Jacques Lacombe, maître des couleurs

Jacques Lacombe retrouvait l'OSM mercredi, comme on retrouve un vieil ami. Des... (PHOTO BERNARD BRAULT, LA PRESSE)

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Caroline Rodgers

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La Presse

Jacques Lacombe retrouvait l'OSM mercredi, comme on retrouve un vieil ami. Des retrouvailles stimulantes, nourrissantes et riches en profondeur musicale grâce à un chef qui sait peindre la musique par petites touches sans jamais perdre de vue le tableau d'ensemble.

Comme plusieurs oeuvres faisant partie du répertoire de l'OSM depuis des décennies, la Symphonie fantastique de Berlioz est associée à Charles Dutoit dans le coeur de bien des mélomanes d'ici. C'est avec lui que l'orchestre a enregistré l'oeuvre en 1995. Il s'agit d'une superbe version, toute en grandes courbes fluides et élégantes, mais ce que nous avons entendu mercredi était très différent.

Jacques Lacombe dirige par coeur, on sent qu'il connaît l'oeuvre et il communique à merveille avec les musiciens, exploitant leur virtuosité pour composer un tableau riche d'une multitude de détails, d'idées et de nuances. C'est une véritable fresque sonore qui se crée devant l'auditeur et qui l'oblige à demeurer attentif. Des couleurs nouvelles apparaissent, comme dans la Scène au champ, qui transcende son côté pastoral en adoptant des teintes sombres.

On sait aussi que l'OSM a joué cette symphonie en tournée avec Nagano il y a deux ans, qu'elle a été travaillée à fond. Cela s'entend dans cette interprétation qui nous fait entrer dans la matière musicale en profondeur. On peut en dire autant du percutant et incisif Alborada del graciozo, de Ravel joué en début de concert.

Scott MacIsaac

En première partie, le jeune pianiste albertain Scott MacIsaac, 24 ans et lauréat du Concours OSM Manuvie 2015, interprétait le Concerto pour piano no 2 de Rachmaninov. Sa technique impeccable, son jeu très clair et articulé, sa belle amplitude sonore, sa musicalité naturelle et sa grande écoute de l'orchestre et du chef nous permettent déjà de dire qu'il a énormément de potentiel.

Son jeu trop sobre et poli manque toutefois de cette folie romantique que l'on aime retrouver chez Rachmaninov, mais le pianiste n'en est qu'au début de son chemin. S'il dépasse ce stade du «jeu impeccable», il pourra devenir un jour un interprète capable de nous transporter ailleurs.

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Reprise le 13 février, 20h et le 14 février, 14h30 avec le violoncelliste Gauthier Capuçon comme soliste invité.

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