L'enlèvement au sérail ne tient pas ses promesses

L'Américaine Erin Morley (à gauche) est une Konstanze... (Photo: AFP)

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L'Américaine Erin Morley (à gauche) est une Konstanze fort gracieuse et musicale tandis que la jeune soprano autrichienne Anna Prohaska (à droite) déçoit dans le rôle de Blonde.

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Agence France-Presse
Paris

L'enlèvement au sérail, mis en scène par l'actrice et réalisatrice Zabou Breitman, donné jeudi soir à l'Opéra de Paris s'ouvre sur les images naïves d'un film muet, avec caravane de chameaux et jeune premier à casque colonial, mais loin de tenir ses promesses, s'enlise dans un orientalisme convenu.

Zabou Breitman, qui faisait ses premiers pas à l'opéra, avait pourtant tenté de «décaler» le regard du spectateur d'aujourd'hui en transposant la «turquerie» orientalisante de Mozart dans les années 1920, «l'époque du cinéma muet, des films de Chaplin, où l'on rit et l'on pleure à la fois».

Passées les premières images, le décor «carton pâte» imprime sa marque, et les allusions au cinéma muet - une scène d'échelle digne d'un Laurel et Hardy, une grande bagarre générale - ne suffisent pas pour instaurer le climat de fantaisie légère du début.

L'action de ce Singspiel alternant passages chantés et parlés se passe en Turquie vers 1700. Le Pacha Selim a acheté trois Européens capturés par des pirates: Konstanze, une jeune dame espagnole dont il cherche à obtenir les grâces, Blonde, sa soubrette anglaise, et Pedrillo, le valet du fiancé de Konstanze, Belmonte. Ce dernier tente de déjouer la vigilance du gardien du sérail, Osmin, pour rejoindre sa belle...

Zabou Breitman, inspirée d'un délectable Système Ribadier à la Comédie Française, dirige ses chanteurs dans la veine comique, mais ils se révèlent souvent meilleurs acteurs que chanteurs.

Si Osmin (Lars Woldt) incarne parfaitement le gardien aussi cruel que ridicule du Pacha, Pedrillo (Paul Schweinester) a une voix bien ténue, tandis que son maître Belmonte (Bernard Richter) pêche en sens inverse.

La jeune soprano autrichienne Anna Prohaska déçoit dans le rôle de Blonde, mais l'Américaine Erin Morley est une Konstanze fort gracieuse et musicale.

La nouvelle production donnée jeudi, la première de L'enlèvement au sérail depuis 30 ans à l'Opéra de Paris, avec son harem et ses danseuses du ventre, ne renouvelle finalement guère le genre, au risque de paraître déjà datée.

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