OSM: et le gagnant est...

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Le chef d'orchestre de l'OSM Kent Nagano lors du programme L'Orient imaginaire. 

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Claude Gingras
La Presse

À propos du présent programme, l'OSM, en page 34 de sa brochure de saison, parle de «chants arabo-andalous, sépharades et persans» et votre chroniqueur, très peu versé dans la géographie et dans ce qu'on appelle «musiques du monde», a plus ou moins confondu tout cela. En conséquence, il déclare solennellement qu'il s'en tiendra, pour les paragraphes qui suivent, au titre que l'OSM a donné audit programme: L'Orient imaginaire.

Au risque de passer pour le dernier des béotiens, il ajoute que les meilleurs moments du concert nous viennent des compositeurs occidentaux qui, le temps d'une oeuvre, se sont inspirés de l'Orient.

En début et en fin de concert, Kent Nagano obtient de l'OSM deux exécutions absolument étourdissantes de, respectivement, la Bacchanale de Samson et Dalila et la Danse des sept voiles de Salomé. Dans le premier cas, on ne reconnaît tout simplement pas l'orchestre placé dans la fosse lors de la récente production de l'opéra de Saint-Saëns. Oublions d'étranges sons obstrués chez les bois au tout début. Tout ce qui suit se transforme bientôt en un véritable déluge de rythmes et de couleurs exotiques. On vivra la même totale effervescence deux heures plus tard avec la danse de la petite princesse Salomé.

Troisième grand moment du concert : du même Saint-Saëns, le 5e et dernier Concerto pour piano, l'Égyptien, tapageur et vulgaire, certes, mais comique et irrésistible. François-Frédéric Guy joue le jeu à fond. Appelé en hâte à remplacer son aîné Jean-Philippe Collard, il a la partition devant lui.

Déjà connu par le disque, le pianiste fait ainsi, à 46 ans, ses débuts au Québec, n'ayant joué précédemment qu'à Vancouver et qu'aux États-Unis. Il traverse son Saint-Saëns avec une réelle musicalité et, tout en contraste, martèle les doubles octaves à toute force et à toute vitesse, comme il se doit. Chef et orchestre l'encadrent bien.

Dutoit avait signé à l'OSM une séduisante réalisation de La Péri de Dukas en 1995. Cette fois, le résultat est plus ordinaire. Précédée de sa brève «fanfare» pour cuivres (omise dans la partition Durand), l'oeuvre fait 22 minutes mais semble durer une éternité.

Dans la pièce de 11 minutes que lui a commandée l'OSM, le Montréalais Kiya Tabassian célèbre ce qu'il appelle «la coexistence de diverses croyances». Sujet d'actualité s'il en est. La voix amplifiée de la Française Françoise Atlan et le grand orchestre y rivalisent de puissance. Dans le genre, c'est réussi. Mais les deux petites chansons perses, insipides et chantées comme telles, sont de trop.

ORCHESTRE SYMPHONIQUE DE MONTRÉAL. Chef d'orchestre : Kent Nagano. Solistes : François-Frédéric Guy, pianiste, Françoise Atlan et Monika Jalili, sopranos. Mercredi soir, Maison symphonique, Place des Arts. Reprise dimanche, 14 h 30.

Programme

- Bacchanale de l'opéra Samson et Dalila (1877) Saint-Saëns 

- Vers où l'oiseau migrera?, pour soprano et orchestre (2015) (création) - Tabassian

- Concerto pour piano et orchestre no 5, en fa majeur, op. 103 (Égyptien) (1895) - Saint-Saëns 

- La Péri, partition de ballet (1912) - Dukas

- Deux chansons populaires perses, arr. Jamshied Sharifi 

- Danse des sept voiles de l'opéra Salomé (1905) - Strauss

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