Dvorak chez les Chinois

Basé à Pékin et groupant 90 musiciens (dont 87 Chinois et Chinoises),... (Photo: Xiao Yi, fournie par l'Orchestre du Centre national des arts de la scène, de Chine)

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Photo: Xiao Yi, fournie par l'Orchestre du Centre national des arts de la scène, de Chine

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Claude Gingras

Basé à Pékin et groupant 90 musiciens (dont 87 Chinois et Chinoises), l'Orchestre du Centre national des arts de la scène, de Chine, terminait à Montréal jeudi soir une tournée nord-américaine de 12 jours qui avait débuté le 2 novembre à Chicago et s'était poursuivie à Washington, New York, Philadelphie, Ottawa et Toronto.

Au programme de la tournée figurait partout une même oeuvre, en début de concert: Wu Xing, ou Les cinq éléments, suite de cinq courtes pièces signée Chen Qigang.

Un concerto suivait. Deux villes entendaient le Sol majeur pour piano de Ravel avec la Chinoise Yuja Wang. Ailleurs, on offrait une sorte de concerto pour violon chinois intitulé Les Amants papillons. Étant donné que Yuja Wang joue ici même ce samedi avec le violoniste Leonidas Kavakos, c'est le «concerto pour violon» qui fut inscrit au programme montréalais.

En complément, l'orchestre alternait entre la 5e Symphonie de Tchaïkovsky et la 8e de Dvorak. Pour Montréal, on choisit le Dvorak.

Les noms du chef et du soliste ayant été orthographiés de diverses façons dans la publicité précédant le concert (mélange de minuscules et de majuscules, ordre inverse, etc.), nous nous en tiendrons à la graphie utilisée dans le programme officiel: LÜ Jia pour le chef, Siqing LU pour le violoniste.

L'orchestre chinois avait attiré un auditoire substantiel - en bonne partie chinois, comme on pense bien -, mais non une salle comble, loin de là.

La pièce d'entrée, Wu Xing, qui fait 11 minutes, est d'un compositeur que l'on connaît déjà: l'OSM avait joué de sa musique en février dernier et le NEM, dès 2001. Chen Qigang (ou Qigang Chen, tout dépend des sources) étudia avec Messiaen et en a manifestement appris les recettes d'une écriture tout en raffinement, avec de petites percussions qui font glou-glou, mais capable aussi de grands éclats.

Le «concerto pour violon» s'étend sur sept mouvements et totalise 27 minutes. Il a fallu deux compositeurs pour produire cette doucereuse musique de film inspirée d'une vieille histoire d'amour qui fait sourire aujourd'hui. Un seul aurait pu résumer la chose en 15 minutes. Si cette musique passe quand même la rampe, c'est grâce à l'extraordinaire et totale virtuosité du soliste, à son expression et à son imagination, grâce aussi au chef, qui amène l'orchestre à épouser les moindres inflexions du violon.

Acclamé par la salle, le soliste ajoute un Paganini pour violon seul: une sonate à variations, en fa majeur.

La huitième Symphonie de Dvorak suit l'entracte. L'orchestre en visite a soigneusement évité un sommet du répertoire occidental - on pense à Beethoven, Brahms, Bruckner ou Chostakovitch - pour s'en tenir à une oeuvre aimable et facile à rendre. Le chef y met tout son coeur mais, trop souvent, les musiciens répondent prudemment, gauchement même, un peu comme dans un orchestre d'étudiants. Il est clair que ce répertoire leur est étranger. Aux violons incisifs et aux violoncelles nourris s'opposent en effet des bois corrects mais mal harmonisés et, surtout, des cuivres beaucoup trop forts et carrément assourdissants, comme soucieux de prouver quelque chose à tout prix.

La salle trépigne néanmoins et, dans la tradition des orchestres en tournée, un rappel couronne la soirée: de Dvorak encore, l'une des nombreuses Danses slaves.

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ORCHESTRE DU CENTRE NATIONAL DES ARTS DE LA SCÈNE, DE CHINE. Chef d'orchestre: LÜ Jia. Soliste: Siqing LU, violoniste. Jeudi soir, Maison symphonique, Place des Arts. Dans le cadre de la saison de l'OSM.

Programme:

Wu Xing (1999) - Chen Qigang

Les Amants papillons, pour violon et orchestre (1959) - Chen Gang et He Zhanhao

Symphonie no 8, en sol majeur, op. 88, B. 163 (1890) - Dvorak

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