Vincent Boucher: solides débuts à l'Oratoire

Vincent Boucher à l'orgue de l'Oratoire, dont il... (Photo: Olivier Pontbriand, La Presse)

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Vincent Boucher à l'orgue de l'Oratoire, dont il est le nouveau titulaire.

Photo: Olivier Pontbriand, La Presse

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Claude Gingras
La Presse

L'intronisation de Vincent Boucher comme titulaire, à 38 ans, du plus important orgue de cette ville, le gigantesque Beckerath de l'Oratoire Saint-Joseph, avait attiré plus de 800 personnes hier après-midi au paradis du frère André.

Malgré un soleil presque d'été, 800 hommes, femmes et enfants sont montés là-haut pour l'événement. Ce qui n'empêchera pas certains demeurés de répéter que la musique classique n'intéresse personne...  surtout pas l'orgue!

Vincent Boucher prend ainsi la succession du légendaire premier titulaire de l'instrument, Raymond Daveluy, qui y présida pendant plus de 40 ans. Au micro, le recteur de l'Oratoire, le père Claude Grou, c.s.c., lui souhaita officiellement la bienvenue.

Ouvrant son programme avec les anciens, M. Boucher établit un intéressant lien entre trois maîtres: Bach, Nicolas de Grigny et Buxtehude. Bach, représenté par la Toccata, Adagio et Fugue, sommet et unique triptyque de son catalogue d'orgue, copia entièrement le Livre d'orgue de Grigny et, autre exploit, parcourut à pied une distance correspondant à celle de Montréal-Rimouski pour entendre jouer Buxtehude.

Premier entendu, le Dialogue sur les grands jeux, pièce finale de l'hymne Ave Maris Stella de Grigny, bénéficia d'une registration d'anches, comme le requiert cette musique, mais beaucoup plus fournie que ce qu'on y entend habituellement.

De Buxtehude, le célèbre Prélude en sol mineur, BuxWV 149, couronné par deux fugues à quatre voix, fut lu dans une registration plus traditionnelle. Là encore, souci d'exactitude musicologique chez l'interprète. Un choral sur Vater unser, du même compositeur, retint l'attention par un cantus firmus énoncé sur un cornet coloré de cinq jeux au positif.

Les trois volets contrastants du Bach offrent plus, cependant, que ce qu'on a entendu. Bien que technicien de premier ordre, M. Boucher n'a pas l'éblouissante virtuosité de son maître Pincemaille. Par ailleurs, dans l'Adagio central, il multiplia inutilement les changements de claviers. Étrangement, pour l'épilogue marqué «grave», il créa un mélange de jeux sombres absolument fascinant.

La pièce d'Éric Champagne commandée pour l'occasion laissa peu d'impression. Les notes correspondant au nom BACH disparaissent dans ce continuum statique de six minutes qu'émaillaient quelques éclatantes chamades.

Tournemire complétait le programme. Choix inévitable puisque Vincent Boucher a entrepris au disque l'intégrale de cette musique sévère à laquelle il s'identifie. Il y déploie cette fois une virtuosité sans problème et fait appel à l'orgue tout entier pour le tumultueux Choral-Improvisation sur Victimae paschali. Les Chantres Musiciens de Gilbert Patenaude ont chanté les pièces grégoriennes ayant inspiré deux des oeuvres.

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Dimanche après-midi, Oratoire Saint-Joseph. Orgue à traction mécanique Rudolf von Beckerath (1960); 78 jeux, cinq claviers manuels et pédale.

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