Cameron Carpenter: le rebelle de l'orgue

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Caroline Rodgers

Collaboration spéciale

La Presse

Il se coiffe comme un punk. Porte des souliers à paillettes. Transporte son orgue dans un camion. Parle ouvertement de sa sexualité en entrevue. Dans le milieu conservateur de l'orgue, Cameron Carpenter est un ovni. Découvrez cinq facettes de l'organiste qui n'en fait qu'à sa tête.

RÉVOLUTION NUMÉRIQUE

Diplômé de la célèbre école Juilliard de New York, Cameron Carpenter joue le répertoire classique sur un instrument numérique qu'il a conçu et fait fabriquer aux États-Unis. Il le transporte par camion dans le cadre d'une tournée internationale qui s'arrête pour la première fois à Montréal cette semaine. Il refuse de jouer dans les églises et sur des orgues de concert comme celui de la Maison symphonique, qu'il a d'ailleurs qualifié en entrevue de « grotesque ». « J'ai une relation aussi intime avec mon instrument que celle d'un violoniste avec son violon. Pour moi, l'orgue numérique personnalisé est la seule façon d'être indépendant et maître de ma carrière. »

UN ATHÉE RADICAL

L'orgue est souvent associé aux rites chrétiens et aux églises. Pas pour Cameron Carpenter, pour qui cette vision est mensongère et relève de la paresse intellectuelle. « Je suis un libre penseur, un athée et je m'oppose à toute forme de religion, dit-il. L'orgue en tant qu'instrument chrétien est un mythe. Cela démontre une ignorance historique et ce n'est rien d'autre que de la propagande religieuse. Pour moi, les églises ne sont pas un endroit où l'on fait sérieusement de la musique. L'autre problème est que l'Église a longtemps utilisé l'orgue pour étaler sa richesse et son pouvoir aux yeux de tous en faisant installer des instruments très luxueux. »

Cameron Carpenter se décrit comme bisexuel et n'éprouve... (PHOTO FOURNIE PAR LE FESTIVAL DE MUSIQUE DE CHAMBRE) - image 2.0

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Cameron Carpenter se décrit comme bisexuel et n'éprouve aucune gêne à aborder le sujet.

PHOTO FOURNIE PAR LE FESTIVAL DE MUSIQUE DE CHAMBRE

BISEXUEL AFFIRMÉ

Rares sont les musiciens, surtout classiques, qui abordent leur orientation sexuelle dans les médias. Cameron Carpenter, lui, se décrit régulièrement en entrevue comme bisexuel et n'éprouve aucune gêne à aborder le sujet, et ce, même quand on ne lui pose pas la question ! Il se qualifie également de « sex-positive », une approche de la sexualité que l'on pourrait décrire comme connaissant peu de barrières, tant qu'il y a consentement.

SHOWMAN ICONOCLASTE

L'organiste est réputé pour ses prestations spectaculaires. « Pour moi, la musique classique est avant tout un divertissement, dit-il. C'est une idée controversée, surtout dans le monde de l'orgue. Ce que je veux, c'est partager ce qui est en moi qui ne peut être exprimé autrement que par la musique. Je ne crois pas à cette idée ridicule voulant qu'un musicien classique soit obligé d'interpréter le texte exactement comme le voulait le compositeur. C'est beaucoup plus intéressant de découvrir un artiste en direct. Je ne vois pas l'intérêt d'assister à une prestation si un effort sérieux n'est pas fait pour partager quelque chose d'unique et d'impossible à reproduire, qui ne peut pas non plus être transmis sur un enregistrement. C'est cela l'intérêt d'un concert. »

AU-DELÀ DU LOOK

Pantalons de cuir, vestons fleuris, jeans cloutés, camisoles et souliers à paillettes : Cameron Carpenter affectionne peut-être les vêtements qui ont du style, les griffes de designers et les coupes de cheveux extravagantes, mais il ne faut pas pour autant conclure qu'il s'agit d'un clown, loin de là. C'est un virtuose accompli dont les concerts lui ont valu d'excellentes critiques dans le New York Times et d'autres grands quotidiens du monde. Pour son concert à Montréal, il prévoit interpréter notamment des oeuvres de Bach, Tchaïkovski, Piazzolla et Louis Vierne ainsi que ses propres transcriptions de Wagner et quelques pièces plus populaires.

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Au Théâtre Maisonneuve le 29 mars, 20 h, dans le cadre du Festival de musique de chambre de Montréal

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