Atma Classique: vingt ans de disques

La présidente d'Atma Classique, Johanne Goyette, était réalisatrice... (Photo: Olivier Pontbriand, La Presse)

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La présidente d'Atma Classique, Johanne Goyette, était réalisatrice d'émissions musicales à Radio-Canada avant de fonder la maison de disques.

Photo: Olivier Pontbriand, La Presse

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Ce soir, à l'Autre Gala de l'ADISQ, Johanne Goyette, rare femme à la tête d'une maison de disques, aura de quoi être fière. Cinq des disques produits cette année par la maison qu'elle a fondée il y a 20 ans, Atma Classique, sont en nomination pour un Félix. Atma est également en nomination en tant que producteur de disques de l'année.

«Atma est arrivée tard dans ma vie, raconte Johanne Goyette. J'étais dans la quarantaine et je travaillais à Radio-Canada comme réalisatrice d'émissions musicales. En faisant des enregistrements de concerts, j'ai eu la piqûre. Je me suis passionnée pour le son et j'ai fait un cours à McGill, en enregistrement. Quand on a coupé mon poste, j'avais déjà une solution en tête: lancer une étiquette de disques.»

Ses 14 années d'expérience à la radio lui avaient donné les outils qu'il fallait.

«Pendant toutes ces années, j'ai vu passer des milliers de disques. J'ai travaillé un peu pour quelques étiquettes, comme Harmonia Mundi et Analekta, mais j'avais envie de contrôler toutes les étapes de la production, du contrat d'embauche des musiciens au choix de la salle en passant par le répertoire.»

Les premiers disques à naître furent ceux du duo de violes de gambe Les Voix Humaines et de l'ensemble Les Boréades. Mais le premier grand coup de Johanne Goyette fut d'aller chercher un jeune chef d'orchestre encore inconnu à l'époque: un dénommé Yannick Nézet-Séguin. Il dirigeait alors son premier ensemble, la Chapelle de Montréal.

Vingt ans plus tard, le catalogue d'Atma compte plus de 450 titres. Et Yannick Nézet-Séguin est resté fidèle à la maison de disques québécoise pour ses enregistrements avec l'Orchestre Métropolitain.

«Au début, il y avait beaucoup de musique baroque. Puis notre catalogue s'est élargi avec quelques pianistes, des chanteurs et d'autres instrumentistes. On fait attention pour ne pas qu'ils se concurrencent trop entre eux. C'est l'offre musicale qui nous guide dans nos choix. Nous recevons trois ou quatre offres par semaine de musiciens, et là-dessus, il y a une bonne proportion d'Européens. Mais le marché québécois préfère les artistes québécois.»

Prochainement, parmi les nouveaux noms à s'inscrire au catalogue Atma, on comptera deux belles recrues: le baryton Étienne Dupuis et la nouvelle soprano montante originaire du Saguenay Marie-Ève Munger. Parmi les stars lyriques d'Atma, on retrouve déjà Marc Hervieux, Marie-Josée Lord et Karina Gauvin.

«Au Québec, on est chanceux d'avoir encore un marché local fort pour le disque comparativement à plusieurs pays d'Europe et au reste du Canada. On a des chaînes de magasins solides qui participent à ce succès, et les Québécois achètent encore des disques.»

Johanne Goyette
présidente d'Atma Classique
Scènes d'enfants, de Daniel Clarke Bouchard.... (Photo: fournie par Atma Classique) - image 3.0

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Scènes d'enfants, de Daniel Clarke Bouchard.

Photo: fournie par Atma Classique

Les disques d'Atma sont distribués dans 25 pays, mais les ventes du marché en ligne en atteignent au moins une soixantaine.

«La direction que le marché prend est une situation rêvée pour des petites étiquettes comme la nôtre, parce que la distribution en ligne permet une diffusion que l'on n'aurait pas les moyens d'avoir. Grâce à des outils puissants comme la Naxos Music Library, qui distribue une foule d'étiquettes, chacun de nos disques est cliqué de 20 000 à 800 000 fois. Ça donne un rayonnement à ce qu'on fait. Est-ce que ce modèle permettra à tous ceux qui produisent d'avoir une juste redistribution? C'est une tout autre question, et on verra où tout cela va nous mener.»

Malgré la dégringolade des ventes de CD des dernières décennies, Johanne Goyette est optimiste.

«C'est sûr que les ventes de disques ont baissé depuis 15 ans, mais les musiciens ont encore besoin de CD comme carte de visite. Même si chaque artiste vend moins, avec 450 titres, on en a encore 300 qui vendent chaque mois de façon significative, et je réimprime des disques publiés il y a 20 ans. Je ne parierais pas pour 10 ans encore sur la survie du disque physique, mais le modèle de mise en marché est encore très lié à l'existence d'un album. On a encore de beaux projets pour les prochaines années.»

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