Parker: ordinaire

Le Quatuor Parker, de Boston, en concert hier... (PHOTO MARIE-PIERRE TREMBLAY, FOURNIE PAR L'ACADÉMIE DE McGILL)

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Le Quatuor Parker, de Boston, en concert hier soir à McGill.

PHOTO MARIE-PIERRE TREMBLAY, FOURNIE PAR L'ACADÉMIE DE McGILL

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Claude Gingras
La Presse

Il ne faudrait pas qu'une mauvaise expérience entache une initiative aussi belle et aussi stimulante que l'Académie internationale de quatuor à cordes de McGill. Oublions donc le Quatuor Parker, l'illustre inconnu de Boston invité hier soir à donner le traditionnel concert de clôture.

Au départ, le jeune ensemble n'offrait pas un programme des plus passionnants. Les quatuors de Mendelssohn sont habilement conçus comme tels et intéressants à travailler en équipe. Intéressants, ils ne le sont pas nécessairement de ce côté-ci de la rampe. Surtout pas le 1er de l'opus 44. Que de notes là-dedans, que de verbiage, pour dire si peu! On nous a d'ailleurs imposé deux Mendelssohn cette année à l'Académie. C'est beaucoup trop.

Autre problème: le 3e et dernier Quatuor de Brahms. Les trois Quatuors avec piano et le Quintette avec piano sont des chefs-d'oeuvre qu'on ne se lasse jamais de réentendre. Hélas! on ne reconnaît plus le géant Brahms dans cet interminable opus 67 d'allure populaire et aux thèmes plutôt faibles, qu'on ne joue d'ailleurs jamais, et pour cause.

L'exécution des deux oeuvres fut d'ailleurs des plus ordinaires: agitée, oui, mais superficielle et sans souffle. Ce Parker n'a aucune personnalité, il ne se distingue en rien de douzaines d'autres quatuors, et il n'est même pas irréprochable car son premier-violon, tout virtuose qu'il soit, ne projette pas toujours un beau son, miaule à l'occasion et joue parfois presque faux.

S'il veut réussir dans un monde où fourmillent les très bons quatuors - ce dont l'Académie est précisément l'illustration -, le groupe de Boston devra se faire conseiller dans ses choix de programmes.

Ce qui nous amène aux Eight Colors for String Quartet du Chinois Tan Dun. Les visiteurs peuvent bien jouer cette chose si cela les amuse et amuse certains auditeurs: 17 minutes d'effets instrumentaux faciles et sans conséquence. Notre Molinari avait joué la chose en 2005: 17 minutes là aussi. Mais le Molinari avait fourni le titre de chacune des huit pièces. Nous les fournirons aux lecteurs qui en feront la demande.

Bref, un choix bien naïf, ce Tan Dun, tout comme le rappel, un tango (!), 4e pièce d'une série de cinq de Erwin Schulhoff. S'ajoutant aux deux oeuvres dites «majeures» du programme, ces piécettes insignifiantes risquent hélas! de donner la mesure de ce Quatuor Parker.

À l'entracte, le directeur André Roy a annoncé les dates de l'Académie de 2016 - du 14 au 26 août - et remercié la mécène Constance Pathy dont la générosité permet la tenue de cet événement offert gratuitement à tous.

_________________________________________

QUATUOR PARKER (États-Unis):

Quatuor no 3, en ré majeur, op. 44 no 1 (1838) - Mendelssohn

Eight Colors for String Quartet (1988) - Tan Dun

Quatuor no 3, en si bémol majeur, op. 67 (1875) - Brahms

Samedi soir, Pollack Hall de l'Université McGill, dans le cadre de la 6Académie internationale de quatuor à cordes de McGill.

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