d'original qui pose un véritable défi artistique.»

C'est ainsi qu'ils ont créé leur propre version de chansons de Jacques Brel, Coldplay, Pharrell Williams ou Radiohead, qu'ils intègrent aux programmes de leurs concerts à côté de Bach, Brahms ou Mozart.

«Ce que nous faisons est innovateur, mais c'est aussi basé sur une tradition pour les pianistes compositeurs, dit Roe. Prenons Liszt, par exemple: il choisissait des airs de son époque et les réinventait dans son propre style. C'est ce que nous faisons, avec la culture d'aujourd'hui. Nous prenons la musique de notre temps et nous essayons de la montrer sous une nouvelle perspective dans le but d'apporter une expérience de musique classique avec des pièces que les gens connaissent et qu'ils aiment déjà.»

Greg Anderson et Elizabeth Joy Roe... (photo Lisa-Marie Mazzucco, fournie par les artistes) - image 2.0

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Greg Anderson et Elizabeth Joy Roe

photo Lisa-Marie Mazzucco, fournie par les artistes

Les vidéos

Aujourd'hui, l'image domine. Nos deux pianistes l'ont bien compris. La vidéo occupe donc une place importante dans leurs efforts de diffusion. Ils y ont même pris goût et produisent eux-mêmes, avec des moyens assez limités, des vidéos très audacieuses qui empruntent aux codes populaires: montage serré et dynamique, mises en scène théâtrales et décors inusités sont de mise.

«L'idée de faire des vidéos est venue parce que nous voulions montrer l'aspect visuel excitant de nos quatre mains qui voltigent sur le clavier en faisant des chorégraphies très complexes, dit Roe. Les autres genres musicaux ont des vidéos riches et élaborées. Nous avons pensé qu'on pourrait en faire autant avec le classique. Nous approchons chaque film avec l'idée de faire ressortir, visuellement, les qualités essentielles de la musique. Et comme nous faisons tout nous-mêmes, nous avons une grande liberté créative.»

«Nous filmons presque tout nous-mêmes, ajoute Anderson. L'un ou l'autre tient la caméra, ou nous utilisons un trépied. Par la suite, je passe un temps fou à réaliser le montage pour que le résultat soit à la hauteur de notre vision de départ. J'adore cette étape, car cela me permet d'approfondir chaque pièce.» 

«En décortiquant les détails d'une oeuvre pour le montage vidéo, j'assimile encore plus la musique et cela retentit, par la suite, sur ma façon de la jouer.»

Cette approche très moderne attire un nouveau public.

«C'est directement en accord avec la mission que nous nous sommes donnée comme musiciens, dit Anderson. Souvent, au cinéma, la musique est représentée comme quelque chose que l'on entend dans un ascenseur. Ces vidéos percutantes sont un moyen de changer cette perception et d'atteindre des gens qui ne seraient pas nécessairement venus au concert. Dans un environnement médiatique très distrayant où ils sont constamment bombardés, il faut prendre les moyens de capter leur attention en espérant qu'ils seront touchés et voudront aller à un concert.»

Leur concert à Orford Musique comprendra des oeuvres de Mozart, Rachmaninov, Piazzolla, Daft Punk, Radiohead et Ravel.

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Anderson & Roe, 19 août, 20 h, au festival Orford Musique.

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