Simon Leclerc: l'art de marier pop et symphonique

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En signant un contrat de trois ans à titre de chef associé de la série des concerts OSM Pop, Simon Leclerc voulait pousser plus loin la démarche déjà entreprise de provoquer de véritables rencontres entre des artistes populaires et le grand orchestre. Ce qu'il entend faire cette semaine avec Kevin Parent et Jim Cuddy.

En signant un contrat de trois ans à titre de chef associé de la série des concerts OSM Pop, Simon Leclerc voulait pousser plus loin la démarche déjà entreprise de provoquer de véritables rencontres entre des artistes populaires et le grand orchestre. Ce qu'il entend faire la semaine prochaine avec Kevin Parent et Jim Cuddy.

Ces dernières années, Simon Leclerc a transformé la série OSM POP. Les artistes populaires qui se prêtent désormais à ce mariage symphonique n'y emmènent plus leur section rythmique et on n'y entend plus d'instruments électriques.

«Avec le peu de temps de répétition, on n'est pas en mesure de faire quelque chose qui soit intéressant, de qualité et stimulant pour moi, pour l'artiste, pour le public et pour les musiciens si on a une section rythmique toujours présente, explique le chef, compositeur et orchestrateur. Je suis très content d'avoir pratiquement imposé cette formule-là parce que ça donne des résultats tellement plus intéressants.»

À titre d'exemple, Leclerc cite un concert de Marie-Mai, dont il avait fait la connaissance quand elle était venue chanter avec Simple Plan à la Maison symphonique: «Je l'avais trouvée vraiment bonne et je me suis dit que pour le premier concert où on prendrait une artiste vraiment pop sans section rythmique, le meilleur choix serait Marie-Mai. Je ne me suis vraiment pas trompé. Elle a pris ça très au sérieux. Elle me disait: «Simon, je pratique cinq heures par jour...»»

Leclerc a fait un peu la même démarche avec Mika pour ses trois concerts dont on a applaudi l'audace, l'hiver dernier. Même s'il a une formation classique, l'artiste pop britannique a donné carte blanche au maestro montréalais.

«J'ai fait avec lui comme avec tous les autres: je lui ai envoyé des maquettes. Après quatre ou cinq courriels dans lesquels il me disait qu'il trouvait ça fantastique, il m'a écrit: «Je m'excuse de te dire juste de belles choses comme ça, mais je suis tellement content que tu aies reçu mon matériel de cette façon-là.»»

Lors de leur première rencontre à Milan, Mika avait avoué à Leclerc que c'était très exigeant pour lui de revisiter son répertoire avec le nouvel éclairage qu'allait lui donner le chef, tout en sachant qu'il allait se retrouver devant 85 musiciens qui allaient jouer son oeuvre réorchestrée. N'empêche, avant même ses trois concerts à la Maison symphonique, Mika a relancé Leclerc pour qu'il orchestre quatre chansons de son plus récent album, No Place in Heaven.

«On s'entend vraiment bien. D'ailleurs, Mika est convaincu que je suis libanais, même si je lui dis que je suis québécois de souche. Il me dit: «Tu dois avoir un arrière-grand-parent libanais...»»

Du Conservatoire à Céline Dion

Simon Leclerc a un parcours atypique pour un chef d'orchestre. Celui qui se décrit en bonne partie comme un autodidacte a été membre des Petits Chanteurs du Mont-Royal et a étudié au Conservatoire, mais il a également été choriste de Céline Dion au milieu des années 80.

«J'ai commencé à faire de la musique pop assez jeune, quand j'étais encore au Conservatoire, puis je suis devenu arrangeur pour des trucs en studio. Comme je m'intéressais à l'écriture, des artistes qui avaient besoin d'un quatuor à cordes ou d'une section de cuivres sur leur album m'appelaient. Puis je me suis mis à écrire des musiques de films.»

Pour lui, préparer un concert pop symphonique est un travail de longue haleine. En prévision des concerts avec Kevin Parent et Jim Cuddy mardi et mercredi prochains, il a écouté tous les disques des deux artistes, y compris les albums solos de Cuddy et ceux qu'il a enregistrés avec Blue Rodeo.

«Pendant un peu plus de deux mois, j'entre dans la tête de Kevin Parent, j'entre dans la tête de Jim Cuddy, j'écoute tout ce qu'ils ont fait et je décode à peu près tout ce qu'ils ont pu écrire pour être en mesure de le réinventer, explique Leclerc. C'est un peu comme si je me disais: «Si Kevin Parent avait les aptitudes pour écrire pour un orchestre symphonique, comment s'y prendrait-il? Il faut donc que j'en arrive à avoir leurs réflexes à eux, mais dans mon expertise à moi.»

Ces jours-ci, Leclerc travaille également au concert OSM Soul auquel vont participer Élizabeth Blouin-Brathwaite, Gardy Fury, Kim Richardson, Dorian Sherwood et Normand Brathwaite en novembre.

«C'est vraiment mon bébé, ce concept-là, dit le maestro. Ce qui m'intéresse, ce n'est pas de faire du R&B ou du gospel, mais plutôt d'entendre ces voix qui ont du soul dans un contexte symphonique. Oui, on va flirter avec le groove et avec le R&B, mais il va y avoir des trucs de la chanson française ou du répertoire rock.»

Le dernier concert de la saison, en mai prochain, promet d'être différent puisque Patrick Bruel débarquera à Montréal avec plusieurs chansons déjà orchestrées pour le concert qu'il a donné au Palais Garnier de Paris, en janvier dernier.

«Patrick est un artiste hyper intéressant et important, répond Leclerc. D'ailleurs, c'était mon idée de l'inviter parce que je trouvais ça le fun d'avoir quelqu'un qui soit à la fois un chanteur et un acteur. Mais je ne peux pas vraiment en parler en ce moment parce que j'ai la tête pleine de Kevin Parent et de Jim Cuddy.»

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À la Maison symphonique les 22 et 23 septembre, 20h.

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