Dave St-Pierre et l'Ensemble Caprice: le choc des esthétiques

Le chef de l'Ensemble Caprice, Matthias Maute, et... (PHOTO BERNARD BRAULT, LA PRESSE)

Agrandir

Le chef de l'Ensemble Caprice, Matthias Maute, et le chorégraphe Dave St-Pierre estiment que la musique de Beethoven et la danse moderne constituent un heureux mariage.

PHOTO BERNARD BRAULT, LA PRESSE

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

On pourrait penser que les chorégraphies de Dave St-Pierre et la musique de Beethoven n'ont absolument rien en commun. Ce n'est pas l'avis du chorégraphe ni celui du chef Matthias Maute, qui s'apprêtent à marier des extraits de Foudres, chorégraphie de St-Pierre, à la Symphonie n2 de Beethoven pour fêter les 25 ans de l'Ensemble Caprice. Pour l'occasion, 11 danseurs et 36 musiciens seront sur scène à la salle Pierre-Mercure.

Matthias Maute est un chef qui n'a pas froid aux yeux. Il ne craint pas d'expérimenter ni de mettre sur pied des projets audacieux, au risque de s'attirer les foudres de la critique. Des caractéristiques qu'il partage certainement avec Dave St-Pierre, souvent qualifié d'enfant terrible de la danse.

«Je l'admire, dit Matthias Maute en parlant du chorégraphe. C'est quelqu'un de très authentique et de franc, autant comme personne que dans ses propos artistiques. On a en commun d'essayer de voir la beauté à des endroits qui ne sont pas évidents à première vue.»

Pour le chef fondateur de l'Ensemble Caprice, le lien entre ces deux univers artistiques est plus logique qu'on pourrait le croire.

«Pour moi, la musique a toujours un aspect corporel évident. Le rythme de la musique agit directement sur le système nerveux. C'est donc naturel de bouger avec la musique, et ce concert est un prolongement normal de cette idée.»

L'oeuvre de Beethoven lui apparaissait toute désignée pour ce projet.

«La Symphonie no 2 est théâtrale. Beethoven voulait casser les attentes de son auditoire de l'époque, et il met beaucoup d'accents inattendus et de contrastes rythmiques dans son dernier mouvement. C'est là que sa modernité saute aux yeux. La danse contemporaine, qui est plus irrégulière que le ballet, fonctionne très bien dans ce contexte.»

Adapter Foudres

Foudres, troisième volet de la trilogie de Dave St-Pierre (les deux premiers volets s'intitulaient La pornographie des âmes et Un peu de tendresse, bordel de merde!) n'a jamais été présenté à Montréal dans sa version originale, qui comprend une trentaine de danseurs.

On se souviendra que, en février 2014, l'artiste avait défrayé la chronique en déclarant que sa compagnie ne présenterait plus de spectacles d'envergure à Montréal, faute de financement adéquat. «Pas d'argent, pas de show», avait-il écrit sur sa page Facebook. Les chorégraphies du spectacle de ce soir sont des extraits de Foudres, retravaillés et adaptés, avec «seulement» 11 danseurs.

Dave St-Pierre ne se considère pas comme un grand amateur de musique classique. Il écoute de tout, mais Beethoven l'a inspiré.

«Cette symphonie est très verbeuse et très impétueuse, dit-il. Il se passe toujours quelque chose et il y a peu de moments calmes. Mes spectacles sont aussi considérés dans ces termes, alors l'amalgame des deux se fait bien. 

«Je n'ai jamais eu l'impression que je faisais de la danse moderne. Mes chorégraphies sont un mélange de plusieurs choses; elles sont très physiques et il y a dans ce que je fais quelque chose de sauvage bien que poétique qui se prête bien à cette musique.»

Le chorégraphe n'a jamais eu l'occasion de travailler avec un ensemble classique. «C'est un rêve, mais personne en danse n'a les moyens de se payer ça», dit-il. Pour arrimer ses chorégraphies à la symphonie, il a longuement écouté l'oeuvre de Beethoven afin de choisir des extraits de Foudres qui lui collaient bien.

«Il y aura aussi des extraits d'Un peu de tendresse, bordel de merde! sur une oeuvre de Mozart», précise-t-il.

25 ans

Allemand d'origine, Matthias Maute a fondé Caprice à son arrivée au Québec, en 1989. L'ensemble - à géométrie variable, en fonction des projets - compte quatre autres membres principaux: Susie Napper (viole de gambe), Sophie Larivière (flûte à bec), David Jacques (guitare) et Ziya Tabassian (percussions).

Depuis sa fondation, l'ensemble a enregistré 17 disques et s'est retrouvé plusieurs fois en nomination aux prix Opus et à l'ADISQ. En 2009, son album Gloria! Vivaldi et ses anges a remporté un prix Juno. L'ensemble est de nouveau en nomination aux prix Opus cette année, cette fois dans la catégorie Concert de l'année.

«On fête nos 25 ans avec une production qui nous ouvre de nouvelles portes, dit Matthias Maute. C'est ce qui fait la beauté du projet et c'est un bon résumé de ces 25 ans.»

À la salle Pierre-Mercure, samedi soir, 20h.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires : Arts

Tous les plus populaires de la section Arts
sur Lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer