Le Takács un mauvais jour

Le Quatuor Takács... (Photo: fournie par le Quatuor Takács)

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Le Quatuor Takács

Photo: fournie par le Quatuor Takács

Claude Gingras
La Presse

Le Quatuor Takács, invité pour la neuvième fois au LMMC hier après-midi, a joué d'une façon tellement routinière, machinale et peu inspirée, par moments même médiocre sur le plan strictement technique, qu'on souhaiterait voir le Club lui donner congé pour un certain temps et placer ses invitations ailleurs.

Le traditionnel Haydn d'entrée, l'op. 64 no 3 (qui date de 1790 et non de 1720), n' occupe pas le sommet du répertoire. Quand même, une lecture exceptionnelle peut lui donner une certaine dimension. Ce n'est pas le cas. Les musiciens le traversent correctement, sans plus. Même pas: le premier-violon prend le finale beaucoup trop vite et son articulation en souffre.

Le titre Lettres intimes que Janacek donna à son deuxième Quatuor se réfère à la correspondance qu'il échangea en secret avec une femme beaucoup plus jeune que lui. Cette musique est tourmentée, naïve, pathétique aussi, comme nous l'a appris un vieil enregistrement d'un quatuor tchèque qui s'appelait justement Janacek. Le Takács n'en tire rien d'autre qu'une plate réalisation des effets sonores indiqués, «sul ponticello» et autres.

On gardait encore espoir avec l'op. 130 de Beethoven. Autre déception. Les musiciens ne semblent prendre aucun plaisir au jeu collectif et au riche contrepoint qui se déroule sous leurs yeux. Pire: les sonorités ne sont même pas belles. D'accord, l'op. 130 a été handicapé lorsque le compositeur en a retranché la Grande Fugue pour faire de celle-ci un quatuor isolé. Mais il y a là la fameuse Cavatine qui, parfois jouée en rappel, peut transfigurer un concert jusque-là ordinaire.

Ordinaire, celui-ci le fut de bout en bout. À tous les niveaux, on entend mieux, infiniment mieux, à cette Académie estivale de McGill constituée de jeunes qui se nourrissent de musique de chambre et nous communiquent leur étonnante passion.

Le Takács a quand même eu deux brillantes idées: il nous a épargné la longue reprise au premier mouvement du Beethoven et il a quitté les lieux sans donner de rappel.

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QUATUOR À CORDES TAKÁCS. Edward Dusinberre et Karoly Schranz (violons), Geraldine Walther (alto) et Andras Fejer (violoncelle). Dimanche après-midi, Pollack Hall de l'Université McGill. Présentation: Ladies' Morning Musical Club.

Programme:

Quatuor no 65, en si bémol majeur, op. 64 no 3 (Hob. III: 67) (1790) - Haydn

Quatuor no 2 (Listy duverne) (1928) - Janacek

Quatuor no 13, en si bémol majeur, op. 130 (1825) - Beethoven




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