Points perdus, points gagnés

Le Quatuor Omer, des États-Unis, en concert hier... (PHOTO MARIE-PIERRE TREMBLAY, FOURNIE PAR L'ACADÉMIE DE MCGILL)

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Le Quatuor Omer, des États-Unis, en concert hier soir à McGill.

PHOTO MARIE-PIERRE TREMBLAY, FOURNIE PAR L'ACADÉMIE DE MCGILL

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Claude Gingras
La Presse

Revenant à l'Académie de McGill une semaine exactement, jour pour jour, après s'y être produits une première fois, le Quatuor Van Kuijk, de France, a perdu quelques points et le Quatuor Omer, des États-Unis, en a gagné.

Sur le plan de la sonorité collective, il est clair que le groupe français surpasse, pour l'instant, son collègue américain. Il projette ce vrai son de quatuor, riche et pénétrant, où toutes les composantes se fondent tout en demeurant identifiables. Cet idéal du quatuor, le Van Kuijk l'a trouvé. Le Omer, pas encore.

Et pourtant, le concert qui les ramenait - en ordre inverse, suivant la tradition de l'Académie - nous a apporté quelques sujets de réflexion. Le Van Kuijk a ouvert la soirée avec le court Langsamer Satz de Webern, page de jeunesse encore tonale et n'ayant donc rien à voir avec ce que le disciple de Schoenberg allait produire plus tard. Ce Langsamer Satz correspond d'ailleurs à son titre: le mouvement lent d'un quatuor resté inachevé.

Malgré sa courte durée - 10 minutes sous les doigts du Van Kuijk, moins chez d'autres - , la pièce contient beaucoup d'indications, principalement de dynamique, qui, pour la plupart, furent respectées.

Plus substantiel, en longueur tout au moins, le Quatuor op. 41 no 1 de Schumann complétait la prestation des jeunes Français. On permettra au signataire de ces lignes de trouver plutôt ennuyeux les quatuors à cordes de Schumann. Dans le cas présent, nous avons quatre mouvements dont deux seulement offrent de l'intérêt: le Scherzo, aux staccatos secs et répétés, et l'Adagio, où chaque coéquipier a tour à tour la vedette. Mais les deux morceaux ne reçurent pas tout à fait le soin attendu : la coordination du Scherzo n'était pas parfaite et l'alto prenait une importance disproportionnée dans l'Adagio. Le Presto final fut mené avec la folle virtuosité qu'il requiert, mais le morceau n'a que cela à offrir: de la folle virtuosité.

Donc, légère déception avec le Van Kuijk. Par contre, surprise assez agréable avec le Omer. Après ses quelconques Haydn et Janacek de la semaine dernière, il y avait lieu d'appréhender son opus 132 de Beethoven. Sans crier au génie, on doit reconnaître que le Omer s'est très bien défendu. Du commencement à la fin de cette prestation de 43 minutes, on a senti chez lui le souci constant de bien faire. Il subsiste là un certain côté élève et l'ensemble du jeu manque encore de force. Donc, une chose à éliminer et une autre à acquérir.

Et pourtant, et comme un moment de miracle au milieu de ces 43 minutes, le Omer a atteint un étonnant niveau d'émotion au mouvement lent, ce très lent et très long mouvement dont Beethoven guéri d'un grave maladie avait fait un «chant de reconnaissance à la divinité».

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QUATUOR VAN KUIJK (France)

Langsamer Satz (1905) - Webern

Quatuor no 1, en la mineur, op. 41 no 1 (1842) - Schumann

QUATUOR OMER (États-Unis)

Quatuor no 15, en la mineur, op. 132 (1825) - Beethoven

Jeudi soir, Pollack Hall de l'Université McGill, dans le cadre de la 6e Académie internationale de quatuor à cordes de McGill.

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