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Le pianiste russe Nikolaï Lugansky

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Claude Gingras
La Presse

Voici un concert sur lequel il n'y a pas grand-chose à dire.

Deux oeuvres seulement le composent: le premier Concerto pour piano de Chopin et la cinquième Symphonie de Tchaïkovsky. On les a entendues des douzaines de fois. Mais il serait faux de conclure qu'elles n'offrent plus de surprises. Toute musique, même reprise à satiété, peut sonner avec fraîcheur entre les mains d'interprètes exceptionnels. De tels exemples sont encore fréquents. Hélas! ce n'est pas ce que l'OSM propose cette semaine.

Le Concerto de Chopin: beaucoup, beaucoup de notes. La Symphonie de Tchaïkovsky: beaucoup, beaucoup de bruit. Ces quelques mots résument assez bien l'événement.

Le pianiste russe Nikolaï Lugansky possède une technique très sûre et un jeu très clair. Là-dessus, rien à redire. Dommage que son interprétation se limite à quelques éléments de rubato ici et là. Jamais il ne va au-delà des notes. Une fois passée la très longue introduction d'orchestre, le soliste s'engage dans un marathon presque ininterrompu de descentes et montées rapides, arpèges enchevêtrés et quoi encore. Un interprète de génie transcende ce remplissage. C'est loin d'être le cas ici. Souvent même, on se surprend à écouter surtout l'orchestre. Le chef invité parvient en effet à conférer à la mince orchestration de Chopin une réelle impression de densité. À noter, la plénitude des violons au mouvement lent.

Ce chef invité, l'Espagnol Juanjo Mena, dont ce sont les débuts à l'OSM, aborde le Tchaïkovsky après l'entracte. Le cor qui ouvre le mouvement lent est un peu faux, mais les cordes graves impressionnent. Au tour des bois, principalement le basson, de briller dans la Valse qui suit. Pour le reste, c'est-à-dire la majeure partie de ces 44 minutes: un chef déchaîné, qui saute sur le podium en commandant avec férocité un son d'orchestre tonitruant et dénué de toute expression. Ce n'est pas cela, Tchaïkovsky. Mais la foule crie à fendre l'air, comme si elle venait d'entendre une grande interprétation. Déprimant.

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ORCHESTRE SYMPHONIQUE DE MONTRÉAL. Chef invité: Juanjo Mena. Soliste: Nikolaï Lugansky, pianiste. Jeudi soir, Maison symphonique, Place des Arts; reprise samedi soir, 20 h.

Programme:

Concerto pour piano et orchestre no 1, en mineur, op. 11 (1830) - Chopin

Symphonie no 5, en mi mineur, op. 64 (1888) - Tchaïkovsky

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