Mahler-Mehta: rencontre au sommet

Zubin Mehta, ancien directeur musical de l'OSM, dirigeait... (Photo: André Pichette, La Presse)

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Zubin Mehta, ancien directeur musical de l'OSM, dirigeait hier la troisième Symphonie de Mahler à la Maison symphonique.

Photo: André Pichette, La Presse

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Claude Gingras
La Presse

Nous avions presque oublié que l'OSM possédait une telle infinité de couleurs, tour à tour mystérieuses, étranges ou lointaines. Nous avions presque oublié aussi que la musique peut tirer les larmes.

Ces deux expériences, nous les avons vécues hier soir avec Zubin Mehta et ce vaste «poème de la nature» qu'est la troisième Symphonie de Mahler. De retour devant cet orchestre qui accompagna ses débuts dans la carrière il y a plus de 50 ans, l'homme qui en a aujourd'hui 79 dirigeait un concert-bénéfice en souvenir de Pierre Béique, l'ancien grand patron de l'OSM qui le révéla au public d'ici.

Celui qui a valu cette salle comble à l'OSM s'est fait longtemps attendre, une fois annoncé au micro, mais on lui pardonnera, pour tout ce qu'il allait donner ensuite pendant une heure et 35 minutes.

Sans partition, bougeant très peu, Mehta se confond pour ainsi dire complètement avec cette musique tour à tour délirante et déchirante et en communique l'essentiel à chaque instant à l'orchestre très augmenté et aux premiers-pupitres sollicités à tour de rôle.

D'un simple geste ou d'un regard, Mehta va arracher aux entrailles de l'orchestre des sons de contrebasse qu'on n'avait jamais entendus. Ou bien, il pousse les bois et les violons au bout de leurs possibilités sonores et expressives. Et obtient des timbales les plus infimes nuances. Bref, sous sa baguette, on dirait que l'orchestre entier sonne comme jamais encore. Non seulement en couleur, mais aussi en puissance. Et la polyphonie reste toujours très claire, même dans les épisodes les plus chargés.

Un peu plus d'une heure après le début, la mezzo et le choeur se lèvent pour leurs brèves interventions. Michelle DeYoung chante avec émotion et les enfants, avec une étonnante justesse. À l'orchestre même, presque tous les solos sont parfaits. Le trombone, au premier mouvement, mérite la plus haute mention.

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ORCHESTRE SYMPHONIQUE DE MONTRÉAL, Michelle DeYoung, mezzo-soprano, Choeur de femmes de l'OSM, Choeur des enfants de Montréal et Chorale des jeunes de McGill. Chef invité: Zubin Mehta. Hier soir, Maison symphonique.

Programme: Symphonie no 3, en ré mineur, pour grand orchestre, solo de voix d'alto, choeur de femmes et choeur d'enfants (1895-1896) - Mahler

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