Pavel-Haas: correct

Le Quatuor à cordes Pavel-Haas... (PHOTO MARCO BORGGREVE, TIRÉE DU SITE INTERNET DU QUATUOR À CORDE PAVEL-HAAS)

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Le Quatuor à cordes Pavel-Haas

PHOTO MARCO BORGGREVE, TIRÉE DU SITE INTERNET DU QUATUOR À CORDE PAVEL-HAAS

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Claude Gingras
La Presse

Précédé de quelques enregistrements réussis, le Quatuor à cordes Pavel-Haas, de la République tchèque, faisait ses débuts à Montréal dimanche, au LMMC. Le jeune ensemble ayant adopté le nom d'un compositeur de son pays mort à Auschwitz, il eût été intéressant, à l'occasion de cette première ici, d'entendre précisément l'un des quatuors du disparu. Les visiteurs ont plutôt choisi un autre Tchèque, plus connu celui-là: Bohuslav Martinu.

Des sept quatuors de Martinu, on entendit le troisième; ensuite, le premier des deux de Prokofiev. Le Martinu est peu joué. Si le Prokofiev l'est davantage, il ne fait pas vraiment partie du répertoire courant et n'y entrera sans doute jamais. Bref, voici deux oeuvres certes habilement conçues, avec toutes sortes d'effets instrumentaux dans le premier cas et de réels élans dans le second, mais deux oeuvres qui hélas! ne laissent aucune impression durable... quelque 80 ans plus tard.

Les musiciens tchèques y apportèrent la virtuosité collective d'une formation de premier plan et en tirèrent manifestement le maximum. L'auditeur restait sur son appétit pour une raison fort simple: la table avait peu à lui offrir. Signalons quand même, au niveau de la réalisation, les accords chaleureusement tenus dans l'Andante du Martinu et les interventions d'un grand violoncelle dans le Prokofiev.

Comme dans un concours, il fallait attendre une référence pour évaluer pleinement le nouveau groupe. Une référence comme Beethoven et le deuxième Quatuor de son opus 59, qui vint après l'entracte. Très en relief sous son abondante crinière blonde, et seule femme du groupe, madame le premier-violon n'a pas tout à fait l'étoffe requise. Elle ne joue pas précisément faux, mais elle ne joue pas toujours parfaitement juste non plus. Nuance. Et cette imperfection, si minime soit-elle, affecte trois des quatre mouvements du Beethoven. Déjà, un mauvais départ. Pour le reste: une lecture très correcte, comme il y en a tant d'autres, c'est-à-dire soignée, professionnelle et peu inspirée.

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QUATUOR À CORDES PAVEL-HAAS - Veronika Jaruskova et Marek Zwiebel (violons), Pavel Nikl (alto) et Peter Jarusek (violoncelle). Dimanche après-midi, Pollack Hall de l'Université McGill. Présentation: Ladies' Morning Musical Club.

Programme:

Quatuor no 3, H. 183 (1929) - Martinu

Quatuor no 1, en si mineur, op. 50 (1931) - Prokofiev

Quatuor no 8, en mi mineur, op. 59 no 2 (1806) - Beethoven

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