Jean Marchand, immense comédien

Boris Brott et l'Orchestre de chambre McGill. À... (PHOTO ANNETTE B. WOLOSHEN, ORCHESTRE DE CHAMBRE McGILL)

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Boris Brott et l'Orchestre de chambre McGill. À gauche: Jean Marchand devant son lutrin.

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Claude Gingras
La Presse

Boris Brott soulignait mardi soir le 100eanniversaire de la naissance de son père Alexander, décédé il y a 10 ans, par un concert de l'Orchestre de chambre McGill où les effectifs de celui-ci étaient singulièrement modifiés.

De la quinzaine de cordistes qu'on retrouve habituellement, il ne restait que quatre musiciens, dont un seul violoniste, Olivier Thouin, qui est aussi premier-pupitre à l'OSM. Au total, on comptait là 11 participants, dont cinq vents, une percussion et un piano.

Pour des raisons inconnues (peut-être de budget), Boris Brott avait choisi deux pièces de son père, ainsi que la célèbre Histoire du soldat de Stravinsky, soit autant d'oeuvres dont chacune se ramène plus ou moins à un septuor, certains musiciens jouant dans toutes, d'autres pas.

La première moitié du programme est donc consacrée à papa Brott.Influencé par Stravinsky, qui viendra en fin de soirée, Mini-Minus tire des couleurs inhabituelles et même comiques du basson, de la contrebasse et des petites percussions. Sept for Seven fait appel à un récitant lisant des textes anglais. Si la réverbération empêche parfois de tout comprendre, partout ailleurs la clarté de l'articulation de Jean Marchand ne fait que souligner l'hermétisme de ces écrits.

Marchand revient après l'entracte pour une Histoire du soldat adaptée où, sur un texte de Ramuz légèrement modifié, il incarne non seulement le soldat mais aussi le diable, avec lequel notre héros fait quelques échanges douteux. Il emprunte même une troisième voix puisqu'il est le narrateur de l'histoire.

Jean Marchand confirme là encore une fois son immense talent scénique. Principalement en soldat et en diable, il crée la parfaite illusion de deux voix très distinctes et les assortit visuellement des attitudes appropriées. Boris Brott dirige le petit ensemble instrumental avec esprit, avec tendresse aussi. Mention toute spéciale aux longues et vigoureuses interventions d'Olivier Thouin.

On ne comptait que quelques douzaines de personnes dans cette salle Bourgie qui peut en recevoir 444. Le froid, sans doute. Avant le concert, le directeur général de l'orchestre a fait savoir que la vente avait pourtant été de 70 pour cent.

ORCHESTRE DE CHAMBRE McGILL. Chef d'orchestre : Boris Brott. Avec le concours de Jean Marchand, comédien. Mardi soir, salle Bourgie du Musée des beaux-arts.

Programme :  Mini-Minus (1968); Sept for Seven, avec narrateur (1954) - Brott L'Histoire du soldat, mimodrame (1917) - Stravinsky (adaptation anonyme)

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