Un quatuor sur deux

Le Quatuor Miró, des États-Unis, en concert hier... (PHOTO MARIE-PIERRE TREMBLAY, FOURNIE PAR L'ACADÉMIE DE MCGILL)

Agrandir

Le Quatuor Miró, des États-Unis, en concert hier soir à McGill.

PHOTO MARIE-PIERRE TREMBLAY, FOURNIE PAR L'ACADÉMIE DE MCGILL

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Sur le même thème

Claude Gingras
La Presse

Bien connu ici par quatre engagements passés au LMMC, le Quatuor Miró, des États-Unis, ouvrait hier la 6e Académie internationale de quatuor à cordes de McGill dans une salle Pollack remplie à sa capacité. Neuf ensembles, de niveaux variables (professionnels et débutants), participent au stage de cette année, qui est, comme toujours, de deux semaines. Ainsi, après avoir donné le concert inaugural, les membres du Miró deviennent, pendant deux jours (aujourd'hui et demain), les professeurs des jeunes quatuors invités.

Le programme juxtaposait deux oeuvres très longues et très denses dont une seule suffit habituellement comme pièce de résistance d'un concert. Le 15e et dernier Quatuor de Schubert et le 14e Quatuor de Beethoven datent tous deux de la même année, 1826, et correspondent donc à la fin de vie de chaque compositeur. Le Schubert éclate comme une confession troublée et troublante, alors que le Beethoven, en sept mouvements enchaînés et de durées très variables, semble annoncer la musique à venir.

Le Schubert valait à lui seul le concert entier. Malgré l'omission de la longue reprise au premier mouvement, l'interprétation extrêmement intense, à la sonorité pleine et comme venant d'une seule âme, nous tint en haleine sans répit, avec ces trémolos nerveux des quatre archets, ces appels déchirants du premier-violon, ces sourds apartés du violoncelle.

Après un tel sommet, le Beethoven parut davantage ordinaire. Les visiteurs avaient vu trop grand et ne pouvaient se mesurer avec le même bonheur aux deux chefs-d'oeuvre. Une certaine fatigue s'était installée au sein du groupe, lequel, au surplus, a connu deux changements au même pupitre de second-violon au cours des dernières années. On nota aussi quelques faiblesses d'intonation au premier-violon et même au violoncelle.

Bref, le Schubert suffisait amplement. On n'avait surtout pas besoin, après le Beethoven, d'un autre Schubert comme rappel, celui-là bien négligeable puisqu'il s'agit d'un de ces petits morceaux isolés identifiés par le simple titre de Quartettsatz, c'est-à-dire Pièce pour quatuor.

__________________________________________________________________________

QUATUOR À CORDES MIRÓ - Daniel Ching et William Fedkenheuer (violons), John Largess (alto) et Joshua Gindele (violoncelle). Hier soir, Pollack Hall de l'Université McGill. Dans le cadre de la 6e Académie internationale de quatuor à cordes de McGill.

Programme:

Quatuor no 15, en sol majeur, op. 161, D. 887 (1826) - Schubert

Quatuor no 14, en do dièse mineur, op. 131 (1826) - Beethoven

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires : Arts

Tous les plus populaires de la section Arts
sur Lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer