Orchestre Métropolitain: l'intense Villazón

Yannick Nézet-Séguin avait invité le soliste Rolando Villazón... (PHOTO FOURNIE PAR L'ORCHESTRE MÉTROPOLITAIN)

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Yannick Nézet-Séguin avait invité le soliste Rolando Villazón pour l'événement qui clôt la saison de la Maison symphonique.

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Claude Gingras

Curieux, quand même : l'événement qui clôt, à toutes fins utiles, la saison de la Maison symphonique ne fait pas partie du calendrier de l'OSM, le quasi-roi et maître des lieux, mais de celui, beaucoup plus humble, de l'autre occupant, l'Orchestre Métropolitain.

Et quel événement ! Pour couronner la saison de son OM, Yannick Nézet-Séguin avait invité comme soliste, et pour la première fois en cette ville, le très réputé ténor franco-mexicain Rolando Villazón, qui est aussi un ami.

Le nom de Rolando Villazón avait rempli la salle. Grand et mince comme un fil, cheveux noirs et tout de noir vêtu, tel quelque réincarnation de Paganini, l'invité fut accueilli par une ovation monstre avant même d'ouvrir la bouche.

Le programme était divisé en quatre blocs centrés sur autant de compositeurs : Mozart, Tchaïkovsky, Massenet et Verdi. Chacun était représenté par de l'orchestral et du vocal, dont au moins une rareté.

Le ténor de 43 ans nous arrivait précédé, sur internet et ailleurs, de quelques échos concernant de récents problèmes vocaux. Choisit-il son programme montréalais en en tenant compte ? Chose certaine, il se révéla en parfaite forme du commencement à la fin... ou presque.

Eh oui ! la voix « craqua » lamentablement sur les dernières mesures du dernier air au programme, extrait du rare Luisa Miller de Verdi. Dommage, car tout ce qui précédait avait été admirablement livré. Rolando Villazón chante avec une intensité dramatique et vocale continuelle et, en même temps, une constante attention aux nuances, produisant ainsi les demi-teintes les plus émouvantes. Partout, la voix reste belle et juste et le texte est phrasé avec art.

Les deux pages de Mozart découvrent chez le chanteur un vibrato nerveux mais intéressant. Du Onieguine de Tchaïkovsky, l'air de Lensky désespéré tire les larmes. La voix connaît un petit raté dans le récitatif du grand air du Cid de Massenet, mais l'air lui-même est projeté avec héroïsme jusqu'au sommet de la voix. De Verdi, enfin, le chanteur a choisi deux raretés, l'une déjà nommée, l'autre d'Oberto. Deux pages tragiques, auxquelles il apporte un aigu « verdien » très ouvert et le maximum de vérité.

En plus de suivre le chanteur avec une attention de chaque instant, Nézet-Séguin et l'OM ont complété le programme avec des interprétations de tout premier ordre de pages célèbres et d'autres moins familières comme les naïves Scènes napolitaines d'un Massenet qui sait quand même faire sonner un orchestre.

Le concert avait commencé par 15 minutes d'allocutions pour, entre autres choses, saluer les représentants du gouvernement mexicain (le chanteur est né à Mexico en 1972) et décerner à Nézet-Séguin le titre de compagnon de l'Ordre des arts et des lettres du Québec.

ORCHESTRE MÉTROPOLITAIN. Chef d'orchestre : Yannick Nézet-Séguin. Soliste : Rolando Villazón, ténor. Dimanche après-midi, Maison symphonique.

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