Brentano: trop peu...

Le Quatuor à cordes Brentano... (PHOTO CHRISTIAN STEINER, FOURNIE PAR LE QUATUOR À CORDES BRENTANO)

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Le Quatuor à cordes Brentano

PHOTO CHRISTIAN STEINER, FOURNIE PAR LE QUATUOR À CORDES BRENTANO

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Claude Gingras
La Presse

Le Quatuor à cordes Brentano venait hier, des États-Unis, ouvrir la 124e saison du Ladies' Morning Musical Club, en remplacement d'un chanteur local précédemment annoncé. Formé en 1992 (soit exactement un siècle après la fondation du Club!), l'ensemble a joué ici une seule fois, en mars 2009, dans le cadre de l'intégrale des 68 Quatuors de Haydn montée à McGill.

Celui qui vous parle avait tout oublié de cette précédente visite et il oubliera tout autant celle de ce week-end. Certes, voici un quatuor techniquement de tout premier plan, dans ses composantes comme dans son tout, avec une coordination irréprochable, même dans les séquences à très grande vitesse, et une sonorité collective qui reste toujours belle. On soulignera aussi la prestation du premier-violon, dont le rôle est capital dans un quatuor, et les interventions bien en relief de l'alto.

Hélas! le Brentano s'arrête à ces qualités élémentaires. Il n'exprime à peu près rien; on pourrait même dire qu'il fait peu de musique. L'ennuyeux op. 12 de jeunesse de Mendelssohn reste ce qu'il est: bien écrit pour le jeu en équipe, vide pour celui qui l'écoute. Des notes, des notes, des notes, aucune idée originale, sauf, peut-être, l'amusante Canzonetta parfois jouée seule.

Britten livra son 3e Quatuor peu de temps avant sa mort. Entre les mains d'interprètes vraiment inspirés, ces cinq mouvements prémonitoires peuvent laisser une impression hallucinante. Rien de cela ici, sauf, au mouvement central, un peu de la couleur morbide, de circonstance, au suraigu du premier-violon. Pour le reste: de la lecture au premier degré.

Fin de concert avec Brahms. Comme chez Britten, un ultime quatuor, mais dans un genre plus léger. Et comme chez Mendelssohn, une musique plus stimulante à jouer en groupe qu'à écouter. C'est d'ailleurs l'impression que donne le Brentano dans le mouvement aux multiples variations répétées.

Mais tout cela est encore trop peu. Au tout dernier accord du Brahms, à 17 h 36 très exactement, la moitié de l'auditoire fuit vers les portes sans même applaudir. Les musiciens saluent et disparaissent, sans jouer une note de plus.

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QUATUOR À CORDES BRENTANO - Mark Steinberg et Serena Canin (violons), Misha Amory (alto) et Nina Lee (violoncelle). Dimanche après-midi, Pollack Hall de l'Université McGill. Présentation: Ladies' Morning Musical Club.

Programme:

Quatuor no 1, en mi bémol majeur, op.12 (1829) - Mendelssohn

Quatuor no 3, op. 94 (1975) - Britten

Quatuor no 3, en si bémol majeur, op. 67 (1875) - Brahms

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