Die Walküre: plutôt bon, ce Wagner

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Heidi Melton (Sieglinde) et Torsten Kerl (Siegmund), protagonistes de Die Walküre dirigé par Kent Nagano (au centre).

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Claude Gingras
La Presse

Décidément, notre public est friand de Wagner. Seule la direction de l'Opéra de Montréal semble l'ignorer. C'était salle comble, hier soir, à la Maison symphonique, pour ce qui n'était pourtant qu'une version concert du seul premier acte de Die Walküre, soit 63 minutes, très exactement, de musique.

À 21 h 10, la foule debout commença à ovationner et rappeler les trois chanteurs solistes avec une telle insistance que, cinq minutes plus tard, Nagano et l'OSM répondirent aux acclamations par la fameuse Chevauchée du 3e acte de la même Walküre.

Lien intéressant, fin mai 2011, Nagano et l'OSM faisaient leurs adieux à la salle Wilfrid-Pelletier avec une version concert de Das Rheingold, premier volet de la monumentale Tétralogie. Quatre ans plus tard, presque jour pour jour, c'est le premier acte du deuxième volet. À quand la suite?...

Sur l'interprétation offerte par les trois chanteurs invités, disons que, dans l'état actuel de l'art vocal, principalement en ce qui concerne Wagner, le résultat fut plutôt bon. On entendit mieux, dans le passé, mais on entend pire, aujourd'hui.

Ce premier acte ne réunit que trois personnages. Siegmund et Sieglinde, qui s'aiment sans savoir qu'ils sont frère et soeur, jumeaux par surcroît, et le sombre Hunding, l'époux de Sieglinde.

Les conflits qui naissent de cette situation sont traduits avec force par les trois chanteurs, chez qui une réelle expérience scénique est évidente.

Les trois voix en présence sont imposantes, tout à fait dans le genre «poids lourd» requis par Wagner. Le plus remarquable des trois chanteurs est l'Allemand Torsten Kerl, véritable Heldentenor à l'aigu très puissant, et qui fait son entrée dans un grand manteau noir de voyageur, ce qu'est son personnage.

L'Américaine Heidi Melton, en Sieglinde accueillant l'inconnu, projette aussi une grande voix, affectée de légers mais fréquents problèmes de justesse.

Hunding, qui découvre sa femme et l'inconnu ensemble, arrive précisément de l'arrière, au milieu des cors. L'interprète, le Finlandais Petri Lindroos, fait entendre une grande basse très sonore. Comme acteur, il semble davantage destiné aux rôles de pères nobles.

Nagano encadre parfaitement les chanteurs et obtient de l'orchestre un commentaire toujours présent et souple.

Le concert est précédé, à 19 h, d'un récital de 30 minutes groupant des transcriptions pour orgue de pages de Wagner jouées par Jonathan Oldengarm. Plutôt quelconque, ce récital. Les arrangements du brave Edwin Lemare sont lourds et appartiennent à une autre époque. Ils furent d'ailleurs exécutés gauchement, tout comme celui de Liszt.

Concernant la reprise, on prendra bien note: c'est vendredi, dans la série «Grands Concerts du jeudi» (on a bien lu!), ainsi que samedi.

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ORCHESTRE SYMPHONIQUE DE MONTRÉAL. Chef d'orchestre: Kent Nagano. Solistes: Heidi Melton, soprano, Torsten Kerl, ténor, et Petri Lindroos, basse. Programme: 1er acte de Die Walküre, livret et musique de Richard Wagner (1870). Hier soir, Maison symphonique, Place des Arts; reprise demain et samedi, 20 h. Avec surtitres français et anglais.

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