Chant: tranquille premier soir

Anaïs Constans, soprano (France), Vasil Garvanliev, baryton (Macédoine)... (PHOTO ANTOINE SAITO/CMIM)

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Anaïs Constans, soprano (France), Vasil Garvanliev, baryton (Macédoine) et Hyesang Park, soprano (Corée du Sud).

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Claude Gingras
La Presse

L'épreuve finale du Concours de chant, qui a débuté hier soir et se termine ce soir, réunit six concurrents (trois par séance) représentant cinq pays. Au départ, on comptait 23 concurrents et neuf pays.

Bien que l'ordre de passage soit établi par tirage au sort d'un numéro, cette première séance a donné lieu à une sorte de curieuse progression, depuis la première voix entendue jusqu'à la troisième et dernière.

On écoute d'abord Anaïs Constans, soprano qui, tout en venant de France, n'a rien programmé de français, plutôt de l'allemand et de l'italien. La concurrente se présente sobrement vêtue de noir et sans prétention, comme en accord avec ce qu'elle a à offrir. On s'étonne en effet qu'un sujet aussi ordinaire ait été retenu pour la finale. Les Haydn et Mozart sont d'une imperfection flagrante et le Verdi, connu à la grandeur de la salle puisqu'il est de Rigoletto, manque de justesse. La voix en soi n'est pas mauvaise: elle est tout simplement... et terriblement... monotone.

On passe à un cran supérieur avec Vasil Garvanliev, de Macédoine. Autorité dans Handel, sensibilité dans Tchaïkovsky, intériorité dans Mahler. Partout, un beau timbre, de la musicalité et de l'expression. Le Ravel est affecté de quelques petits problèmes de rythmique élémentaire que le chef invité n'a pas su camoufler. On peut aussi se demander quelle carrière peut envisager un baryton de 30 ans dont la voix connaît diverses limites à l'aigu et au grave.

On termine avec la Corée du Sud, seul pays ayant deux finalistes en lice. Le bruit court que Hyesang Park pourrait se placer très haut au palmarès, ce que confirme l'ovation qui l'accueille. On regrettait tout à l'heure de ne pas entendre chanter en français. Difficile de se consoler avec cette Juliette de Gounod répétant «Ju vu vivru dans ce rêvu» ou cette Chanson triste de Duparc défigurée par une orchestration de guimauve. Dans l'ensemble, la concurrente conduit avec aisance et virtuosité une voix qui reste petite, aiguë et parfois énervante.

Habilement, elle termine sa prestation avec la longue Scène de folie de Lucia di Lammermoor, interrompue au beau milieu par des applaudissements. Le caractère de la pauvre héroïne de Donizetti n'y est pas vraiment, mais la ligne vocale est maintenue et les vocalises, brillamment tournées.

Ici, mention spéciale au solo de flûte de Marie-Andrée Benny, premier-pupitre de l'Orchestre Métropolitain remplaçant le titulaire de l'OSM. Les vacances, sans doute, car on note l'absence de plusieurs autres musiciens de l'OSM.

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CONCOURS MUSICAL INTERNATIONAL DE MONTRÉAL. Discipline: chant. Épreuve finale, avec l'Orchestre Symphonique de Montréal. Dir.: Johannes Debus. Maison symphonique, Place des Arts.

Première séance hier soir: Anaïs Constans, 26 ans, soprano (France), Vasil Garvanliev, 30 ans, baryton (Macédoine), et Hyesang Park, 26 ans, soprano (Corée du Sud).

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